BEN STILLER a en­re­gis­tré un al­bum de post-punk

So Film - - ~ L’ouvreuse~ - Par Maxime Del­court

Ben Stiller est de ces ac­teurs que l’on s’ima­gine tou­jours à l’af­fût d’une bonne blague. Mais les ap­pa­rences sont trom­peuses. Adolescent, l’Amé­ri­cain était bat­teur dans un groupe de post- punk. Son nom ? Ca­pi­tal Pu­nish­ment. Son his­toire tuée dans l’oeuf ? Ce sont les membres de cette aven­ture éphé­mère qui la ra­content. LA NOU­VELLE EST TOM­BÉE en mars der­nier. Sur son site of­fi­ciel, le la­bel amé­ri­cain Cap­tu­red Tracks (Mac DeMar­co, The Soft Moon…) an­none la ré­édi­tion pro­chaine de Road­kill, un al­bum en­re­gis­tré en 1982 par Ca­pi­tal Pu­nish­ment, en­ti­té for­mée par Kriss Roe­bling, Peter Zu­si, Peter Swann et Ben Stiller. Pour com­prendre com­ment l’ac­teur amé­ri­cain a pu se re­trou­ver à co­gner comme un sourd des fûts de bat­te­rie au sein d’un tel projet, il faut re­ve­nir un peu en ar­rière. En 1979, plus exac­te­ment. Kriss Roe­bling, 12 ans, vient alors de for­mer le groupe aux cô­tés de ses amis To­ny Con­verse et Peter Zu­si. Pas­sion­nés par Kiss, les trois ba­by ro­ckers en­re­gistrent leur pre­mier al­bum épo­nyme sur cas­sette et, his­toire de se chauf­fer un peu, donnent quelques pe­tits concerts à New York. Un an plus tard, alors que les pa­rents de To­ny Con­verse dé­mé­nagent à L.A., Kriss fait ap­pel à Ben Stiller, un de ses proches amis. « En plus d’être dans la même classe, nos pa­rents étaient très amis de­puis leur ren­contre au HB Stu­dio dans les an­nées 1960, ré­vèle au­jourd’hui Kriss Roe­bling. On était donc tou­jours en­semble. Que ce soit pour re­gar­der l’émis­sion Se­cond Ci­ty Te­le­vi­sion ou pour mon­ter des spec­tacles as­sez lou­foques. » Par­mi les plus no­tables, Kriss cite cette pièce de théâtre étran­ge­ment nom­mée La Fla­gel­la­tion dans la place ou en­core ce hap­pe­ning où ils ont si­mu­lé une at­taque à main ar­mée au mi­lieu de Broad­way à l’heure du dé­jeu­ner. « Une fo­lie » , se­lon Kriss Roe­bling, qui re­con­naît qu’un ga­min se­rait abat­tu en 30 se­condes s’il ten­tait la même ex­pé­rience au­jourd’hui. « Ben était dé­jà un peu la per­sonne qu’il est au­jourd’hui, ex­plique de son cô­té Peter Swann, qui re­joint la bande à la fin de l’en­re­gis­tre­ment du deuxième al­bum, Road­kill. Non seule­ment il avait dé­jà un grand sens de l’hu­mour, mais il était aus­si de ceux qui par­viennent à main­te­nir concen­tré tout un groupe dès lors qu’il s’agit de faire le bou­lot. » Au­jourd’hui juge dans l’Ari­zo­na, Swann sait de quoi il parle. Son dis­cours d’in­ves­ti­ture, c’est Ben Stiller en per­sonne qui est ve­nu l’ef­fec­tuer. « Il n’a pas pu s’em­pê­cher de dé­con­ner, alors que l’on était dans une cé­ré­mo­nie très of­fi­cielle. Il avait no­tam­ment sé­lec­tion­né des photos de moi en te­nue anar­chiste et il a ra­con­té dans le dé­tail toutes les conne­ries que nous fai­sions à l’école pri­maire et au col­lège. Douze ans après, on me parle en­core de ce dis­cours. »

“Ben était par­tant lors­qu’on a dé­ci­dé de pho­to­gra­phier un la­pin mort pour la po­chette de l’al­bum.” Peter Swann

Sé­ries B et dé­lires hip- hop Si, dans une in­ter­view ac­cor­dée au Guar­dian, le co­mé­dien dé­crit ses an­nées d’ado­les­cence comme « confuses et peu co­ol » , Peter et Ch­ris y portent un re­gard to­ta­le­ment dif­fé­rent. Pour le pre­mier, Ben Stiller était sur­tout un adolescent nor­mal, joyeux, sou­vent por­té sur la pro­voc’, pas très stu­dieux mais gal­va­ni­sé par les pro­jets créa­tifs, les films de série B, et ga­vé à la série Star Trek. Pour le se­cond, c’était « un in­croyable pote, très fi­dèle et mar­rant. Il avait par­fois un hu­mour as­sez noir, mais le cô­té dark de Ca­pi­tal Pu­nish­ment était mon idée. Ben n’avait pas de rage en lui, il ne fai­sait que to­lé­rer mes hu­meurs parce que ce­la le fai­sait rire. Il était mal­gré tout par­tant lors­qu’on a dé­ci­dé de pho­to­gra­phier un la­pin mort pour la po­chette de l’al­bum. » L’al­bum, donc. En­re­gis­tré en 1982 dans deux stu­dios dif­fé­rents (Del­ta Stu­dios et Noise à New York), Road­killl est fi­nan­cé par les pa­rents des dif­fé­rents membres du groupe. « Le stu­dio était payé à l’heure, se sou­vient Peter Swann. On était en per­ma­nence obli­gés d’être concen­trés, de tout pla­ni­fier et de ne pas dé­pas­ser le temps pré­vu. » Pu­blié à 500 exem­plaires, ce deuxième for­fait est ra­pi­de­ment écou­lé. Dans la fou­lée, le groupe se lance dans l’en­re­gis­tre­ment d’un troi­sième ef­fort. Ini­tia­le­ment nom­mé Flight of the Condor, il ne ver­ra ja­mais le jour, mal­gré quatre chan­sons dé­jà mises en boîte. « On ve­nait d’ob­te­nir nos di­plômes et nos études nous me­naient dans des villes com­plè­te­ment dif­fé­rentes », se sou­vient Kriss Roe­bling, sans ou­blier de men­tion­ner que Ben Stiller et Peter Swann ont briè­ve­ment conti­nué d’ex­ploi­ter leurs ta­lents mu­si­caux. C’était en 1985. « On ve­nait de for­mer Su­cker MC’s, un duo avec le­quel on a en­re­gis­tré quelques mor­ceaux de rap, dont le pa­ro­dique I’m a Co­ward » , pour­suit Peter Swann, avant de conclure : « C’était juste avant que Ben s’in­ves­tisse à fond dans la co­mé­die et de­vienne ce qu’il est de­ve­nu. » Pro­pos re­cueillis par MD

Ben a tou­jours eu la langue bien pen­due

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