Mer­cre­di 16 juillet 2025

So Film - - ~ Happy End~ -

Parce qu’on ne prend ja­mais as­sez d’avance, le ci­néaste Be­noît For­geard livre en ex­clu­si­vi­té le dé­tail des nou­veau­tés ci­né à sor­tir dans… dix ans pile. Avec no­ta­tion, évi­dem­ment.

LE MUSICHIEN

L’his­toire vraie de Carlos, ce chien mexi­cain de­ve­nu homme par amour du vio­lon. Un film éprou­vant, qui re­monte le fil des mé­ta­mor­phoses de ce­lui qui, au gré des opé­ra­tions (dix-sept), a su com­po­ser avec l’in­com­pré­hen­sion des autres, à com­men­cer par celle de ses congé­nères la­bra­dors. Pre­mier vio­lon au phil­har­mo­nique de Hous­ton, Carlos fi­nit par se sen­tir plei­ne­ment homme, quand bien même un plan fi­nal bou­le­ver­sant le ré­vèle en plein doute, se ré­fu­giant aux toi­lettes pour aboyer en ca­chette.

35X21

Projet culte du col­lec­tif Co­li­bri, tour­né entre 1983 et 2018, et mon­té en quelques jours par son unique sur­vi­vant, 35X21 est une quête sans par­ti pris à tra­vers 35 ans de Fêtes de la mu­sique. Le ri­gou­reux dis­po­si­tif (cadre tou­jours mo­bile, au plus proche du vi­sage), au­to­rise un voyage oni­rique et sen­suel, d’où le ju­ge­ment est ban­ni. Le do­cu­ment, dont la va­leur an­thro­po­lo­gique est manifeste, per­met en outre de re­trou­ver de nom­breux groupes que cha­leur et mal­chance ont trop tôt dis­sous.

RAP TA VIE !

On ne connais­sait que peu le rap thé­ra­peu­tique jus­qu’ici. Ac­ci­den­tés de la route, vic­times d’AVC, vieux lut­tant contre l’âge, les ca­pa­ci­tés ré­gé­né­rantes du rap ne sont plus à prou­ver. Aux cô­tés d’aides-soi­gnants spé­cia­le­ment for­més, des ca­bos­sés de la vie ba­lancent leur flow avec la force du déses­poir. Seul bé­mol : un ré­sul­tat ar­tis­ti­que­ment conster­nant. La vo­lon­té, bien com­pré­hen­sible et par­ta­gée par le plus grand nombre, de re­pous­ser la mort, ne sau­rait jus­ti­fier toutes les dé­rives.

ATACHOU, MON PE­TIT CHAT

Ô la femme ai­mée ! Troi­sième vo­let de la sa­ga amou­reuse du ci­néaste Michel Moisan, ce Na­ta­chouu est l’oeuvre d’un ma­lade, d’un amou­reux tran­si dont le projet ci­né­ma­to­gra­phique se confond avec l’ob­jet de son culte, sa Na­ta­chou, fem­meu­ni­vers, pré­sente à chaque plan. Si Moisan, qui ac­com­pagne les images de la belle par ses propres com­po­si­tions à la gui­tare, frise par­fois le trop-plein, force est de consta­ter que le charme opère en­core une fois. On en re­de­mande.

LES SOR­TIES CI­NÉ DE 2025

La ru­brique tant ap­pré­ciée des ama­teurs d’an­ti­ci­pa­tion, pu­bliée dans les der­nières pages de ce ma­ga­zine au cours des an­nées 2010, se voit enfin adap­tée au ci­né­ma. Hé­las, à trop vou­loir évi­ter le piège du film à sketches, On­te­niente brasse un glou­bi­boul­ga lan­gou­reux où tous les pitchs fu­sionnent en un seul. Pire en­core, à force de su­per­po­ser les voix, le film prend une tour­nure in­quié­tante, au point qu’on fi­nit par se de­man­der s’il ne s’agi­rait pas là d’une oeuvre d’art.

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