PA­TRICK LEAHY, SÉ­NA­TEUR « BATMAN »

Si chaque nou­veau film Mar­vel ré­serve une ap­pa­ri­tion fur­tive au scé­na­riste Stan Lee, l'écu­rie DC a aus­si son ama­teur de ca­méos : Pa­trick Leahy, sé­na­teur de l'Etat du Ver­mont et fan ob­ses­sion­nel de Batman, ap­pa­ru dans presque tous les films du su­per-héros

So Film - - SOMMAIRE - PAR ARTHUR CERF ET LU­CAS MINISINI

Por­trait. Si chaque nou­veau film Mar­vel ré­serve une ap­pa­ri­tion fur­tive au scé­na­riste Stan Lee, l'écu­rie DC a aus­si son ama­teur de ca­méos : Pa­trick Leahy, sé­na­teur de l'Etat du Ver­mont et fan ob­ses­sion­nel de Batman, ap­pa­ru dans presque tous les films du su­per-héros de­puis Batman Fo­re­ver. Entre ren­contres se­crètes avec Fi­del Cas­tro, at­taque à l'an­thrax et tête-à-tête avec le Jo­ker, la vie hors du com­mun de ce­lui qui se fe­ra sur­nom­mer le Top Cop n'a pas grand-chose à en­vier à celle de Bruce Wayne.

La scène se dé­roule en 2008. Phi­lip Ba­ruth, re­pré­sen­tant au Sé­nat amé­ri­cain du com­té de Cut­ten­den (Ver­mont), passe ses va­cances avec sa belle-fa­mille sué­doise. « Avec mon beau-frère, nous sommes al­lés à une pre­mière du

Dark Knight dans un mul­ti­plexe lo­cal » , ra­con­tet-il au­jourd'hui, en­core frap­pé par la noir­ceur du film, l'in­ter­pré­ta­tion de Heath Led­ger et sur­tout par sa confron­ta­tion avec une vieille connais­sance du Ver­mont dans une scène-clé du film. Le Jo­ker vient alors d'in­ter­rompre la soi­rée de col­lecte de fonds or­ga­ni­sée par Bruce Wayne et de­mande à voir le pro­cu­reur Har­vey Dent. Dans l'as­sis­tance, un homme lui tient pour­tant tête. « On n'a pas peur des voyous. » Heath Led­ger lui colle un cou­teau à quelques cen­ti­mètres du vi­sage. Contre­champ. Et stu­pé­fac­tion pour Phi­lip Ba­ruth qui re­con­naît im­mé­dia­te­ment le sé­na­teur du Ver­mont, Pa­trick Leahy. A la sor­tie de la séance, Ba­ruth dé­cide de se renseigner sur ce sé­na­teur qu'il croi­sait ré­gu­liè­re­ment au su­per­mar­ché. Des mois d'en­quête dont Phi­lip Ba­ruth a ti­ré un livre Se­na­tor Leahy, A Life in Scenes. Et une évi­dence : « Au vu de sa car­rière po­li­tique, il était lo­gique qu'il af­fronte le Jo­ker dans The Dark Knight. »

