Les Bonnes feuilles du Ci­né­ma­boule,

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Ce ne se­rait pas très fu­te­fute de se pas­ser de L’An­nuel du cinéma 2017 (éd. Fiches du cinéma) puisque des ou­tils du même ton­neau, il n'en existe pas d'autre, mille bom­bardes ! Pour chaque film sor­ti en France (soit 682 ce coup-ci), c'est la to­tale : ré­su­mé, gé­né­rique, com­men­taire (sou­vent bien­veillant), pho­to, nombre d'en­trées en salles. À quoi s'ajoutent un ré­per­toire thé­ma­tique, des in­dex, des pal­ma­rès, des bi­lans, le box-of­fice, une éphé­mé­ride, une né­cro… Tout est là hor­mis, et c'est fort dom­mage, les der­niers Mo­cky pro­je­tés dans sa salle Le Des­pe­ra­do du Quar­tier la­tin dont on ne dé­gotte pas non plus un bout de nez dans les no­tices cri­tiques des Ca­hiers et de Po­si­tif.

Autre livre-ou­til à tri­po­ter dans tous les sens : la ré­édi­tion aug­men­tée aux Im­pres­sions nou­velles d'un en­semble ju­teux sur La Di­rec­tion d’ac­teur mis sur or­bite par le ci­néaste belge Fré­dé­ric So­j­cher à par­tir des pro­pos qu'il a fait te­nir sur le su­jet à la Sor­bonne entre 2006 et 2016 à une belle pa­lan­quée de cracks de la mise en scène : As­sayas, Bri­zé, Cha­hine, Ché­reau, De­ville, Du­mont, Kla­pisch, Le­louch… Mais le show ne s'ar­rête pas là. Il y a aus­si dans l'ou­vrage une table ronde suc­cu­lente sur les se­conds rôles dans la­quelle s'éclatent sans garde-fous deux co­mé­diens tra­vaillant du ci­tron, Yves Afon­so et Luis Re­go, que vous ado­rez peut-être au­tant que moi.

Les for­çats de la pan­ta­lon­nade

Chic, chic, Na­nar­land n° 2 (éd. An­ka­ma) égale le nu­mé­ro 1 : il s'avère tout aus­si jouis­si­ve­ment ca­la­mi­teux, les films dé­so­lants élus re­flé­tant réel­le­ment le pire du pire de ce qui a va­drouillé sur les écrans du monde en­tier, y com­pris en Inde, en Es­pagne, en Ita­lie, en Chine, au Mexique, au Pa­kis­tan. « Rien ne se jus­ti­fie » et « tout tombe à plat » ef­fec­ti­ve­ment dans des na­ve­tons aus­si re­mar­qua­ble­ment ineptes que – voi­ci mes pe­tits préférés – Mon curé chez les nu­distes (1982) du « for­çat de la pan­ta­lon­nade » Ro­bert Tho­mas dans le­quel un ra­ti­chon bal­lot neu­ras­thé­nique (Paul Pré­boist !), qui rem­plit son église de fi­dèles grâce à ses imi­ta­tions d'ani­maux de l'arche de Noé, est char­gé par le Très-Haut, per­son­ni­fié par un pa­quet de les­sive Saint-Marc, d'évan­gé­li­ser un camp de na­tu­ristes égrillards dont le bar­man noir s'ap­pelle… Ba­na­nia. Ou alors l'In­do­né­sien La Re­vanche de Sam­son de Sis­word Gau­ta­ma Pu­tra in­ter­pré­té par Mis­ter Hé­mi­sphère Sud 1984, un bo­dy­buil­der aus­tra­lien « in­ex­pres­sif au pos­sible » cen­sé ti­rer sa force sur­hu­maine de sa per­ruque mais man­quant de se cas­ser la fi­gure chaque fois qu'il « en­voie un cro­chet un peu vif » à ses mons­trueux en­ne­mis qu'il s'agisse d'un cy­clope ban­cal ou d'un buffle cour­rou­cé en ca­ou­tchouc mousse. Je me dois d'épin­gler en­core la seule et unique réa­li­sa­tion de Guy Lux, Drôles de zèbres (1978), dont un des clous co­miques his­to­riques, c'est quand trois des co­mé­diens du chef-d'oeuvre, Sim, Alice Sa­pritch et Léon Zi­trone, se mettent tout à coup à par­ler avec les voix de Ti­ti et Gros­mi­net. Mais la vie est cruelle, il n'y a pas que des to­cards consa­crés qui se re­trouvent ci­toyens d'hon­neur de Na­nar­land. Ça peut ar­ri­ver éga­le­ment à des fri­gous­seurs de sé­ries B es­ti­mables comme En­zo G. Cas­tel­la­ri, Gor­don Hess­ler, Lui­gi Coz­zi, James Far­go ou même à de grands met­teurs en scène tels que Ro­bert Kra­mer et son ra­pla­pla Die­sel ou Jacques De­my et son ahu­ris­sant Par­king.

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