Re­wind. L'ac­tu comme vous au­riez sou­hai­té ne ja­mais la lire.

So Film - - SOMMAIRE - PAR BRICE BOSSAVIE ET VINCENT RUEL­LAN

Lun­di 1er mai

La tombe de l'ac­trice Ro­my Sch­nei­der, dans le ci­me­tière de Bois­sy-sans-Avoir dans les Yve­lines, est pro­fa­née. Non ?!! Sis­si, mal­heu­reu­se­ment.

Mar­di 2 mai

Val Kil­mer confirme souf­frir d'un can­cer après avoir dé­men­ti l'an­nonce de sa ma­la­die par Mi­chael Dou­glas. « Mi­chael es­sayait cer­tai­ne­ment de m’ai­der, parce que la presse in­sis­tait pour sa­voir par où j’étais pas­sé. Oui, j’avais un can­cer qui était en cours de gué­ri­son, mais ma langue est tou­jours gon­flée, même si elle est en train de gué­rir. Et comme je n’ai plus la même voix que d’ha­bi­tude, les gens pensent que je suis en phase ter­mi­nale… » Autre ago­nie, celle de Bri­gitte Bar­dot. « J’in­vite ceux qui aiment et res­pectent les ani­maux à ne pas vo­ter Ma­cron ! Le mé­pris qu’il af­fiche de­vant la souf­france ani­male ré­sume son manque to­tal d’em­pa­thie que prouve la froi­deur de son re­gard bleu acier. » Mor­gan Freeman ré­vèle le pire film qu'il ait fait… qui n'est autre que Le Bû­cher des va­ni­tés de Brian De Pal­ma. « Je jouais le rôle d’un juge qui se lan­çait à la fin dans un dis­cours sur la jus­tice et la dé­cence, et je di­sais “la dé­cence, c'est quelque chose que votre grand-mère vous a ap­pris.” C’était... ri­di­cule. » Pas faux. Au même mo­ment, une en­tre­prise lance Or­gasms of The Ga­laxy, une série de sex­toys ins­pi­rée des per­son­nages du film Gar­diens de la Ga­laxie. Un an au­pa­ra­vant, la même boîte sor­tait des sex­toys ins­pi­rés de Aven­gers in­ti­tu­lés... Anal Ran­gers. On vous laisse ap­pré­cier…

Mer­cre­di 3 mai

Joel et Ro­bert Man­del, ex-ma­na­gers de John­ny Depp, qua­li­fient l'ac­teur de « men­teur chro­nique qui nie la res­pon­sa­bi­li­té de sa propre conduite scan­da­leuse » et af­firment qu'il est « in­ca­pable de contrô­ler ses pul­sions. A pos­te­rio­ri, il sem­ble­rait qu’il souffre d’un trouble d’achat com­pul­sif. » Pour plu­sieurs mil­liers de dol­lars, l'ac­teur au­rait ain­si te­nu à s'of­frir les services d'un in­gé­nieur du son char­gé de lui dic­ter ses ré­pliques, « afin qu’il n’ait plus à mé­mo­ri­ser ses dia­logues. » Autre mé­gas­tar en souf­france, Brad Pitt qui dé­marre une thé­ra­pie et en ar­rête de boire : « Je bu­vais vrai­ment trop. Je suis de nou­veau maître de mes sen­ti­ments, je ne vou­lais plus vivre comme ça. » Dure la crise de la cin­quan­taine à Hol­ly­wood…

Jeu­di 4 mai

Dé­cès de Vic­tor La­noux à 80 ans. RIP Louis la Brocante. Mais comme On ira tous au pa­ra­dis…

Ven­dre­di 5 mai

Alain De­lon an­nonce sa fin de car­rière : « Ce se­ra mon tout der­nier film car, comme un boxeur qui ne veut pas faire le com­bat de trop, je sou­haite ne pas faire le film de trop. Je re­grette les Vis­con­ti, Melville et Re­né Clé­ment, qui fut le plus mer­veilleux di­rec­teur d’ac­teurs que j’ai croi­sé. Ces trois-là m’ont mar­qué.

Ils avaient du gé­nie, un vé­ri­table amour du cinéma, une ca­pa­ci­té à di­ri­ger ac­teurs et ac­trices et si je m’em­merde au­jourd’hui, c’est parce qu’il n’en existe plus, des réa­li­sa­teurs comme ceux-là. » Alain de loin.