Pa­trick Leahy n'en était pas à sa pre­mière in­cur­sion dans l'uni­vers DC : de­puis 1995 et le Batman Fo­re­ver de Joel Schu­ma­cher, le sé­na­teur dé­mo­crate est ap­pa­ru dans cha­cune des aven­tures de Bruce Wayne, a pré­fa­cé plu­sieurs co­mic books et a même prê­té sa voix à un per­son­nage de la sé­rie ani­mée. En­suite parce que, tout au long de sa vie et de sa car­rière po­li­tique, le doyen du Sé­nat amé­ri­cain s'est ins­pi­ré du jus­ti­cier mas­qué. À cette dif­fé­rence près que Leahy était da­van­tage fa­mi­lier des lacs du Ver­mont que de la lu­gubre Go­tham Ci­ty. En ef­fet, c'est dans le pai­sible com­té de Chit­ten­den qu'en 1966, à l'âge de 26 ans seule­ment, le di­plô­mé en droit de­vient pro­cu­reur. Tout sauf un ha­sard. « Dans sa tête, ado­rer Batman et être élu ma­gis­trat ne forment qu'une seule et unique ma­nière de voir le monde : il faut se battre pour la jus­tice » , syn­thé­tise Phi­lip Ba­ruth. Un prin­cipe mo­ral im­pé­ra­tif et in­dé­bou­lon­nable. Lar­ge­ment em­preint du mode de pen­sée de Bruce Wayne. Au mo­ment de se lan­cer en po­li­tique en 1974, Leahy au­rait d'ailleurs lui aus­si ten­té de créer un mythe. Une fi­gure à la hau­teur de son mo­dèle de fic­tion ré­su­mée par un sur­nom : ce­lui du Top Cop. « Pa­trick Leahy a réus­si à fu­sion­ner deux mondes, ce­lui des co­mic books et ce­lui des hauts fonc­tion­naires. Ils se sont en­tre­cho­qués et Leahy a em­prun­té des élé­ments du mythe de Batman pour les in­té­grer dans son image pu­blique. » Quand dé­marre la cam­pagne sé­na­to­riale de 1974, le pro­cu­reur Pa­trick Leahy cherche à ap­pa­raître comme le « mi­li­tant de l'ordre et de la sé­cu­ri­té pu­blique ». Ce­lui qui fait res­pec­ter la loi. Pour af­fir­mer cette image, les équipes de Leahy vont char­ger la jeune réa­li­sa­trice Do­ro­thy Tod de réa­li­ser un court mé­trage de trente mi­nutes sur la vie du jeune dé­mo­crate alors que ce­lui-ci se lance dans un pa­ri fou : ra­vir le poste de sé­na­teur du Ver­mont dé­te­nu de­puis un siècle par les Ré­pu­bli­cains. « L'époque était dé­mo­ra­li­sante et lar­ge­ment mar­quée par le scan­dale du Wa­ter­gate » , re­si­tue Do­ro­thy Tod. Dans ce cli­mat mo­rose, elle fait la connais­sance de Pa­trick Leahy. Et une phrase lui vient tout de suite en tête : « Voi­ci un homme qui ne se com­pro­met pas. » A deux, ils vont éla­bo­rer ce que Leahy ap­pel­le­ra plus tard « le block­bus­ter » : un court mé­trage de trente mi­nutes dans le­quel le can­di­dat n'hé­site pas à dé­voi­ler sa vie pri­vée. « Je me sou­viens des scènes tour­nées avec sa mère. Elle avait une es­pèce de sourire se­cret, et j'étais tou­chée par la ma­nière dont sa femme lui par­lait aus­si. »

Le film pro­pulse Leahy dans les son­dages. Et une se­maine après la dif­fu­sion du « block­bus­ter » à la té­lé­vi­sion, il de­vient le pre­mier sé­na­teur dé­mo­crate de l'his­toire du Ver­mont et dé­mé­nage à Wa­shing­ton D.C.

OSAMA BIN LEAHY

Qua­rante ans après ce suc­cès, Pa­trick Leahy est le doyen du Sé­nat amé­ri­cain. Ce­lui qui a main­te­nant vu pas­ser huit présidents

