Si vous deviez... In­car­ner la femme de Raël, par Laure Ca­la­my

A l’af­fiche ce mois-ci en baba raë­lienne dans Bon­heur Aca­dé­mie et en mère an­gois­sée dans Ava, Laure Ca­la­my se ver­rait sur­tout bien prendre les rênes de la secte du bar­bu qui a ren­con­tré les ex­tra-ter­restres, fa­çon La­dy Mac­beth à plumes.

So Film - - SOMMAIRE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR RA­PHAËL CLAIREFOND ILLUS­TRA­TION : FREAK CI­TY A L'AF­FICHE : LAURE CA­LA­MY DANS BON­HEUR ACA­DÉ­MIE D'ALAIN DEL­LA NEGRA ET KAORI KINOSHITA, EN SALLES LE 28 JUIN.

Je me suis dit que je me ver­rais bien de­ve­nir dic­ta­trice à la place de Raël, en ef­fet. Parce que j'en ai ras-le­cul de lui avec ses anges, là... Moi, comme je suis la femme de Raël, évi­dem­ment, les autres hommes n'osent pas me tou­cher : je suis au ré­fri­gé­ra­teur, j'en peux plus ! Il faut sa­voir que leur sys­tème est d'une mi­so­gy­nie... Comme Raël est le seul re­pré­sen­tant à qui les Hé­loïmes ont par­lé, il fau­drait qu'il ait les plus belles femmes. Et il leur dé­cerne des plumes. Donc plus tu as de plumes... plus Raël va te dé­plu­mer avec un bon coup dans la chatte. Après tu peux dire non, bien sûr, mais bon. Moi, quand je suis ar­ri­vée pour le tour­nage, j'ai pas fait gaffe, j'avais un col­lier avec des toutes pe­tites plumes et une femme m'a re­gar­dée genre : « Elle, c’est une meuf ul­tra-plu­mée, quoi ! » Après, j'ai fait ex­près, j'avais une es­pèce de djel­la­ba avec plein de plumes des­sus.

S’en battre la vulve

Je m'ima­gine donc que pour eux, je suis la femme de Dieu, et bai­ser la femme de Dieu, c'est im­pos­sible. Donc elle se fait chier. Pe­tit à pe­tit, j'in­vente un autre ordre. Si c'est les plumes pour les filles, ce se­rait des as­perges pour les mecs. Je crée­rais mon ordre à moi. Et je sais que Raël avait com­men­cé une sorte de ma­quette pour par­tir dans l'es­pace, j'ima­gine que je pour­rais m'ins­tal­ler dans un bout de cette ma­quette qui a été com­men­cée, puis aban­don­née. Une es­pèce de faux dé­cor fu­tu­riste, un peu comme dans Woo­dy et les ro­bots. D'un coup, on perd la no­tion du temps, on est beau­coup plus mal­léable et ma­ni­pu­lable. Ce se­rait comme une gar­çon­nière où j'ac­cueille­rais mes as­perges. Je com­men­ce­rais pe­tit à pe­tit à prendre le pou­voir. Et Raël se­rait ul­tra-ja­loux, con­trai­re­ment à ce qu'il veut bien lais­ser en­tendre. Il ne sup­por­te­rait pas ce qui se passe. Pe­tit à pe­tit, les hommes se­raient de plus en plus à vou­loir m'éri­ger en reine. Et les femmes aus­si. Raël a 70 ans, donc il com­mence à dé­pé­rir... Je fe­rais croire qu'il a une ma­la­die et que de toute fa­çon il va fal­loir le rem­pla­cer, etc. En­suite, ils chantent va­che­ment de chan­sons, alors j'avais un air de Maxime Le Fo­res­tier en tête, je pour­rais bro­der une es­pèce d'hymne avec des pa­roles des­sus sur le ton de « Je m’en bats la vuuulve » . Peut-être qu'une par­tie des hommes fi­ni­rait par se ré­vol­ter au mo­ment où il com­mence à y avoir une com­pli­ci­té dans le cul entre les femmes. On se di­rait d'ailleurs tout ce qui va pas pour bai­ser, ce se­rait autre chose, un autre rythme, d'autres fan­tasmes. Il n'y au­rait plus au­cun ta­bou de rien, les nour­ris­sons as­sis­te­raient à tout... Comme une bande d'ani­maux qui se­raient là... Pen­dant qu'il y en a un qui tête, on pour­rait de­man­der : « Tiens, viens me mettre ton as­perge ! » . Les en­fants se­raient édu­qués par tout le monde. Ce qui se­rait drôle aus­si, ce se­rait de voir ce que fe­raient les mecs pour nous plaire : quelle pa­rade ? Mais pas for­cé­ment dans la force. Qu'est-ce qu'ils di­raient ? On les ver­rait aus­si ne pas oser être eux-mêmes, il y au­rait de la ti­mi­di­té. C'est là que je ré­vé­le­rai que les Hé­loïmes ont un sexe : mas­cu­lin. Et en fait, rien ne se pas­sait jus­qu'à pré­sent, parce qu'on s'était tout sim­ple­ment trom­pé de sexe sur les Hé­loïmes ! Les anges ne sont pas ceux qu'on croit... Pour jouer Raël, je ver­rais bien Franck Du­bosc, tiens et Sexy Su­chi à la B.O. En­fin, l'évi­dence se­rait de faire réa­li­ser le film par Riad Sat­touf, mais peut-être qu'il fau­drait au contraire trou­ver quel­qu'un de plus éton­nant... Last but not least, l'af­fiche : j'au­rais une as­perge entre les dents, en sou­riant. •

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