Avo­riaz. Une des meilleures sta­tions de France, aus­si ori­gi­nale que dy­na­mique. Un must à dé­cou­vrir.

SI­TUÉE À 1800 MÈTRES D’AL­TI­TUDE AU COEUR DU CÉ­LÈBRE DO­MAINE FRAN­CO-SUISSE DES PORTES DU SO­LEIL, AVO­RIAZ EST UNE STA­TION DE CA­RAC­TÈRE, UNE DES RARES À AVOIR BAN­NI LA VOI­TURE. A LA FOIS DE­SI­GN DE PAR SON PRO­JET AR­CHI­TEC­TU­RAL UNIQUE, MA­GIQUE AVEC SES TRAÎNEA

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La to­ta­li­té de cet im­mense do­maine fran­co­suisse s'éche­lonne de 1000 à 2460 mètres d'al­ti­tude, à che­val sur le val d'Abon­dance, la val­lée d'Aulps, le val d'Il­liez et le val de Mor­gins, alors que les Dents du Mi­di do­minent de leur 3257 mètres tout le mas­sif du Cha­blais. Ca, c'est pour la géo­gra­phie des Portes du So­leil qui dis­posent de 650 Km de pistes pour 198 re­mon­tées mé­ca­niques avec comme autres sta­tions phares : Châ­tel, les Gets et Mor­zine pour ne ci­ter que la par­tie fran­çaise... Ex­ten­sion de Mor­zine, village tra­di­tion­nel dans le style de ceux qu'on trouve dans cette par­tie des Alpes, Avo­riaz est née d'un pro­jet un peu fou. Dans les an­nées 60, Jean Vuar­net, cham­pion olym­pique ré­cem­ment dis­pa­ru, ima­gine une sta­tion ré­vo­lu­tion­naire pour l'époque, sans voi­ture ni route mais avec des pistes en­nei­gées au mi­lieu des bâ­ti­ments ré­ser­vées aux skieurs, pié­tions et traî­neaux, une sta­tion do­tée d'une ar­chi­tec­ture fonc­tion­nelle et mi­ni­ma­liste, le tout dans un do­maine skiable d'al­ti­tude in­ter­con­nec­té par les pistes, donc par le haut et pas par des na­vettes.

Page de droite :

Her­vé GOUY sur les hau­teurs du do­maine vers le col du For­net.

Avo­riaz se trouve donc di­rec­te­ment re­liée à Mor­zine mais aus­si à Châ­tel, et à Cham­pé­ry et les Cro­zets en Suisse, son propre do­maine se di­vi­sant en dif­fé­rents sec­teurs : Arare, Lin­da­rets, Cha­va­nette, Pla­teau, In­trets, Pro­dain et Su­per Mor­zine. Pour in­fo, c'est en ver­sant nord sur les Hauts-Forts à 2 466 m d'al­ti­tude qu'on trouve le point culmi­nant de la sta­tion mais éga­le­ment ce­lui de toutes les Portes du So­leil. Si le do­maine

des Portes du So­leil s'avère glo­ba­le­ment boi­sé, à Avo­riaz, c'est une tout autre mu­sique avec de grands es­paces dé­ga­gés et une réelle im­pres­sion d'al­ti­tude, of­frant des pa­no­ra­mas splen­dides sur les spec­ta­cu­laires Dents du Mi­di, les Dents Blanches mais aus­si le mont Blanc et le lac Lé­man. Mor­ceau de choix d'Avo­riaz, le mur Suisse ou le Pas de Cha­va­nette, un iti­né­raire vrai­ment raide et qua­si­ment tou­jours très bos­se­lé, com­pa­rable au Tun­nel de l'Alpe d'Huez à l'époque où le né­vé n'avait pas dra­ma­ti­que­ment fon­du adou­cis­sant net­te­ment l'in­cli­nai­son de dé­part... Bref, le Pas de Cha­va­nette, qui n'est pas sur le plan des pistes, reste une vraie piste noire, un chal­lenge pour les skieurs pas en­core sûrs de leur tech­nique, une forme de mythe.

