Mel­vin Van Peebles.

So Film - - Édito - Par Jean-Vic Cha­pus et Claire Diao – Photos : Sa­muel Kirs­zen­baum

À 83 ans, sa barbe et ses dreads ont bien blan­chi. Mais quand il re­garde dans le ré­tro, ce pré­cur­seur de la blax­ploi­ta­tion se sou­vient qu'il a connu à la fois Wall Street et Ha­raKi­ri. Au­jourd'hui en­core, Mel­vin doesn't give a shit, tou­jours prêt à res­sur­gir là où on ne l'at­tend pas.

Ré­cem­ment, Mel­vin Van Peebles a don­né des concerts, ac­com­pa­gné par le jazz­man free Ar­chie Shepp. L'oc­ca­sion de se sou­ve­nir que la vie de Mel­vin Van Peebles, pre­mier ci­néaste blax­ploi­ta­tion à son corps dé­fen­dant, avec l'im­mense Sweet Sweet­back's Baa­dasssss Song, res­semble à un ro­man d'ap­pren­tis­sage un­der­ground. Mots clés : Chi­ca­go, Air Force, ci­né­ma d'avant- garde et même… Wall Street.

Dans les se­ven­ties, vous avez vé­cu à Paris et vous êtes de­ve­nu jour­na­liste pour Ha­ra- Ki­ri. Par quel concours de cir­cons­tance un Black de Chi­ca­go at­ter­rit à Paris, au mi­lieu de la bande du Pro­fes­seur Cho­ron ?

Paris, c'est une longue his­toire. Pas mal de ha­sards, etc. Mon en­trée à Ha­raKi­ri, c'est à cause de cette in­ter­view que je de­vais faire de l'écri­vain Ches­ter Himes. Je pi­geais un peu pour le Nouvel Ob­ser­va­teur à l'époque. C'était une fa­çon comme une autre pour pou­voir res­ter à Paris. Bref, quand j'ar­rive au ren­dez­vous fixé par Himes, il me se met à me gueu­ler des­sus très fort : « Va-t'en, va-t'en, j'at­tends un jour­na­liste. » Je lui ai hur­lé des­sus en retour : « Quoi ? Mais c'est moi le jour­na­liste ! » Il s'est ar­rê­té, puis m'a dit : « Merde, mais tu es un gars de cou­leur ! Com­ment ça se fait que tu sois jour­na­liste ? » Ça l'a scié. Et c'est à par­tir de là, on est de­ve­nus les meilleurs amis du monde avec Himes. Un jour, il m'a dit qu'on l'avait ap­pe­lé pour lui pro­po­ser d'écrire dans un jour­nal, mais il par­lait mal fran­çais. « Pour­quoi tu ne le fais pas? », m'a-t-il pro­po­sé. C'est comme ça que j'ai écrit dans Ha­ra-Ki­ri. Je leur ai de­man­dé pour­quoi ils m'avaient choi­si. Ils m'ont dit : « Parce que vous, les Ri­cains, vous écri­vez comme vous par­lez. » J'ai pu­blié un livre in­ti­tu­lé Le Chi­nois du XIVe qui était une com­pi­la­tion de mes ar­ticles de Ha­ra-Ki­ri. Chaque mois, j'écri­vais des his­toires pour eux. Mais bon, je parle et je vous saoule…

Quand vous vous lan­cez dans la mu­sique, dans le ci­né­ma ou dans la lit­té­ra­ture, on a l'im­pres­sion que les choses s'en­clenchent tou­jours na­tu­rel­le­ment pour vous. Com­ment faites- vous pour tou­jours tom­ber sur les bonnes per­sonnes ?