Di­manche 7 mai

La France a un nou­veau pré­sident et il s'ap­pelle Em­ma­nuel Ma­cron. A Hol­ly­wood, tous se ré­jouissent de la nou­velle sur les ré­seaux so­ciaux dans une ava­lanche d'emo­jis coeurs et de pe­tits dra­peaux bleu blanc rouge en 140 ca­rac­tères. Tous sauf Alys­sa Mi­la­no, vi­si­ble­ment très re­mon­tée contre les Ma­cronLeaks : « Al­lez vous faire foutre, Wi­kiLeaks #Vi­veLaF­rance. » Un­fol­low Ju­lian Assange.

Mar­di 9 mai

Mi­mie Ma­thy, 1,32m, ex­plique sa par­ti­cu­la­ri­té. « Ce qui est dif­fé­rent dans l’achon­dro­pla­sie, c’est juste les membres, parce que le torse est com­plè­te­ment nor­mal. Je suis grande as­sise, c’est pa­ra­doxal. C’est juste les bras et les jambes qui sont un peu zar­bis. Je me vois comme je suis mais je ne veux pas me voir au mi­lieu de plein de gens comme moi. Une fa­mille de Schtroumpfs, je n’au­rais pas pu ! Une, ça va. Mais deux, bon­jour les dé­gâts. » Mi­ni Ma­thy.

Mer­cre­di 10 mai

La Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des ci­né­mas fran­çais dé­plore que les deux films Net­flix en com­pé­ti­tion à Cannes ne sortent pas au cinéma. Faute d'ac­cord, le rè­gle­ment est mo­di­fié pour 2018. « Do­ré­na­vant, tout film qui sou­hai­te­ra concou­rir en com­pé­ti­tion à Cannes de­vra préa­la­ble­ment s’en­ga­ger à être dis­tri­bué dans les salles fran­çaises » Mais les deux films res­tent dans la com­pé­ti­tion. Net­flix 1 - Cannes 0.

Jeu­di 11 mai

Idio­cra­tie, suite. Dwayne John­son, aka The Rock en­vi­sage de dé­po­ser sa can­di­da­ture pour la pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine… « Je pense que c’est tout à fait pos­sible. De­puis un an, on m’en parle de plus en plus. Les gens ont été ré­cep­tifs à cette idée et ça m’a pous­sé à m’in­ter­ro­ger plus sé­rieu­se­ment sur cette ques­tion. » Mais l'homme prend en­core ses dis­tances : « Pour l’ins­tant, je ne veux pas m’en­ga­ger of­fi­ciel­le­ment au­près d’un par­ti. Je garde mes idées pour moi, pour quand je m’en­traîne à 4 heures du ma­tin à la salle de sport. » Ce qui se passe à la salle de sport, reste à la salle de sport.

Lun­di 15 mai

Mo­ni­ca Bel­luc­ci se veut lu­cide : « Je vois que j’ai des rides, au­tour des yeux, par­tout. Il y a dix ans, je ne les avais pas. Pour­tant, je re­garde ça avec com­pas­sion. Je ne me dis pas “Oh mon Dieu, c'est mons­trueux”. Pour l’ins­tant, j’ar­rive à faire avec. La chi­rur­gie plas­tique est là. Si ça nous rend heu­reux, pour­quoi ne pas le faire ? » La gué­guerre conti­nue : Ted Sa­ran­dos, di­rec­teur des conte­nus chez Net­flix, in­vite le Fes­ti­val de Cannes à re­voir ses règles à l'ave­nir : « Les spec­ta­teurs changent, du coup la dis­tri­bu­tion change, du coup les fes­ti­vals vont vrai­sem­bla­ble­ment chan­ger. » Au même mo­ment, le ma­ga­zine Va­rie­ty in­ter­roge le réa­li­sa­teur BongJoon-ho sur la po­lé­mique. Qui ré­pond alors : « Je suis sûr que les membres du CNC ont Net­flix chez eux. » Net­flix 2 - Cannes 0.

Mar­di 16 mai

Clau­dia Car­di­nale confie que son fils est né d'un viol. « C’est cette épreuve de la vie qui m’a pous­sée à ga­gner ma vie et à être in­dé­pen­dante. C’est pour lui que je l’ai fait. J’étais très jeune, fa­rouche, pu­dique, presque sau­vage. Et sans la moindre en­vie de m’ex­hi­ber sur des pla­teaux de cinéma. » Bien loin de la po­lé­mique Net­flix.

Mer­cre­di 17 mai

Pe­dro Al­modó­var a tran­ché.

