Pe­cker

So Film - - ~ Cahier Critique~ -

Un fi lm de John Wa­ters, avec Ed­ward Fur­long, Cris­ti­na Ricci, Li­li Tay­lor, Mar­tha Plimp­ton…

po­rain à New York, ce qui ne manque pas de cham­bou­ler la vie de ceux dont il a ti­ré le por­trait, avant de pro­vo­quer la ren­contre im­pro­bable et tor­ride entre ces deux mondes qui, a prio­ri, n'avaient rien à par­ta­ger (si ce n'est du dé­goût mâ­ti­né d'une vague cu­rio­si­té). À ce pro­pos, Wa­ters dé­cla­rait avec son sens in­né du rap­pro­che­ment : « Titanic a le même mes­sage : les gens aiment cou­cher avec ceux qui ne sont pas de la même classe qu'eux. Tous ceux qui viennent à Bal­ti­more font l'amour ! Per­sonne ne baise à New York. Ils sont trop co­ol pour ça. »

La fin de l'iro­nie En un sens, Pe­cker forme, avec Ce­cil B. De­men­ted, sor­ti un an plus tard (l'his­toire d'une grande ac­trice en­le­vée par un ci­néaste un­der­ground, qui ac­cep­te­ra de jouer dans ses films et d'em­bras­ser sa cause), le dip­tyque par­fait cris­tal­li­sant le rap­port am­bi­gu de Wa­ters au suc­cès et à la culture « mains­tream ». Comme son jeune héros, Wa­ters a fait des pho­tos, de « l'art », et ren­con­tré un cer­tain suc­cès, mais n'a ja­mais lais­sé tom­ber Bal­ti­more et en­core moins sa troupe de freaks. Sauf qu'il ne par­ta­geait pas la naï­ve­té et l'igno­rance de son jeune héros : il li­sait Va­rie­ty à 12 ans, il a ap­pris très tôt à se vendre et com­pris qu'on n'at­tire pas l'at­ten­tion sans un cer­tain sens de la for­mule et de la pro­vo­ca­tion.

Mais re­voir Pe­cker au­jourd'hui, c'est se rap­pe­ler qu'à l'époque, l'ami John com­bat­tait la « ty­ran­nie du bon goût » sans se dé­par­tir ni d'un at­ta­che­ment sin­cère pour tous ses per­son­nages ni de son sens

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