Ce­la vient peut-être de ma jeu­nesse. Quand j'avais 11 ans, je tra­vaillais tous les jours pour mon père. Il avait be­soin de quel­qu'un qui l'aide à bos­ser dans son pres­sing. J'ha­bi­tais à Chi­ca­go. Et pas n'im­porte où : dans le quar­tier le plus dan­ge­reux, le South Side. Quand je dis dan­ge­reux, je ne dé­conne pas, les gars, hein ! Quand j'étais ga­min, j'ai dû voir neuf per­sonnes tuées de­vant moi dans la rue. Ça ne ri­go­lait pas, Chi­ca­go, dans ces an­nées-là… Quand les clients vou­laient des li­vrai­sons, mon père s'en oc­cu­pait. Alors par­fois, il m'en­voyait. J'avais école jus­qu'à 15 heures, puis j'al­lais l'ai­der. Gé­né­ra­le­ment, le bou­lot au pres­sing, ça du­rait jus­qu'à 19 heures, par­fois

20 heures… Son ma­ga­sin était au rezde-chaus­sée de notre im­meuble. Nous ha­bi­tions au 3e étage. Il n'y avait que mon père, ma mère et moi.

Vous sou­ve­nez- vous de votre pre­mière fois au ci­né­ma ?

Bien sûr que non ! (rires) Mais si vous tour­nez la ques­tion différemment, le pre­mier film dont je me sou­viens, oui. You know what I am sayin' ? Les groupes de pre­miers films, je ne connais­sais pas leurs noms. Des films de ba­teaux, avec des « boum boum ». La té­lé n'exis­tait pas. Il y avait que dalle. Chaque sa­me­di ou di­manche, on re­gar­dait trois films, des spé­cia­li­tés pour les mou­flets. Je me sou­viens, en gros, que c'était très bien. Des gens dans des avions, des In­diens… Toutes sortes de chose. Pour nous, c'était for­mi­dable. Je li­sais aus­si énor­mé­ment parce que je n'étais pas grand et qu'il va­lait mieux me ca­cher un peu. (rires) Oh yeah. Beau­coup de pro­blèmes. Un jour, je suis sor­ti de la base pour al­ler me ba­la­der dans les rues. Nor­mal, quoi ! Et là, je tombe sur cette bande de bou­seux qui gueulent : « Look at the nig­ger Quand j'ai fi­ni l'école pri­maire, ma mère a de­man­dé qu'on me garde quelques temps en­core. Puis je suis en­tré au col­lège, mais c'était la même chose. La vé­ri­té, c'est que mes pa­rents étaient trop pauvres pour fi­nan­cer l'uni­ver­si­té. Du coup, la seule pos­si­bi­li­té d'ob­te­nir de l'ar­gent dans l'Amé­rique de cette époque c'était de s'en­ga­ger dans l'ar­mée via le pro­gramme ROTC (Re­serve Of­fi­cers' Trai­ning Corps, corps d'en­traî­ne­ment d'of­fi­ciers de ré­serve, ndlr). C'est ce que j'ai fait. À la fin de l'uni­ver­si­té, j'avais 20 ans. Dix jours après, ils ont chan­gé les lois sé­gré­ga­tion­nistes et je suis pas­sé mi­li­taire. Ce n'était pas du tout mon projet. En plus de ça, j'ai fait une conne­rie… Comme j'étais obli­gé de re­joindre une base, j'ai dû al­ler au Texas. Ma mère m'a dit : « Ah non ! Tu ne peux pas ar­ri­ver là-bas vi­vant. » Donc ma mère m'a conduit jus­qu'à la base et m'a fait pro­mettre de ne pas en sor­tir jus­qu'à la fin. Et elle avait rai­son parce qu'il n'y avait pas d'of­fi­ciers noirs à cette époque. En plus de ce­la, j'avais la gueule d'un ado de 15 ans ! (rires)

Après ça, il y a eu l'ar­mée. Quelles sont les rai­sons qui vous ont pous­sé à vous en­ga­ger dans l'Air Force ? Ça vous a créé des pro­blèmes sur place ?

wea­ring a uni­form! » On m'a pour­chas­sé. C'est un sou­ve­nir as­sez triste. Aux JO, je vois les gens qui courent. (Il hausse les épaules, bla­sé) Ce jour-là, j'ai cou­ru trois fois plus vite qu'eux ! (Il éclate de rire) Et puis, j'ai fait une autre bê­tise. J'ai pris des cours de pi­lo­tage. Pour­quoi pas… Quand j'ai ter­mi­né la for­ma­tion, j'étais le cin­quième à choi­sir ma spé­cia­li­té. J'ai vu qu'il y avait des pe­tites infirmières. (rires) Donc j'ai choi­si de m'en­ga­ger dans la flotte où elles étaient : le C-47 (car­go de trans­port de per­sonnes ou de fret, ndlr). C'était cor­rect. Les nou­veaux avions

