l'ac­teur

En deux dé­faites aux pré­si­den­tielles et aux lé­gis­la­tives, Hamon est de­ve­nu plus sym­pa­thique que ja­mais. Mais a-t-il pen­sé à son ho­mo­nyme, un jeune ac­teur de théâtre et de ci­né­ma qui n'avait pas tout à fait an­ti­ci­pé la po­pu­la­ri­té gran­dis­sante de l'homme po

So Film - - INTERVIEW - PRO­POS RECUEILLIS PAR RA­PHAËL CLAIREFOND

A par­tir de quel mo­ment tu as réa­li­sé que ça pou­vait être un pro­blème de s’ap­pe­ler Be­noît Hamon ?

J’ai ga­gné un prix au fes­ti­val de Ca­bourg pour le court mé­trage Jeu­nesse des loups­ga­rous de Yann De­lattre et je me sou­viens, quand ils ont an­non­cé « Be­noît Hamon », il y avait tout le gra­tin de­vant la scène, plein de stars, ils ont tous ti­qué. Mais c’est as­sez ré­cem­ment que Be­noît Hamon est vrai­ment connu du grand pu­blic, en fait. En tout cas je le res­sens comme ça parce qu’il y a en­core un an, un coup sur deux on ne me fai­sait pas de re­marque. J’ai pas vu le truc ve­nir, ça a été un tour­billon qui m’a dé­pas­sé. En gros les pri­maires sont tom­bées au mo­ment où je jouais Fey­deau au Théâtre de l’Odéon, for­cé­ment avoir « Be­noît Hamon » sur l’af­fiche, ça fai­sait un peu bi­zarre. A l’époque Do­mi­nique Bes­ne­hard et Ben­ja­min Bio­lay, qui m’a fait tour­ner dans un court mé­trage, m’avaient tous les deux dit : « Tu de­vrais chan­ger de nom. » Mais c’est quelque chose d’as­sez in­time, d’un peu bi­zarre, c’était pas une évi­dence pour moi. Même si j’ai beau­coup ré­flé­chi à la ques­tion cet hi­ver. J’ai pas réus­si à fran­chir le cap, alors pour l’ins­tant je garde « Be­noît Hamon », puis­qu’il n’est pas élu. Après, c’est vrai que j’ai un peu de bou­lot avant de re­pas­ser de­vant lui sur Google Images ! Sur Twit­ter ou Fa­ce­book, j’ai beau­coup de de­mandes et d’ajouts de gens qui sont per­sua­dés qu’il s’agit de l’homme po­li­tique. Je com­prends pas, c’est quand même ma tronche, j’ai 29 ans, a prio­ri on se res­semble pas trop... Et les gens me de­mandent sou­vent si on est de la même fa­mille, mais ça n’ar­rive ja­mais nor­ma­le­ment que les gens aient le même pré­nom et le même nom dans une fa­mille ! Ça fait par­tie du top 3 des ques­tions les plus cons qu’on me pose. Après, dans les vannes, on me parle sou­vent de Pa­trick Chi­rac de Cam­ping, ça per­met de voir les ré­fé­rences... Ou si­non c’est « heu­reu­se­ment que tu t’es pas ap­pe­lé Le Pen ! » ou « bah change de nom, ap­pelle-toi Em­ma­nuel Ma­cron ! » . Si c’est un di­rec­teur de cas­ting un peu im­por­tant, tu es­saies de faire sem­blant de ri­go­ler... Main­te­nant, j’ar­rive à peu près à an­ti­ci­per tout ça.

Même s’il y a des choses qui me plaisent dans son pro­gramme, phy­si­que­ment c’était im­pos­sible que je vote pour lui. Je me voyais vrai­ment pas mettre un bul­le­tin « Be­noît Hamon » dans l’urne. Par contre, c’était la grosse dé­con­nade le jour où je suis ve­nu vo­ter. Bon, ils ont été plu­tôt co­ol, c’étaient pas les pires. Ce qui est éton­nant, c’est qu’il y avait un autre Be­noît Hamon sur la même liste élec­to­rale que moi. Cet hi­ver quand je jouais au théâtre, après la pièce, j’en ai ren­con­tré un autre aus­si. Ça doit être l’ho­mo­nyme le plus ré­pan­du de France, je sais pas... •

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