Pour la piste, il se­rait dom­mage de ra­ter la piste du Stash sur le sec­teur des Lin­da­rets, toute amé­na­gée de mo­dules en bois ac­ces­sibles et lu­diques, un vrai par­cours où cha­cun va s'amu­ser, quel que soit son ni­veau ou son âge ! De même, pour les moins bons, la piste bleu fon­cé des Mos­settes aux Lin­da­rets éga­le­ment, offre une su­perbe ba­lade. Les meilleurs n'évi­te­ront pas un autre mo­nu­ment d'Avo­riaz : la piste de la coupe du monde, si­tuée sur le sec­teur d'Arare et ac­ces­sible de­puis le som­met du six places des grandes combes : gros dé­ni­ve­lé, forte pente, bon da­mage. Bref, il y a tous les in­gré­dients pour tailler de la grosse courbe pour les lève-tôt,

« PRO­JET AR­CHI­TEC­TU­RAL FUTURISTE, AVO­RIAZ EST SUR­TOUT UNE STA­TION D’AVE­NIR AVEC CES DES PRO­JETS EN PA­GAILLE. UN VRAI PA­RA­DIS UN PEU HORS DU TEMPS. »

ou du moins pour ceux qui ne se lèvent pas en fin de ma­ti­née...

Concer­nant le hors piste, Avo­riaz offre un ter­rain lu­dique da­van­tage ty­pé ba­ck­coun­try que free­ride pur et dur. Plus que de grandes faces en­ga­gées typées hautes mon­tagne, il s'agit de runs plus courts et plus joueurs, à l'image des "mi­ni-golf" à l'Amé­ri­caine : quatre vi­rages, un saut, trois courbes, une autre saut et le reste en trace di­recte... C'est un peu ca­ri­ca­tu­ral comme image, mais ce n'est pas tout à fait faux ! A no­ter qu'Avo a dé­ve­lop­pé une offre pour les non-ini­tiés, ap­pe­lée Snow­cross, qui pro­pose cinq iti­né­raires ba­li­sés non da­més mais sé­cu­ri­sés si né­ces­saire, afin de per­mettre à cha­cun de s'es­sayer au hors­piste mais sans au­cun risque. Si cette ini­tia­tive louable consti­tue une forme de trait d'union entre le sec­teur ba­li­sé et le hors-piste, elle ne per­met en au­cun d'ac­cé­der à l'au­to­no­mie ni à s'ap­pro­prier les bons usages une fois lâ­ché dans la na­ture hos­tile. Les ex­po­si­tions étant mul­tiples, le choix des lignes s'avère as­sez vaste ce per­met qua­si­ment tou­jours de trou­ver l'ex­po­si­tion pro­po­sant la meilleure neige. Par­mi les clas­siques du genre, voi­ci quelques idées où

« GRANDS ES­PACES OU­VERTS SUR LE HAUT, AVEC DES COU­LOIRS ET DES PENTES EN­GA­GÉES, ET BELLE FO­RÊT SUR LE BAS DU CÔ­TÉ DE MOR­ZINE,

DE QUOI SA­VOU­RER. »

lais­ser flot­ter vos spa­tules, à com­men­cer par le hors piste du For­nets qui bascule du cô­té de la val­lée de la Manche où une na­vette gra­tuite vous per­met de re­joindre le dé­part du té­lé­ca­bine du 3S des Pro­dains, après en­vi­ron 1000 mètres de dé­ni­ve­lé le long de deux grands val­lons sans arbre puis au tra­vers de la fo­rêt de la val­lée de la Manche, en pas­sant par le lac des mines d’or. Du ski lu­dique et pas trop en­ga­gé, avec en prime un su­perbe pa­no­ra­ma. Autre clas­sique, la fo­rêt des Lin­da­rets et ses mul­tiples lignes entre les sa­pins, le spot par­fait en cas de grosses condi­tions qui s'avère aus­si in­con­tour­nable les jours de mau­vais temps. Les skieurs ex­pé­ri­men­tés qui n'ont pas peur de mar­cher 30 mi­nutes peuvent grim­per sur la pointe de Vor­laz via la crête de Vor­laz ac­ces­sible de­puis le som­met du té­lé­siège de Cu­bo­ré. Cette arête im­pres­sion­nante et ver­ti­gi­neuse des deux cô­tés ne né­ces­site néan­moins pas de ma­té­riel d'al­pi­nisme mais donne ac­cès à un su­perbe run peu tra­cé. La pointe des Lin­da­rets offre elle un hors piste ac­ces­sible mais tou­jours bon à tra­cer contre une marche d’ap­proche de 15 mi­nutes. De­puis le som­met des Lin­da­rets, c'est-à-dire du 6 places de Chaux Fleu­ris, il s'agit de prendre à gauche

