UN PRO­JET SUR 7 ANS C’EST SU­PER AM­BITIEUX DANS UN MI­LIEU QUI DOIT ÉVOLUER RAPI­DE­MENT

Ski Magazine - - Artiskitique -

déf­i­ni­tion et en­suite notre graphiste de choc Jean-Mi Rodot avait la lourde tâche d’y ap­poser un logo, de tra­vailler les tex­tures et les couleurs afin d’être le plus réal­iste pos­si­ble et re­spectueux de la matière pre­mière. Cer­tains artistes, Will Bar­ras ou Mr Jago par ex­em­ple, réal­i­saient des per­for­mances live lors de nos ex­po­si­tions de lance­ment. Bref, c’était vrai­ment l’éclate ! SM : À votre avis, quels sont les avan­tages de ce type de col­lab­o­ra­tion ? J. Catz : La mar­que of­fre une vis­i­bil­ité à des artistes dans des mi­lieux qu’il ne touche générale­ment pas, les artistes of­frent leur nom à la mar­que un peu comme des rideurs, surtout si la mar­que reste fidèle à l’artiste. C’est fla­grant avec des mar­ques comme Lib Tech aux USA ou Apo (RIP) en France. D. Bou­vier : À titre per­son­nel, cela a été une aven­ture ex­traor­di­naire qui m’a ap­porté beau­coup. Avoir la chance de ren­con­trer et de tra­vailler avec Andy How­ell, Caia Koop­man, Steve Ca­ballero, Will Bar­ras… a été source d’in­spi­ra­tion cer­taine. J’es­père que

ce type de col­lab­o­ra­tion a con­tribué à la no­toriété de cer­tains artistes et à celle de Space­junk, car ils méri­tent tous d’être re­con­nus pour l’in­vestisse­ment qu’ils met­tent dans leur art. SM : Jérôme, quel ef­fet cela fait de voir les skis, le pro­duit fini, dans les racks d’un ski shop, sur les pistes, ou sur un télésiège ? J. Catz : Le brief avec Ross était de re­specter au max les oeu­vres orig­i­nales des artistes, ce que Space­junk s’at­tachait à suivre de près. Je pense que pour les con­nais­seurs, les dé­cos avaient une cer­taine âme avec le tra­vail de ces artistes. Pour Space­junk, c’était sympa de voir des skis sur les pistes avec des dé­cos que nous avions suiv­ies de très prés. SM : David, du point de vue de ros­sig­nol, quel bi­lan ros­sig­nol tire de cette aven­ture ? D. Bou­vier : Que du posi­tif. Ce genre de pro­jet a con­tribué à mon­trer que l’art n’est pas réservé aux « Happy Few » du mi­lieu. Que lorsque les choses sont bien pen­sées et bien or­chestrées, alors même une mar­que qui vend des skis à tous les publics peut être per­ti­nente et légitime lorsqu’il s’agit de s’adresser à des cibles plus at­ten­tives. SM : Com­ment jon­gler en­tre les at­tentes mar­ket­ing de la mar­que de ski et la lib­erté de tra­vail dont les artistes ont be­soin pour s’ex­primer ? J. Catz : Les skis larges of­frent déjà une belle sur­face d’ex­pres­sion et les artistes étaient OK pour in­té­grer le brief de la sur­face disponible dès le dé­part… Au début, l’at­tente mar­ket­ing était très li­bre puisque le deal était de laisser la place la plus grande aux artistes. En­suite, les graphistes, chez Ross, ar­rivaient avec des propo­si­tions de matières de trans­parences qui étaient pro­posées aux artistes. Un échange se met­tait en place. D. Bou­vier : Je di­rais que la réponse est com­prise dans la ques­tion. Sur ce pro­jet spé­ci­fique, les at­tentes mar­ket­ing étaient d’abord et avant tout de re­specter le plus pos­si­ble la lib­erté des artistes. C’est la pierre an­gu­laire du pro­jet. Si cette con­di­tion est re­spec­tée, la crédi­bil­ité et la légitim­ité sont ac­quises et tout suit na­turelle­ment. SM : Quel a été le re­tour du pub­lic ? Face aux pro­duits ? Face aux oeu­vres/ex­pos, etc. ? J. Catz : Face au pro­duit, a pri­ori bon puisque le pro­jet a bien tenu dans le temps. Lors des ex­pos à ISPO ou ailleurs, les pro­duits ont tou­jours été su­per bien ac­cueil­lis, et le pro­jet sou­vent pris en ex­em­ple par d’autres mar­ques (pas for­cé­ment de ski d’ailleurs). D. Bou­vier : Nous avons fait des événe­ments aux USA, dans toute l’Europe alpine et, à chaque fois, le pub­lic a répondu présent. C’est as­sez agréable de faire une expo de ski, un hap­pen­ing où l’ob­jet prin­ci­pal n’est pas de re­garder la dernière vidéo ou de boire des bières, mais juste de con­tem­pler, de pren­dre son temps, d’ap­pren­dre, de s’en­richir l’es­prit, et se ren­dre compte que ces artistes ri­dent les toiles aussi bien que nos meilleurs rideurs le font à leur manière dans les mon­tagnes. SM : À re­faire ? Et si c’était à re­faire, com­ment faire mieux ? J. Catz : À faire avec une mar­que pour qui l’artis­tique fait par­tie de son ADN. C’est un parti pris presque philosophique, ac­com­pa­g­ner des artistes sur la durée au même titre que des ath­lètes… Au­jourd’hui, le con­sommable/jetable est partout. Ça re­vien­dra peutêtre avec les pe­tites mar­ques lo­cales qui priv­ilégient la pe­tite série et l’his­toire hu­maine plus que la R et D et la mode. Les deux univers de mar­ques con­tin­ueront à ex­is­ter côte à côte de toute manière… D. Bou­vier : On dit que la mode et les ten­dances fonc­tion­nent par cy­cle, donc à re­faire oui, mais pas tout de suite… Plus de 10 ans après avec l’avène­ment du numérique et l’ubéri­sa­tion de notre monde des dizaines de nou­velles idées peu­vent être ac­tivées.

Art­work par Will Bar­ras

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