de­puis Nixon. Ce­lui, aus­si, qui a été vi­sé par une mys­té­rieuse at­taque en 2001. Le 16 no­vembre de cette an­née-là, une lettre adres­sée au sé­na­teur Leahy échoue dans un bu­reau gou­ver­ne­men­tal coin­cé dans l'Etat de Vir­gi­nie, loin du lieu de tra­vail ha­bi­tuel de l'homme po­li­tique. La faute à un code pos­tal gri­bouillé un peu trop à la hâte, tout sim­ple­ment. C'est aus­si sû­re­ment ce qui sauve la vie du Top Cop du Ver­mont, tout sim­ple­ment. Car cette mis­sive fait par­tie d'un lot de lettres af­fu­blé d'un triste sur­nom : Ame­ri­thrax. L'autre nom de ce qui est res­té dans l'his­toire des Etats-Unis comme une sé­rie d'at­taques à l'an­thrax, une arme chi­mique dis­si­mu­lable dans une simple en­ve­loppe. Un mois plus tôt, Tom Da­schle — le chef de la ma­jo­ri­té du Sé­nat — était vi­sé, tout comme plu­sieurs mé­dias na­tio­naux à tra­vers le pays. Les cour­riers no­cifs fe­ront cinq morts et dix-sept bles­sés et beau­coup de ques­tions de­meurent. Par exemple, pour­quoi vou­loir faire dis­pa­raître le sé­na­teur du pe­tit Etat du Ver­mont ? Peut-être parce que « cette at­taque à l'an­thrax est une ré­ponse di­recte à son image de Top Cop » , ima­gine Phi­lip Ba­ruth. Peut-être aus­si que ses po­si­tions pro-ca­tho­liques lui avaient at­ti­ré les foudres du cher­cheur Bruce Ivins, mort sui­ci­dé en 2008 et re­con­nu par le FBI comme le prin­ci­pal sus­pect des at­taques de 2001. De fait, le sé­na­teur avait des en­ne­mis. Y com­pris au plus haut som­met de l'Etat. À l'époque, son vil­lain n'est autre que Georges W. Bush. Après les at­ten­tats du 11 Sep­tembre, Leahy s'en­gage contre le Pa­triot Act. « C'était “do or die” à ce mo­ment-là : si vous n'étiez pas avec eux, alors ils don­naient

tout pour vous voir chu­ter, dit Phi­lip Ba­ruth. Une pause. A l'époque l'ad­mi­nis­tra­tion Bush ne l'ap­pré­ciait pas, ils le sur­nom­maient Osama Bin Leahy. » Un coup bas qui n'a pas pour au­tant mis un terme à la car­rière du sé­na­teur. Et qui ne l'a pas em­pê­ché d'oeu­vrer se­crè­te­ment pour ce qu'il consi­dé­rait comme juste : le rap­pro­che­ment des Etats-Unis avec Cu­ba. Dans les an­nées 1990, Leahy com­men­çait à tra­vailler à la nor­ma­li­sa­tion des re­la­tions entre les deux pays. Comment ? « Pa­trick Leahy a envoyé de la glace Ben & Jer­ry's, une en­tre­prise du Ver­mont, à Fi­del Cas­tro. » Le dic­ta­teur cu­bain a d'ailleurs su ap­pré­cier le geste. « Il lui a envoyé une note : “Mer­ci pour la glace, je l'ai bien ai­mée.” » Quelques an­nées plus tard, Leahy

« PA­TRICK LEAHY A ENVOYÉ DE LA GLACE BEN & JER­RY'S, À FI­DEL CAS­TRO. » PHI­LIP BA­RUTH, BIOGRAPHE DE PA­TRICK LEAHY

ren­contre Cas­tro. « Quand il est re­tour­né à La Ha­vane, ils ont par­ta­gé des pho­tos de leurs pe­tits-en­fants res­pec­tifs. Ils ont dé­ve­lop­pé des re­la­tions

ami­cales, en quelque sorte. » C'est aus­si sur cette île que la vie de Pa­trick Leahy et celle de Batman ont presque fi­ni par se confondre. C'était le 17 dé­cembre 2014, jour de la li­bé­ra­tion d'Alan Gross. Cet em­ployé du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain de­vait pur­ger une peine de quinze ans de pri­son pour es­pion­nage sur le sol cu­bain. Mais c'était sans comp­ter sur l'in­ter­ven­tion d'une dé­lé­ga­tion se­crète di­ri­gée d'une main de maître par un homme : le sé­na­teur Pa­trick Leahy, évi­dem­ment. « Dans cette his­toire, vous avez Pa­trick Leahy dans un avion dis­cret, se di­ri­geant vers un État qui était tou­jours of­fi­ciel­le­ment un pays en­ne­mi à ce mo­ment-là, tout ça pour ra­me­ner se­crè­te­ment un ci­toyen amé­ri­cain ac­cu­sé d'être un es­pion. On ne peut pas faire plus Batman que ça ! », dé­crit Ba­ruth, d'une voix em­bal­lée.

