LA MON­TAGNE TYP­IQUE QUI M’A VRAI­MENT INSPIRÉ, C’EST L’OBER­GA­BEL­HORN, UN 4000 AU FOND DU VAL D’ANNIVIERS

Ski Magazine - - Actus -

ans, j’ai été skier là-bas pour la pre­mière fois avec Sam [An­thamat­ten], et on a com­pris que ce n’était pas pour rien qu’on se fai­sait bot­ter le cul par Loïc Col­lomb Pat­ton et Can­dide Thovex. Ça a beau­coup à voir avec la to­pogra­phie de l’en­droit où on s’en­traine et/ou on a skié toute notre je­unesse. Pour moi c’est ça, et d’avoir skié avec tous ces co­pains. C’était chaque jour la même chose, on fai­sait la course jusqu’en bas au vil­lage, chaque fois. En­suite, quand je parle de ski mod­erne, c’est d’aller sur ces it­inéraires que Syl­vain Sau­dan ou Dédé Anze­vui ont faits, tous ces précurseurs, en skiant dif­férem­ment, en skiant plus vite, en pas­sant moins de temps sur la mon­tagne. J’ai vu Syl­vain il y a deux jours, on dis­cu­tait de ça, et il me di­s­ait que c’était « le siè­cle de la vitesse », chaque sport va dans le sens de la vitesse, et je trouve qu’il a plutôt rai­son. SM : Pour­tant c’est sympa aussi de prof­iter de la pente sans skier à fond ? J. H. : C’est vrai, mais c’est quelque chose qui m’est venu na­turelle­ment. Ce qui m’a vrai­ment poussé, c’est de me con­fron­ter au FWT, en restant dans mon style de ski, c’est comme ça que j’aime skier. SM : Tu es un com­péti­teur, tu aimes te con­fron­ter à d’autres skieurs ? J. H. : Pour moi c’est in­dis­pens­able, pour l’in­stant. D’abord, en ter­mes de tim­ing ça a cor­re­spondu par­faite­ment avec le pro­jet La Liste : début de sai­son sur le tour, fin mars l’Xtreme de Ver­bier, et après c’est juste à ce mo­ment-là que les faces com­men­cent à être bonnes. Je ne l’ai pas fait ex­près, mais pour un premier pro­jet ça mar­chait tip top. Et puis, j’ai tout le temps en­vie de pousser mon ski, et la seule manière, et la meilleure je pense, c’est de se con­fron­ter aux autres. Chaque an­née, je vois que le niveau aug­mente, chaque an­née on voit de nou­velles lignes sur le Bec des Rosses, ce n’est ja­mais le même qui gagne, ça prouve que ça bouge. Cha­cun s’en­traine de son côté et ap­porte en­suite quelque chose à tout le monde. En tout cas moi j’ap­prends beau­coup en voy­ant les autres, c’est un peu mon école du ski. SM : Et tu penses que tu au­rais moins de pro­gres­sion en alpin ? J. H. : Je crois que ça évolue beau­coup, ils ont d’autres skis, d’autres cuisses, et ils vont plus vite qu’il y a 10 ans sur la Streiff, mais pour moi il y a moins à in­nover. Et puis à part le con­cours des écol­iers et peut-être une Qual­i­fier, je n’ai ja­mais gagné une seule com­péti­tion im­por­tante ! J’ai passé les sélec­tions pour aller en équipe valaisanne, mais c’était plus parce que les en­traineurs croy­aient en moi. Je me fai­sais bat­tre par tous mes potes et je pre­nais des wagons de sec­on­des sur les cour­ses FIS, il faut être sur­mo­tivé pour con­tin­uer. Et après c’est facile de se faire at­tirer par ce que j’ap­pellerais « le côté fun du ski ». Chaque fois qu’on n’avait pas en­traine­ment dans les pi­quets, on était dans la poudreuse : c’est mou, c’est un feel­ing in­croy­able. Et après tu te rends compte que tu pour­rais peut-être gag­ner un peu d’ar­gent avec ça, c’était juste im­pens­able, et beau­coup plus amu­sant. SM : Le ski, c’est très con­noté hiver, voire Noël/février, mais pour­tant, c’est en mars que ça com­mence vrai­ment. En tout cas, la sai­son est loin d’être finie en avril ! J. H. : Claire­ment. Moi je dis que c’est ma deux­ième sai­son qui com­mence début avril. La sai­son dernière, on a skié jusque fin juin/début juil­let. Après, c’est vrai­ment spé­ci­fique à la mon­tagne. Dans les Alpes, fin juin, il ne reste plus grand-chose à part de la neige qui colle beau­coup en dessous de 4000 m. Mais si on parle de ski de pente raide, c’est vrai­ment le mois de juin où ces faces qui sont bleues l’été sont en par­faites con­di­tions. C’est vrai­ment un mois à ne pas nég­liger. SM : Par con­tre, en juin il faut vrai­ment le mériter ton ski... J. H. : C’est bien, parce qu’on se retrouve sou­vent tout seul là-haut. Ce n’est pas la même chose que l’hiver, skier dans les sta­tions, c’est vrai­ment un con­traste im­pres­sion­nant. Dès qu’il faut mériter, marcher, sou­vent c’est sur deux jours, avec un ob­jec­tif, une de­scente de 1000 m à la clé, c’est autre chose. Ça fil­tre les pas­sion­nés. On en voit aussi beau­coup sur Chamonix, qui est tout proche des Maré­cottes, il y a plein de je­unes qui skient su­per tard, j’ai un peu sym­pa­thisé avec eux, tu sens que c’est la pas­sion. Elle ne dure pas juste trois mois par an­née, c’est vrai­ment un style de vie. SM : Tu as tout fait à pied ou tu as triché en prenant l’hélico ? J. H. : Alors déjà je n’ap­pelle pas ça tricher ! On a dû en faire cer­taines, très peu, en

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