“Sur le tour­nage il n'y avait que deux Noirs : moi et un mec du net­toyage.”

dan­ge­reux avec la bombe ato­mique, c'étaient les B-47. Et cer­tains vou­laient à tout prix pi­lo­ter ces avions-là. J'ai vu quatre mecs mou­rir à la même place que moi parce que c'était un mo­dèle for­mi­dable que tout le monde vou­lait es­sayer. J'ai eu beau­coup de chance, beau­coup de chance. Je me sou­viens, un jour, être al­lé dans une pis­cine pour of­fi­ciers. Les gars étaient tel­le­ment fu­ri­bards de me voir qu'ils ont fer­mé la pis­cine ! Mais bon, les choses ont chan­gé…

Jus­te­ment, qu'est- ce que vous pen­sez de l'Amé­rique d'au­jourd'hui, après les évé­ne­ments de Bal­ti­more ? Est- ce que l'Amé­rique a vrai­ment chan­gé ?

Oui, elle a chan­gé, pas tou­jours dans le bon sens, mais oui. Il y a un autre lan­gage. On ne montre plus du doigt les Blacks. Main­te­nant le ra­cisme concerne tout le monde. À un mo­ment don­né, c'étaient les Chi­nois, les gens de cou­leur. C'est un peu con, c'est comme ça. Au­jourd'hui, der­rière le mot « Noir » on met tout le monde : Chi­nois, Noirs… Beau­coup de mé­langes. Mais c'est un peu mieux au­jourd'hui.

Ba­rack Oba­ma va quit­ter l'an­née pro­chaine la pré­si­dence. Il a été un

bon pré­sident ?

Oui, très bien ! J'ai vo­té pour lui. C'était la seule chose à faire pour amé­lio­rer un peu l'Amé­rique après George W. Bush. Je n'ai ja­mais été dans le cercle d'Oba­ma, mais il est très bien ce gars. Oba­ma, on aime bien le cri­ti­quer, mais je crois qu'il est ca­pable de faire beau­coup de choses. Si sa pré­si­dence n'a pas aus­si bien fonc­tion­né qu'on le pen­sait ce n'est pas sa faute à lui : c'est ce pu­tain de Congrès qui reste conser­va­teur. Je crois qu'il a fait beau­coup de pe­tites choses. Et la fa­çon qu'il a eue de faire ces choses, ça a chan­gé l'Amé­rique pour tou­jours. Il a fait pour ce pays la même chose que moi en tant que ci­néaste quand je suis en­tré dans un en­droit qui n'avait ja­mais exis­té. À un mo­ment don­né, j'ai ou­vert Hol­ly­wood. Lui c'est pa­reil. Rien que le fait qu'il ait été là, qu'il ait ga­gné puis en­core ga­gné une deuxième fois les élec­tions pré­si­den­tielles, a dé­jà tout chan­gé.

Quand on re­garde votre car­rière de réa­li­sa­teur au ci­né­ma, on vous voit comme un pion­nier : ce­lui de la blax­ploi­ta­tion, ce­lui de l'uti­li­sa­tion de la mu­sique dans les films. Est- ce que vous di­riez qu'il a été plus dif­fi­cile de ga­gner votre place dans le ci­né­ma que dans la mu­sique ?