« NOLAN A DIT : JOUE LE TOP COP »

Wa­shing­ton D.C., le 26 mars 2015. As­sis aux cô­tés de Bill Gates, l'ac­teur-réa­li­sa­teur Ben Af­fleck, fon­da­teur de l'ONG Eas­tern Con­go Ini­tia­tive, est ve­nu s'ex­pri­mer au Sé­nat amé­ri­cain pour dé­fendre la pour­suite du fi­nan­ce­ment de l'aide in­ter­na­tio­nale dans les pays afri­cains. Il commence par re­mer­cier la dé­lé­ga­tion de sé­na­teurs ve­nus en Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go en pé­riode de guerre entre l'ar­mée congo­laise et les re­belles du Mou­ve­ment du 23-Mars. Puis, Af­fleck adresse un sa­lut tout par­ti­cu­lier à l'autre sé­na­teur qui lui fait face : Pa­trick Leahy. « Je m'en vou­drais de pas­ser sous si­lence la pré­sence de mon par­te­naire dans Batman vs Su­per­man, même si son rôle est un peu plus pe­tit que le mien. » Bon en­fant. Leahy au­rait très bien pu lui ré­tor­quer qu'il a joué dans bien plus de films Batman que lui. Car la pre­mière in­cur­sion du sé­na­teur Leahy dans l'uni­vers DC re­monte au mi­tan des an­nées 1990, quand son fils ac­teur est contac­té pour un pe­tit rôle dans Batman Fo­re­ver. « Il leur a ré­pon­du : “Mon père est fan de Batman !” » , ra­con­tait le sé­na­teur au média Roll Coll en 2016. Et voi­là comment le sé­na­teur s'est re­trou­vé dans le film. Un an après sa sor­tie, la di­rec­trice de cas­ting An­drea Ro­ma­no le re­cru­tait pour dou­bler un gou­ver­neur dans un épi­sode de la sé­rie ani­mée. Et en 1996, Leahy col­la­bo­rait avec DC au­tour d'un ou­vrage de Batman cen­tré sur la ques­tion des mines an­ti­per­son­nel. Pas tout à fait un ha­sard. A cette époque, le sé­na­teur du Ver­mont es­saie

de mo­bi­li­ser au­tour de l'in­ter­dic­tion de ces mines ter­restres. Sort donc Batman : Death of In­no­cents, The Hor­ror of Land­mines, un ou­vrage pré­fa­cé par le sé­na­teur lui-même. C'est lors de la con­fé­rence de presse or­ga­ni­sée pour la sor­tie du livre que le des­si­na­teur Joe Sta­ton a ren­con­tré Pa­trick Leahy pour la pre­mière fois. « Il était content que DC le sou­tienne dans son com­bat contre l'ex­por­ta­tion et

l'uti­li­sa­tion de mines an­ti­per­son­nel, ra­conte Sta­ton. Il a beau­coup de contacts chez DC et il sait que les co­mic books sont un moyen de sen­si­bi­li­ser

le grand pu­blic. » Lo­gique, tant le jeune Pa­trick Leahy a lui-même été in­fluen­cé par ses lec­tures ob­ses­sion­nelles des aven­tures de Bruce Wayne. Comme des mil­lions d'en­fants amé­ri­cains, il s'en­dor­mait tous les soirs avec un co­mic book de Batman po­sé sur sa table de nuit. Fas­ci­né par ce su­per-héros sans pou­voirs. Au point de connaître cha­cun des des­sins de Bob Kane et cha­cune des his­toires sor­ties de la tête de Bill Fin­ger, de Den­nis O'Neil ou de Frank Miller. Preuve de sa connais­sance de Go­tham, le sé­na­teur Leahy évo­quait une anec­dote en 2016 : « Il y a quelques an­nées, je par­lais avec des gens de chez DC Co­mics et l'un d'eux di­sait quelque chose

