THIER­RY DE PERETTI

Mi­ni-séisme aux lé­gis­la­tives : trois dé­pu­tés na­tio­na­listes corses ont fait leur en­trée à l'As­sem­blée na­tio­nale pour la pre­mière fois. Ti­ming par­fait, avec Une vie­vio­lente (en salles le 9 août), le ci­néaste Thier­ry de Peretti ra­vive le sou­ve­nir des heures

So Film - - SOMMAIRE - PRO­POS RECUEILLIS PAR DA­VID ALEXAN­DER CASSAN ET RA­PHAËL CLAIREFOND PHO­TOS : ALEXANDRE ISARD

Hors-Cadre. Avec Une vie vio­lente, le ci­néaste Thier­ry de Peretti ra­vive le sou­ve­nir des heures sombres du FLNC, du ter­ro­risme et des rè­gle­ments de compte dans la Corse des an­nées 90. Re­tour avec lui sur une his­toire vio­lente et en­core dou­lou­reuse entre l'île et l'Etat fran­çais.

Quel est votre rap­port au nationalisme corse et pour­quoi avoir vou­lu re­ve­nir sur ces an­nées san­glantes ?

Ce sont des ques­tions in­times : une par­tie de moi ap­par­tient à cette île et une par­tie de moi ap­par­tient à la France. Je suis plus in­té­res­sé par les ques­tions d'ima­gi­naire, j'ap­par­tiens à mon époque plu­tôt qu'à un ter­ri­toire quel­conque… Le pro­jet d'Une vie vio­lente, c'est d'at­tra­per ce qui moi me hante et qui est lié à la Corse, la fa­çon dont la Corse est consti­tu­tive de ce que je suis. Les ques­tions iden­ti­taires et na­tio­na­listes m'in­té­ressent d'un point de vue po­li­tique et historique : elles ont par­cou­ru la so­cié­té corse de­puis les an­nées 70, avant qu'une par­tie de la jeu­nesse s'en sai­sisse au dé­but des an­nées 80. En Corse, le nationalisme part d'un pro­fond sen­ti­ment d'in­jus­tice et d'hu­mi­lia­tion qui m'in­té­resse plus que la ques­tion stric­te­ment iden­ti­taire. La contes­ta­tion, le sou­lè­ve­ment, l'hu­mi­lia­tion qu'on es­saie de ré­pa­rer, je peux par­ta­ger tout ça. J'ai été très tou­ché par les poètes de l'an­ti-France par exemple, par Rim­baud, Kol­tès ou Ge­net.

Cette do­mi­na­tion de l’État fran­çais, on la vit comment, en Corse, en tant qu’en­fant ou ado­les­cent ?

Quand on est jeune homme en Corse et qu'on écoute les Smiths ou qu'on re­garde l'Étoffe des héros, sans même être po­li­ti­sé, on dé­couvre un ra­cisme cog­ni­tif qui est peut-être le même quand on vient du Sud de la France d'ailleurs : « Ah c'est bien, tu pars en Corse, il fait beau hein, c'est un beau pays. » Dans les yeux de l'autre, tu te vois en san­dales, en train de jouer aux boules en bu­vant du pas­tis. Mais moi je ne joue pas aux boules, et je bois de la vod­ka ! Quand on est à Pa­ris et que l'on parle de cet en­droit-là, on res­sent une pointe de condes­cen­dance, d'iro­nie. Ça oblige à re­ven­di­quer une his­toire, une dou­leur, une bles­sure com­mune. Quand on est né, qu'on a gran­di en Corse, il y a des choses aux­quelles on a as­sis­té qui fondent cette dou­leur com­mune.

Cette Corse dans la­quelle vous avez vé­cu entre les an­nées 80 et 90 vous en gar­dez quels sou­ve­nirs ?

