TROIS QUES­TIONS À…

So Film - - ~ L’ouvreuse~ - Re­cueillis par FG Pro­pos

Kyle East­wood, jazz­man et fils de Clint

Com­ment ce­la se passe concrè­te­ment, de bos­ser avec son père ?

Clint tra­vaille très vite, ça vaut aus­si pour la mu­sique. Il dé­teste la mu­sique qui cherche à ma­ni­pu­ler le spec­ta­teur. Sur les tour­nages, il s’as­sure d’avoir tou­jours un pia­no près de lui. Ça lui per­met de tra­vailler sur la mu­sique du film et en même temps, j’ai l’im­pres­sion que ça l’apaise. Quand il était en Afrique du Sud pour In­vic­tus, je suis par­ti deux se­maines avec lui. Et même là-bas, il avait un pia­no dans sa chambre ! Ha­bi­tuel­le­ment, j’ar­rive sur le film une fois qu’il a un pre­mier mon­tage. On part de là et de ce qu’il a es­quis­sé tout seul au pia­no pen­dant le tour­nage. En gé­né­ral, je sais ce qu’il veut. À l’époque où tu jouais dans les films de ton père, on a l’im­pres­sion qu’il était plus coun­try- folk que jazz, en fait… Mes sou­ve­nirs de jeu­nesse à la mai­son sont rem­plis de jazz et de blues. Clint n’est pas un grand fan de coun­try. À part Joh­ny Cash, qu’il ai­mait bien, et qui n’en est même pas vrai­ment. Mais c’est vrai qu’à un mo­ment don­né il a fait des films avec pas mal de coun­try, sur­tout parce que le genre était po­pu­laire à l’époque, et que les films ti­raient na­tu­rel­le­ment vers ce­la. Il aime beau­coup les vieux joueurs de saxo comme Ben Webs­ter, Les­ter Young, ce genre de mecs. Ses goûts n’ont pas tel­le­ment chan­gé avec le temps. Il peut lui ar­ri­ver d’écou­ter du Jo­shua Red­man aus­si, mais c’est quel­qu’un de très at­ta­ché à ses vieux al­bums de pré­di­lec­tion. Il aime bien écou­ter du jazz à la salle de gym, no­tam­ment. On pour­rait dire qu’il est très « jazz » en tant que ci­néaste, il s’adapte au scé­na­rio et aux idées de son équipe un peu comme dans un jazz band. Mais en tant que ra­con­teur d’his­toires, il est plu­tôt folk.

Clint tra­vaille aus­si la mu­sique de ses films pour pas­ser du temps avec toi, non ?

Comme j’ha­bite en Eu­rope, c’est vrai que tra­vailler avec lui sur la mu­sique de ses films est l’oc­ca­sion de pas­ser du temps en­semble. Sou­vent, je vais à Los An­geles pour quelques se­maines. Je reste chez lui, parce que j’ai du ma­té­riel là­bas, c’est presque un mi­ni-stu­dio. On peut écou­ter la mu­sique sur les images du film pour avoir un aper­çu, ou pas­ser chez War­ner Bros. pour le re­gar­der sur grand écran… Pen­dant ce temps, on peut par­ler de mu­sique, et même al­ler dans des clubs de jazz. Il en reste deux ou trois très bons. Dans les an­nées 1980, la scène jazz à LA était in­croyable…

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