Pour gla­ner quelque chose dans cette in­dus­trie, il faut être à la pre­mière place. Ne pas hé­si­ter à se trou­ver à l'avant-garde. Et dès que tu t'es po­si­tion­né à l'avant-garde, pfff, c'est simple : il faut bou­ger. Bou­ger ra­pi­de­ment. Moi,

c'est comme ça que je vois les choses. Mais on par­lait de quoi, là ? De mes films ? De Sweet Sweet­back's Baa­dasssss Song ? Ça, c'est un film qui a mar­qué les es­prits, c'est clair. Parce qu'il par­lait vrai­ment le lan­gage de la rue. Parce qu'il était un peu por­no, aus­si. Quand j'ai rem­por­té le Prix Spé­cial à San Fran­cis­co pour ce film, c'était im­mense. On m'a in­vi­té par­tout, mon té­lé­phone son­nait sans ar­rêt, j'ai eu des offres, mais c'étaient des films, pfff… pas ter­ribles. Non, vrai­ment pas ter­rible. Je ne pour­rais pas vous ci­ter les titres, mais je me sou­viens que c'étaient tou­jours des his­toires avec un per­son­nage noir fi­dèle. Le mec fait de bonnes choses. Son pa­tron est blanc. Lui se com­porte par­fois comme un sa­laud, mais par­fois il est le good guy. Non, fran­che­ment, au­cun in­té­rêt. J'ai dit : « Non, non, non » , et par­fois : « Non, al­lez vous faire foutre. » Hol­ly­wood se sen­tait obli­gé de me pro­po­ser du bou­lot après mon prix ga­gné à San Fran­cis­co, mais je crois qu'ils ne sa­vaient pas du tout com­ment me faire bos­ser. Ils vou­laient juste prou­ver au monde ex­té­rieur qu'ils n'étaient pas ra­cistes et tout le tin­touin…

Est- ce que ce n'était pas pro­blé­ma­tique pour Hol­ly­wood de voir un Noir to­ta­le­ment pa­tron, que vous ayez tous les pou­voirs sur un film ?

La cou­leur de peau n'a rien à voir avec ce­la. C'est juste bi­zarre pour Hol­ly­wood de don­ner le pou­voir à quel­qu'un qui n'est pas dans le sys­tème ! Vous sa­vez com­ment Hol­ly­wood m'a dé­cou­vert ? C'était quand j'ai tour­né en France ce pe­tit film : La Per­mis­sion. Il y a eu de

“Je me sou­viens un jour être al­lé dans une pis­cine pour of­fi­ciers. Les gars étaient tel­le­ment fu­ri­bards de me voir qu'ils ont fer­mé la pis­cine ! Mais bon, les choses ont chan­gé…”

bonnes cri­tiques donc les gens des stu­dios ont vou­lu me ren­con­trer. Ils pen­saient : « Mais qui est ce réa­li­sa­teur fran­çais qui a tour­né ce film ? In­vi­tons-le ! Ren­con­trons-le ! » Et quand je dé­barque, c'est la sur­prise pour eux. Ils réa­lisent que le réa­li­sa­teur fran­çais était en fait un Noir amé­ri­cain ! Ils m'ont de­man­dé pour­quoi je ne vi­vais pas ici, aux États-Unis, puis m'ont pro­po­sé de ve­nir tour­ner mon pro­chain film, Wa­ter­me­lon Man, sur un Blanc qui de­vient noir. Ok, mais pour­quoi l'in­verse n'était pas pos­sible ? À la fin, ils vou­laient que le Blanc de­ve­nu noir re­de­vienne blanc. J'ai ré­tor­qué : « Non, non, non. » Comme je suis un vé­ri­table con, je me suis ba­gar­ré. Quand ils m'ont de­man­dé à voir la fin du film pour vé­ri­fier que j'avais bien ap­pli­qué leurs re­com­man­da­tions, j'ai pris l'air éton­né et j'ai juste men­ti : « Oh merde, ex­cu­sez-moi, j'ai ou­blié de la tour­ner ! » Donc à la fin, le Noir reste noir. (rires) Sur le tour­nage il n'y avait que deux Noirs : moi et un mec du net­toyage. Quand les pa­trons sont ve­nus re­gar­der le film, le gars a dé­bar­qué en criant : « Waouh ! C'est gé­nial ! J'adore ! C'est le meilleur film que j'aie ja­mais vu ! » Les pro­duc­teurs se sont tour­nés vers moi et ont dé­cla­ré : « Tu tiens là un car­ton. » Quand ils sont par­tis, j'ai fi­lé 10 $ au mec du net­toyage. À cette époque, ça va­lait beau­coup. (rires)

Après ce film, avez- vous pro­po­sé Sweet Sweet­back's Baa­dasssss Song à des pro­duc­teurs ?