à pro­pos de Batman et j'ai ré­pon­du : “Non c'est faux parce qu'à la page 3 du nu­mé­ro de juin de 1947, il a fait ce­la.” Ils ont dit : “Oui mon­sieur bien sûr…”, puis ils sont al­lés vé­ri­fier et ils ont vu que j'avais rai­son ! » Un fan ob­ses­sion­nel, donc. Mal­gré son en­thou­siasme, Leahy de­vra at­tendre l'été 2007 avant de re­jouer dans un film Batman. Près de dix ans après sa der­nière ap­pa­ri­tion, le sé­na­teur est contac­té par les équipes de Ch­ris­to­pher Nolan pour faire face au Jo­ker. Le tour­nage de la scène a lieu dans un res­tau­rant de la ville de Chi­ca­go et s'étire jusque tard dans la nuit. Pen­dant des heures, Led­ger mul­ti­plie les faux coups de poings et pro­jette le sé­na­teur à tra­vers la grande salle. Lors d'une prise, Leahy est même at­tra­pé par un autre ac­teur « au bras de la taille d'un chêne » qui agite un re­vol­ver sous ses yeux. Il lui fau­dra fi­na­le­ment quelques di­zaines de prises pour pro­non­cer sa fa­meuse ré­plique avec le ton juste.

En 2012, quatre ans après cette ap­pa­ri­tion re­mar­quée, sa par­ti­ci­pa­tion au film de Ch­ris­to­pher Nolan ploie sous les cri­tiques. Au Sé­nat, Pa­trick Leahy vient en ef­fet de pré­sen­ter une loi ap­pe­lée PIPA, le Pre­ven­ting In­ter­net Pri­va­cy Act. Une sé­rie de me­sures qui per­met­traient de pu­nir sé­vè­re­ment des ci­toyens s'adon­nant au pi­ra­tage de conte­nus sur le net. De films hol­ly­woo­diens en par­ti­cu­lier. « Il y a eu une po­lé­mique parce que le film de Ch­ris­to­pher Nolan était pro­duit par War­ner Bros, comme beau­coup d'autres Batman », dé­taille Alex Ho­ward, membre de la Sun­light Foun­da­tion, une ONG qui sur­veille les liens entre ar­gent et po­li­tique aux Etats-Unis. Rien de trop éton­nant jus­qu'ici pour un long mé­trage de la fran­chise, sauf que l'ex­pert en lob­bying tique. « Du­rant toute la car­rière po­li­tique du sé­na­teur Leahy, deux grands do­na­teurs se dé­marquent : Walt Dis­ney et War­ner Bros. L'industrie du film lui a don­né à elle seule 1,1

mil­lion de dol­lars en cu­mu­lé si on épluche toutes ses cam­pagnes. » Pas be­soin de plus donc pour flai­rer un risque de conflit d'in­té­rêt se­lon l'ONG alors que toutes les contri­bu­tions fi­nan­cières sont dis­po­nibles sur le net, tout comme les ap­pa­ri­tions du sé­na­teur dans la fran­chise Batman. Le lien entre Leahy et la War­ner se­rait même « trou­blant » . En 2012, Se­ven Days — un site d'in­for­ma­tions in­dé­pen­dant du Ver­mont — lais­sait au porte-pa­role de Pa­trick Leahy le soin de pré­ci­ser que la par­ti­ci­pa­tion du sé­na­teur au tour­nage était uni­que­ment gui­dée par une « pas­sion in­dé­fec­tible pour Batman » . Et pour­tant pour Alex Ho­ward, si c'est for­cé­ment « fun » de pou­voir don­ner la ré­plique au Jo­ker, « l'industrie du ci­né­ma a aus­si des in­té­rêts, et sou­haite avoir des per­son­na­li­tés po­li­tiques comme al­liés. »

Peut-être fi­na­le­ment qu'à force de jouer dans des Batman on en vient à res­sem­bler à un des su­per-vi­lains les plus ico­niques de la sé­rie : le pro­cu­reur Har­vey « Double Face » Dent. •

« DANS SA TÊTE, ADO­RER BATMAN ET ÊTRE ÉLU MA­GIS­TRAT NE FORMENT QU'UNE SEULE ET UNIQUE MA­NIÈRE DE VOIR LE MONDE : IL FAUT SE BATTRE POUR LA JUS­TICE. » PHI­LIP BA­RUTH

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