en des­cen­dant du siège puis de lon­ger la crête pen­dant en­vi­ron 15 mi­nutes pour ac­cé­der au col du Bas­sa­chaux. Le run, qui offre ac­ces­soi­re­ment un beau pa­no­ra­ma sur Châ­tel, le lac de Mon­triond et le Roc d’En­fer, re­joint le village des Chèvres et le dé­part de la té­lé­ca­bine d’Ar­dent. Ma­gni­fique mais res­tez vi­gi­lants ici comme ailleurs, les ava­lanches se ré­ga­lant dès que la pente dé­passe les 30°... En cas de risque d'ava­lanche pro­non­cé ou de tem­pête, il s'agit de des­cendre du cô­té de Mor­zine pour trou­ver de la fo­rêt ac­cueillante alors que le sec­teur du For­net offre de jo­lis runs plu­tôt tranquilles, l'idéal pour bien s'échauf­fer. L'en­droit s'avère éga­le­ment ex­cellent pour le free­ran­do puisque du som­met des re­mon­tées, on peut fa­ci­le­ment mar­cher un peu ou faire les som­mets alen­tours pour s'ou­vrir des runs dans des vastes zones vierges. Le re­tour di­rect sur Avo­riaz est une op­tion mais pour faire de grandes lignes, il faut plu­tôt en­vi­sa­ger de fi­nir sur Mor­zine, sur­tout de­puis les Hauts-forts ou du haut du té­lé­siège du For­net en des­cen­dant la fa­meuse val­lée de la Manche.

Avo­riaz pos­sède donc un do­maine hors-piste ac­ces­sible, idéal pour ceux qui ne veulent pas prendre trop de risques, à l'image des lignes des sec­teurs « Cha­va­nette » ou « For­net ». Bien en­ten­du, les grands iti­né­raires né­ces­sitent une connais­sance du ter­rain, no­tam­ment pour les re­tours sta­tion, où il faut par­fois an­ti­ci­per la re­mon­tée sur Avo­riaz de­puis Mor­zine, Cham­pé­ry ou les Cro­sets. Avo­riaz est sans conteste une belle sta­tion de ski avec un charme in­dé­niable, une sta­tion ni­chée sur une énorme barre ro­cheuse avec les pistes tra­ver­sant les bâ­ti­ments, un lieu vrai­ment sans voi­ture mais avec des trai­neaux à che­vaux, des rues to­ta­le­ment pié­tonnes et en­nei­gées, qui lui donnent une am­biance mon­ta­gnarde proche de l'idéal. Bref, loin des grands do­maines de Ta­ren­taise, Avo offre un dé­pay­se­ment to­tal avec de l'ex­cellent ski qu'il s'agisse de piste ou de hors-piste mais aus­si de free­style avec l'une des toutes meilleures offres na­tio­nales, le tout dans un do­maine re­lié vrai­ment im­mense qui offre des ba­lades dont bien peu d'autres en­droits peuvent se tar­guer. Une ré­fé­rence, à tous les ni­veaux, avec au­jourd'hui des équi­pe­ments de pre­mier ordre dont un centre aqua-lu­dique de pre­mier ordre.

Avo­riaz dans son écrin de mon­tagnes à 1800m d'al­ti­tude.

En haut : Her­vé GOUY et Ri­chard AMACKER à la re­cherche d'une ligne à skier.

En vi­gnette, ci-des­sus :

Une sta­tion à l'ar­chi­tec­ture uni­forme tout de bois vê­tue. Page de droite :

Ri­chard AMACKER en grandes courbes.

À gauche : Des hors pistes pour tous les ni­veaux.

Ci des­sus : Ici pas de voi­tures dans les rues !

En haut : Ri­chard AMACKER dans une ligne plus en­ga­gée qu'il faut al­ler cher­cher à pied ou en ski de ran­do.

En vi­gnette : La sta­tion po­sées sur ses barres ro­cheuses et bien in­té­grée dans le pay­sage.

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