La vé­ri­té, c'est que je l'ai pro­po­sé à des tonnes de per­sonnes ! Dans l'in­dus­trie, on sen­tait bien que les choses com­men­çaient à un peu bou­ger : les gens des stu­dios se met­taient à em­bau­cher des per­sonnes de cou­leur. Mais dans tous les films, les Noirs avaient un pa­tron blanc. Quand j'ai pro­po­sé Sweet Sweet­back, c'était vrai­ment nou­veau, qua­si im­pos­sible. On m'a blo­qué à Hol­ly­wood donc j'ai pen­sé : « Ok, je baise le sys­tème. Ce film je vais le faire seul ! » J'ai em­prun­té de l'ar­gent pour la post­pro­duc­tion. J'ai de- man­dé à Bill (Cos­by, ndlr) s'il pou­vait m'ai­der en me prê­tant un peu de thunes. Il a ap­pe­lé son avo­cat puis m'a dit oui. Il était sym­pa, on s'en­ten­dait bien. J'ai réa­li­sé la vi­déo d'un de ses spec­tacles.

Vous al­lez sou­vent au ci­né­ma ?

Pas vrai­ment, non. Je ne pour­rais pas vous dire quel est le der­nier film qui m'ait mar­qué. Je m'ex­cuse mais je ne vois pas des films dans cet ob­jec­tif-là. Moi, je vois des films en pen­sant que si le film fait ce qu'il faut, je pour­rai em­bras­ser la fille qui m'ac­com­pagne. (Il dé­croche un coup de pied en riant)

Dans les an­nées 1980, vous avez tra­vaillé comme tra­der. Pour­quoi ?

La vé­ri­té, c'est que j'avais un ami qui tra­vaillait à Wall Street. Sa femme était une de mes amies et le deal était que l'on s'oc­cupe de nos en­fants res­pec­tifs. Les siens ont fait car­rière dans le ci­né­ma et les miens ont tra­vaillé à Wall Street. Un jour, avec lui, on a fait un pa­ri et j'ai per­du. Mon pote m'a dit : « J'ai­me­rai que tu viennes bos­ser à Wall Street. » Ok. Le pro­blème, c'est qu'au­cun Noir n'y bos­sait. Dans les clubs, les gens me re­gar­daient : « C'est qui ce type ? » Là-bas, les gars dé­mar­raient à 18-20 ans et mon­taient les éche­lons. J'ai lu un livre sur le bu­si­ness et le mois sui­vant, j'ai réus­si le test.

Et c'était amu­sant de jouer avec beau­coup d'ar­gent, de spé­cu­ler ?

Oui, il faut faire des chiffres. J'ai fait ça pen­dant deux ans, puis j'ai écrit un livre là-des­sus qui a eu du suc­cès. (Il s'in­ter­rompt) Quelle heure est-il ? On de­vait m'ap­pe­ler. (Il at­trape la té­lé­com­mande, nous lui in­di­quons que ce n'est pas le té­lé­phone) Ah ! (rires)

Fi­na­le­ment, vous avez écrit, réa­li­sé, joué, fait des ex­po­si­tions, chan­té… Y a- t- il en­core un do­maine que vous sou­hai­tez ex­plo­rer ?

Pour l'ins­tant, j'ai as­sez de choses, je suis bien. Je ne me suis ja­mais dit en me lan­çant dans un do­maine : « Je vais le faire. » Je pour­rais vivre sans rien foutre, vous sa­vez. Je n'ai pas de né­ces­si­tés. Les choses tombent sur moi, c'est tout. C'est ma vie. Mais at­ten­tion, hein, je ne dis pas oui à toutes les pro­po­si­tions qu'on me fait. Il y a des pro­po­si­tions pour les­quelles on crie : « For­mi­dable ! » et d'autres où on ré­pond juste : « Ta gueule ! »

Pro­pos re­cueillis par JVC et CD.

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