Au­drey Hep­burn William Hol­den

So Film - - Faut-il Tourner Avec Son Ex ? - Par Ma­rous­sia Du­breuil

Des ci­néastes et des ac­teurs s'aiment, tournent des films en­semble, se quittent, et conti­nuent par­fois de tour­ner des films en­semble. Parce que c'est tout ce qui leur reste ? Parce que c'est un pré­texte à la re­con­quête ? Parce que c'est un moyen de se ven­ger ? Ce­la dé­pend. Ce mois- ci, cas d'école avec Au­drey Hep­burn et William Hol­den. sur le tour­nage de Sa­bri­na de Billy Wil­der à Long Is­land, une ba­garre éclate entre deux al­coo­liques, le che­vron­né Hum­phrey Bo­gart et le no­vice William Hol­den. La rai­son tient dans une jeune femme de 24 ans. Bo­gart veut rem­pla­cer Au­drey Hep­burn par sa femme, Lau­ren Ba­call, et Hol­den prend sa dé­fense. Tan­dis que les ma­quilleuses font des heures sup­plé­men­taires pour mas­quer les cernes, la cou­pe­rose et les bleus des deux ac­teurs, Au­drey Hep­burn reste tran­quille, char­mée par son par­te­naire de onze ans son aî­né qui s'est im­pro­vi­sé garde du corps. Le coup de foudre a eu lieu un peu avant le tour­nage, dans le pe­tit res­tau­rant ja­po­nais Ya­ma­shi­ro, sur les hau­teurs de Los An­geles. Pour ac­cueillir la star de Va­cances ro­maines, William Hol­den glis­sa des billets dans la main du maître d'hô­tel, qui ins­tal­la des bou­gies sur une table iso­lée dans un coin du jar­din in­té­rieur, puis il l'at­ten­dit en bu­vant un Minh-Tang cor­sé au whis­ky et au gin avec jus de ci­tron, jaune d'oeuf et sucre en poudre. Lors­qu'elle ar­ri­va, il se le­va en par­fait gent­le­man et s'em­pres­sa de ti­rer sa chaise pour l'ai­der à s'as­seoir. Très vite, la jeune femme en cor­saire rose pâle cin­tré à la taille et pull mou­lant l'im­pres­sion­na en bri­sant l'image de l'in­gé­nue. « Sa­bri­na est une pe­tite ar­ri­viste ru­sée qui veut pas­ser du siège avant de la li­mou­sine à ce­lui de der­rière, dit-elle en si­ro­tant un jus de fruit. À mes yeux, c'est une Cen­drillon mo­derne. Et per­verse : ce n'est pas le Prince char­mant qui la dé­couvre mais c'est elle qui met le grap­pin sur lui, le sé­duit, l'at­tire dans ses fi­lets. » Trois heures plus tard, elle dé­po­sait un bai­ser sur la joue de Hol­den. Il re­fer­ma la porte de la Ch­rys­ler bleue et la re­gar­da s'éloi­gner sur North Sy­ca­more Ave­nue avant de re­prendre sa Ca­dillac. Sur le tour­nage, Hep­burn en­fourche la pe­tite bi­cy­clette verte of­ferte par Billy Wil­der pour re­trou­ver Hol­den dans sa loge. « Ils étaient face à face, à trente cen­ti­mètres de dis­tance, les yeux dans les yeux, se sou­vient Er­nie Leh­man, le cos­cé­na­riste du film, qui était en­tré sans frap­per dans la loge des nou­veaux amants. Il se pas­sait entre eux quelque chose de très spé­cial. » Le soir, Au­drey Hep­burn quitte son hô­tel du 3435 Wil­shire Bou­le­vard pour un deux pièces meu­blé au nu­mé­ro 10 368 de la même rue près de son amou­reux. Stra­ta­gème qui per­met aux amants de ne pas en­freindre la clause mo­rale de leurs contrats sur la vie pri­vée des ac­teurs, d'au­tant plus que William Hol­den, ma­rié à l'ac­trice Bren­da Mar­shall, est père de famille. Mais quand Au­drey Hep­burn lui confie son dé­sir d'en­fant, l'his­toire prend fin. Sa

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