« Je pense que la Palme d’or ne de­vrait pas être don­née à un film qui ne sor­ti­ra pas au cinéma. Ce­la ne veut pas dire que je ne suis pas ou­vert ou que je ne vais pas cé­lé­brer les nou­velles tech­no­lo­gies, mais, tant que je se­rai en vie, je me bat­trai pour la ca­pa­ci­té hyp­no­tique du cinéma sur le spec­ta­teur. Ce qui est dé­ter­mi­nant lors­qu’on voit un film pour la pre­mière fois, c’est la taille de l’écran : la taille ne de­vrait pas être plus pe­tite que la chaise sur la­quelle vous êtes as­sis. » Un avis que ne par­tage pas Will Smith, lui qui consomme les deux, l'un n'em­pê­chant pas l'autre. Il es­time même que Net­flix leur per­met d'avoir ac­cès à des films « qu’ils n’au­raient pas pu voir au­tre­ment » . Agnès Jaoui re­joint Will Smith : « On ne peut pas faire comme si la tech­no­lo­gie n’avan­çait pas. » Net­flix, jus­te­ment, an­nonce avoir ache­té les droits d'un bio­pic sur Bubbles, le singe do­mes­tique de Mi­chael Jack­son. On vous laisse le pitch : « Un bé­bé chim­pan­zé est adop­té par la pop star Mi­chael Jack­son. Ra­con­tant sa propre his­toire, Bubbles le Chim­pan­zé dé­taille sa vie dans le cercle fer­mé de Mi­chael Jack­son à tra­vers les scan­dales qui ont se­coué la vie de Jack­son et ont éven­tuel­le­ment me­né au dé­part de Bubbles dans un sanc­tuaire pour singes. » Ob­jec­tif Cannes 2018 ?

Jeu­di 18 mai

Jen­ni­fer La­wrence est dé­ci­dé­ment pleine de sur­prises : après qu'une vi­déo d'elle, com­plè­te­ment bour­rée, en train d'es­sayer de faire du pole dance en soi­rée sorte sur le web, la jeune femme prend le temps de s'ex­pli­quer sur un long sta­tut Fa­ce­book. « C’était l’an­ni­ver­saire d’un de mes meilleurs amis et j’ai lais­sé tom­ber ma pa­ra­noïa du­rant une se­conde pour m’amu­ser. Je n’ai au­cun re­gret, je me suis écla­tée ce soir-là. » Avant d'ajou­ter : « Per­sonne n’a en­vie qu’in­ter­net lui rap­pelle qu’il a es­sayé de dan­ser sur une barre de pole dance. » J-Law pro­file.

Ven­dre­di 19 mai

A Cannes, on pro­jette (en­fin on es­saie...) le film de Bong Joon-Ho pro­duit par Net­flix. Ok­ja est ac­cueilli par des sif­flets lorsque le lo­go Net­flix ap­pa­raît, est dif­fu­sé dans un mau­vais for­mat, et est même in­ter­rom­pu au bout de dix mi­nutes avant d'être re­lan­cé. Sur la Croi­sette, on parle de sa­bo­tage, sou­rire aux lèvres. Net­flix 2 - Cannes 1. Au même mo­ment, la presse amé­ri­caine tombe d'amour pour Won­der Wo­man, puisque cer­tains en parlent même comme le « meilleur film DC de­puis The Dark Knight » . En même temps, vu la concur­rence…

Sa­me­di 20 mai

« J’ai­me­rais jouer un homme au cinéma. Pour une ac­trice, c’est le stade ul­time du jeu » , Isa­belle Hup­pert veut dé­fi­ni­ti­ve­ment tuer le game. Pa­reil pour Jesse Ei­sen­berg qui va in­ter­pré­ter le mime Mar­ceau dans Re­sis­tance. Si­non, les mou­choirs sont de sor­tie au fes­ti­val : pour sa pre­mière pro­jec­tion, 120 bat­te­ments par mi­nute re­çoit son lot d'éloges et d'en­thou­siasme de la part de la cri­tique. Le cinéma n'a pas dit son der­nier mot.

