ET POUR­QUOI PAS ?

Skieur Magazine - - Édito - Laurent Bel­luard

Au mo­ment où j'écris ces lignes, un bel an­ti­cy­clone squatte sur les Alpes de­puis bien­tôt un mois... C'est ra­geant, parce qu'on ne peut pas dé­pla­cer Noël qui reste in­va­ria­ble­ment ins­crit au 25 dé­cembre et donc pour le ski, ça ne se­ra pas tout à fait la fête, du moins concer­nant la pre­mière se­maine des va­cances sco­laires... Ces aléas mé­téo mettent à mal la mo­ti­va­tion des skieurs et Dieu sait qu'il en faut pour ré­ser­ver ses va­cances à la neige ! L'hé­ber­ge­ment n'est pas don­né, pas plus que les for­faits et quand il ne fait pas trop froid c'est qu'il fait trop chaud... Quoi qu'il ar­rive, il fau­dra pa­tien­ter quelques heures dans les bou­chons avant de pou­voir pous­ser la porte de votre havre de paix, pour peu qu'il ne s'agisse pas d'un vieux stu­dio pour­ri de 20 m2... Pour­tant, quel sport peut se tar­guer d'at­ti­rer in­va­ria­ble­ment 7 mil­lions de Fran­çais mal­gré ce che­min de croix ini­tial ? Il y a donc une ma­gie, un pe­tit truc en plus qui per­met à cha­cun d'ac­cep­ter ces in­con­vé­nients pour mieux pro­fi­ter du reste. Mal­gré cette ma­gie, le nombre de for­faits jour­nées ven­dus baisse de­puis peu, peut-être à cause des trois der­niers dé­but de sai­son par­ti­cu­liè­re­ment pous­sifs, peut-être aus­si parce que les pa­rents, seuls pres­crip­teurs pour la pra­tique du ski, n'ont plus les moyens de fi­nan­cer l'ac­ti­vi­té, ou plus en­vie de mettre cet ar­gent dans des va­cances coû­teuses. Ce n'est pas nou­veau, les fa­milles paient cher, très cher même, leurs va­cances au ski à com­pa­rer de celles ve­nant grâce aux tour-ope­ra­tors. Et celles qui viennent de la ré­gion Rhône-Alpes-Au­vergne, qui re­groupe à elle seule 75% des jour­nées skieur en France (!), paient elles aus­si plein pot. Pour­tant, rien n'em­pêche les po­li­tiques de dé­ci­der que lors­qu'on ha­bite cette ré­gion, on a le droit à des égards. A Lyon, St Etienne ou Gre­noble, on ne voit pas la mer mais les mon­tagnes : à cha­cun sa chance ! Du coup, les 7 mil­lions d'ha­bi­tants de la ré­gion pour­rait pour­quoi pas bé­né­fi­cier d'un for­fait Rhône-Alpes-Au­vergne, for­fait qui pour 500 eu­ros par exemple, don­ne­rait le droit d'ac­cé­der à chaque sta­tion avec une gra­tui­té jus­qu'à 12 ans le temps de bien fer­rer les en­fants... Plu­tôt que de ne rien dé­pen­ser en sta­tion, ces ha­bi­tants paie­raient avec en­thou­siasme 1000 eu­ros, au même titre qu'un pa­ri­sien ac­cepte de payer le prix fort parce que sur place, il trouve aus­si du tra­vail mieux payé et une somme de ser­vices qu'au­cune autre ville ne peut of­frir. Les fa­milles en gé­né­ral et celle du cru en par­ti­cu­lier su­bissent la né­ces­saire mon­tée en gamme des sta­tions et des do­maines skiables, et dé­crochent peu à peu du ski. Le ski sco­laire étant in­exis­tant, les clubs ci­ta­dins en berne, qui va re­nou­ve­ler la clien­tèle des sta­tions dans le fu­tur ? Les tou­ristes ve­nus d'ailleurs ? De Chine ? N'est-ce pas in­quié­tant de se cou­per de la "cul­ture ski" comme si le PIB de la ré­gion n'avait rien à voir avec la neige (Ndlr : 930 ME quand même juste pour les re­mon­tées mé­ca­niques en 2012 !) ? Laurent Wau­quiez, nou­veau pré­sident de ré­gion fraî­che­ment élu, pour­rait mon­trer aux ha­bi­tants de ce grand Rhône-Alpes que par cette ini­tia­tive de for­fait glo­bal, il s'in­té­resse au­tant à l'éco­no­mie qu'au pa­tri­moine spor­tif de sa ré­gion, les sta­tions de­vant trou­ver un mode opé­ra­toire pour par­ve­nir à créer cette offre puis­qu'elles ré­coltent dé­jà des sub­ven­tions : don­nant-don­nant ?

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