SA­VOIR AT­TENDRE

Snow Surf - - Édito -

S’il peut y avoir trop de neige (on pense à ce re­port de Dif­ferent Di­rec­tion page 44 qui dé­crit une jour­née au Ja­pon), ne peut-il ja­mais y en avoir as­sez ? Qu’on passe une sai­son en sta­tion ou qu’on ride de­puis 5 jours en va­cances, le sen­ti­ment de sa­tié­té est dur à res­sen­tir quand on aime très fort la neige. Com­ment quan­ti­fier ce qui suf­fit à nous ras­sa­sier ? Même par une belle jour­née de pou­dreuse, quand fi­na­le­ment vient l’heure du der­nier run, on se ré­sout, on se laisse al­ler à la dé­ci­sion de ren­trer, mais au fond, même si on re­pense au meilleur jour de sa vie, n’a-t-on ja­mais été vrai­ment sa­tis­fait, re­pus ? Et c’est ce qui fait la ma­gie du snow­board, du ride en gé­né­ral. Les sen­sa­tions, phy­siques ou psy­chiques, sont tel­le­ment puis­santes, le mé­lange de sub­stances chi­miques qu’on sé­crète et d’émo­tions qu’on ac­cu­mule si ex­ci­tant, qu’on de­vine qu’il pour­rait tou­jours être dé­pas­sé, car de l’ex­pé­rience vient l’en­vie d’en avoir tou­jours plus. Cette re­cherche, cette quête d’une ré­pé­ti­tion aug­men­tée, d’un re­com­men­ce­ment amé­lio­ré, est l’es­sence d’une forme de bonheur à la­quelle, pour pa­ra­phra­ser les sur­feurs, seuls les dieux et les ri­deurs peuvent ac­cé­der. Il suf­fit d’être prêt, en at­ten­dant, voi­ci quelques pages pour y pen­ser.

En cou­ver­ture : Jo­ris Doorn, Al­ley Oop back­side 360, Dif­ferent Di­rec­tion © Theo Ac­worth

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.