Di­manche 21 mai

Vincent Lin­don re­fuse de se faire filmer par Eu­rope 1 lors d'une in­ter­view. « Le prin­cipe de la ra­dio, c’est le fan­tasme d’en­tendre quel­qu’un et se de­man­der “Où il est, comment il est ha­billé, qu'est-ce qui se passe dans la ra­dio ?” À par­tir du mo­ment où c’est fil­mé, ce n’est plus de la ra­dio, c’est de la té­lé­vi­sion. Or la dé­con­trac­tion de la ra­dio, ce qui est gé­nial, c’est qu’on n’a qu’à se concen­trer sur ce qu’on dit, sur la voix, on peut ri­go­ler, y a quelque chose qui se passe dans le stu­dio. » Ce qui évite aus­si de voir les tics. Ar­nold Sch­war­ze­neg­ger se trans­forme en Yann Ar­thus Ber­trand sur la Croi­sette, puis­qu'il s'af­fiche en com­pa­gnie de Jean-Mi­chel Cous­teau pour faire la pro­mo du do­cu­men­taire Won­ders of the Sea 3D qu'il a co­pro­duit. « J’ai lan­cé au­tre­fois la mode du cultu­risme. J’ai­me­rais que l’on me suive au­tant sur l’éco­lo­gie. » Sch­war­zy 2022. Dans une confé­rence, Char­lie Broo­ker dé­clare qu'il a une idée pour un épi­sode de sa série Black Mir­ror cen­tré sur Do­nald Trump. On tremble dé­jà. Clint East­wood pour­fend le « po­li­ti­que­ment cor­rect » . Mon pre­mier film, Dir­ty Har­ry, était consi­dé­ré comme po­li­ti­que­ment in­cor­rect et c’était le dé­but d’une ère où on cor­ri­geait ça en po­li­ti­que­ment cor­rect. Nous nous sommes sui­ci­dés en fai­sant ça, nous avons per­du notre sens de l’hu­mour. »

Lun­di 22 mai

Adam Sand­ler est in­ter­ro­gé à son tour sur la po­lé­mique Net­flix qui com­mence à saou­ler tout le monde : « Comme je suis is­su de la té­lé­vi­sion, je ne fais pas vrai­ment la dif­fé­rence entre cinéma et té­lé­vi­sion. La seule chose qui change, c’est la taille de mon nez sur grand écran : il est plus gros. » Dé­ci­dé­ment pour tout le monde, c'est la taille qui compte.

Mar­di 23 mai

Rus­sel Crowe ex­plique son re­fus d'in­ter­pré­ter Wol­ve­rine. « Bryan Sin­ger était un ami à l’époque et il a vrai­ment fait pres­sion mais je ne sais pas si vous vous en sou­ve­nez, dans Gla­dia­tor, Maxi­mus a un loup au centre de sa cui­rasse, et il a aus­si un loup comme com­pa­gnon. Je pen­sais que ça pren­drait une plus grande place dans le film. Donc j’ai dit non parce que je ne vou­lais pas de­ve­nir “Wol­fy”, être ca­ta­lo­gué comme “Mon­sieur Loup”. » Que des plans qui ont été cou­pés au fi­nal. Monde de merde : Ro­ger Moore dé­cède à 89 ans des suites d'un can­cer. Un vrai mo­nu­ment de la culture an­glaise, puis­qu'il au­ra in­ter­pré­té James Bond du­rantv­douze ans et don­né la ré­plique aux Spice Girls dans Spice World.

Mer­cre­di 24 mai

Co­lin Firth, op­po­sé au Brexit, de­mande la na­tio­na­li­té ita­lienne. En­core un que la bouffe an­glaise a fait fuir… Nour­ri­ture tou­jours, avec Kirs­ten Dunst qui ré­vèle avoir re­fu­sé de perdre du poids pour le film de So­fia Cop­po­la, Les Proies. « C’est dif­fi­cile pour moi, à 35 ans, de mai­grir, alors que je dé­teste le sport, et que j’aime man­ger. On tour­nait à la cam­pagne et avant d’al­ler tra­vailler, je man­geais du pou­let frit ou un McDo. Je lui di­sais : “Je ne peux pas perdre de poids pour ce rôle !” » On est tous un peu Kirs­ten.

Jeu­di 25 mai

Pour la pre­mière fois de son his­toire, Net­flix ar­rête une série au bout d'une sai­son : sur sa page Fa­ce­book, Baz Luhr­mann dé­clare que The Get Down lui prend trop de temps et qu'il sou­haite re­tour­ner faire des films. En­core un sale coup du Fes­ti­val de Cannes ? Net­flix 2 - Cannes 2. Pen­dant ce temps, on an­nonce qu'Al­modó­var fe­rait le che­min in­verse et au­rait si­gné un deal avec Net­flix pour faire une série. Une in­fo ra­pi­de­ment dé­men­tie. Mais qui ne manque pas de sel pour au­tant, à quelques jours du pal­ma­rès. •

« Je pense que la Palme d'or ne de­vrait pas être don­née à un film qui ne sor­ti­ra pas au cinéma. » Pe­dro Al­mo­do­var, pré­sident du ju­ry can­nois

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