DE L’IN­CON­VÉ­NIENT DE SE LAIS­SER DI­RI­GER PAR UN HOMME EN BON­NET ROUGE QUI MUR­MU­RAIT À L’OREILLE DES MÉROUS

So Film - - ~ L’ouvreuse~ -

, comme le sur­nomme Stéphane Le­rouge, qui a ré­édi­té beau­coup de ses BO, com­pose au mi­lieu des têtes de pois­sons, co­raux et ins­tru­ments du bout du monde qui jouxtent les murs de son antre de la rue de Cour­celles. En 1974, alors qu’il est dé­lais­sé par ses deux réa­li­sa­teurs at­ti­trés (Robert En­ri­co & Jo­sé Gio­van­ni), la pro­po­si­tion du com­man­dant Cous­teau tombe à pic. Voyage au bout du monde (sous-ti­tré L’An­tarc­tique) offre au com­po­si­teur la pos­si­bi­li­té d’une idylle : conci­lier sa fas­ci­na­tion pour la mer, d’une part, et l’ex­pé­ri­men­ta­tion so­nore, d’autre part. Pen­dant plu­sieurs se­maines, le mu­si­cien éla­bore l’une de ses par­ti­tions les plus so­phis­ti­quées. Entre acous­tique et syn­thé­tique, mê­lant l’étrange et le floy­dien, avec cette non­cha­lante mé­lan­co­lie qui lui est si propre. Mais lors de la pro­jec­tion, Cous­teau reste to­ta­le­ment stoïque. Trois jours plus tard, le cou­pe­ret tombe. Le ca­pi­taine de la Ca­lyp­so rem­place sa mu­sique par les ac­cords, bien plus sages, de Maurice Ravel, pri­vant ain­si tous les ha­bi­tants du sixième continent d’un bon trip sous LSD. Consi­dé­ré avec Michel Magne comme l’un des mu­si­ciens les plus aty­piques du 7e art fran­çais, Fran­çois de Rou­baix dé­tonne dans l’uni­vers plu­tôt cos­tard/ cra­vate de la mu­sique de film. Avec sa dé­gaine de Jé­sus Ch­rist Superstar, le « cou­sin beat­nik de Pierre Hen­ry et Pierre Schaef­fer »

De Rou­baix fait la plonge.

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