Je me sou­viens de la vio­lence po­li­tique du dé­but des an­nées 80 qui a mu­té en guerre fra­tri­cide dans les an­nées 90. Les as­sas­si­nats, la main­mise du grand ban­di­tisme… Et la pau­vre­té, aus­si ! Le pro­blème est so­cial avant tout, parce que la Corse doit être la ré­gion de France la plus pauvre, avec le plus grand nombre de gens vi­vant en des­sous du seuil de pau­vre­té. Quand il se passe quelque chose comme un at­ten­tat ou ce qu'il s'est pas­sé l'été der­nier sur la plage de Sis­co avec la ques­tion du bur­ki­ni, on ne re­lie ja­mais ces évé­ne­ments à la ques­tion so­ciale, on ne dit ja­mais « des pauvres ont été ta­per sur des gens en­core plus pauvres » , on porte le dé­bat sur un ter­rain qua­si ex­clu­si­ve­ment eth­nique. Ces der­nières se­maines, il y a eu des rafles dans le mi­lieu na­tio­na­liste : des jeunes mi­li­tants de 18 ou 20 ans, dont cer­tains jouent dans le film ont été gar­dés à vue, alors qu'ils n'ont pas fait grand-chose, fi­na­le­ment. Cer­tains font même une grève de la faim au centre de dé­ten­tion de Bor­go. Ils ont été ar­rê­tés dans un contexte de re­ven­di­ca­tions na­tio­na­listes un peu ra­di­cales et il y a deux poids, deux me­sures. Ce que fait l'État en ce mo­ment est de na­ture à ra­vi­ver

« AU­TANT DANS LES AN­NÉES 90, SI VOUS ÉTIEZ EN PRI­SON POUR UN MO­TIF PO­LI­TIQUE, IL Y AVAIT DU MONDE. LÀ, C'EST TRÈS COM­PLI­QUÉ. »

un sen­ti­ment d'in­jus­tice qui pour­ra vite de­ve­nir in­con­trô­lable. Est-ce qu’on peut par­ler de Ni­co­las Mon­ti­gny, mi­li­tant na­tio­na­liste dont la vie ins­pire lar­ge­ment Une vie vio­lente ? À la sor­tie des Apaches, en 2013, je cher­chais une his­toire, un ré­cit qui me per­mette d'at­tra­per ce que je dis là, la di­men­sion « pop » et la di­men­sion plus ar­chaïque, vio­lente, liée au po­li­tique. En par­lant avec un ami qui est avo­cat en Corse, on en est ve­nus aux der­niers jours de Ni­co­las Mon­ti­gny. Je me rap­pe­lais sur­tout que le jour de sa mort, il y avait sa pho­to dans Corse-Ma­tin : il avait une pe­tite barbe rousse, de pe­tites lu­nettes d'in­tel­lec­tuel russe du dé­but du siècle, et j'avais été frap­pé par le fait que ce qui était dit dans la presse ne cor­res­pon­dait pas du tout à sa pho­to, sur la­quelle il pou­vait res­sem­bler à mes amis. Je le trou­vais ex­trê­me­ment fa­mi­lier, avec beau­coup de charme. J'ai éga­le­ment eu ac­cès à une nou­velle qu'il a écrite et qui s'ap­pe­lait I Dis­pet­to­si ce qui veut dire les « Tur­bu­lents », très bien écrite, en fran­çais. Il y ra­conte le len­de­main d'une nuit bleue : il est avec un groupe d'amis, ils ont po­sé un pa­quet à Bas­tia la veille et ils errent en ville. J'avais été frap­pé par la qua­li­té de l'écri­ture, par l'am­bi­tion lit­té­raire de la nou­velle : elle ne ra­conte pas l'évé­ne­ment en lui-même, les pains de plas­tique, mais le désoeu­vre­ment du len­de­main, avec beau­coup de sar­casme… Le film ra­conte ce gâ­chis. Je me suis po­sé cette ques­tion : où étais-je pen­dant toutes ces an­nées ?

Quel re­gard les jeunes Corses de 20 ou 25 ans portent au­jourd’hui sur le per­son­nage prin­ci­pal et ses er­re­ments ?

J'ai tra­vaillé sur le film avec des étu­diants et mi­li­tants des trois syn­di­cats na­tio­na­listes ; la fac de Corte est très po­li­ti­sée. On peut sai­sir ce qui anime ces jeunes-là. Ceux de la Gh­ju­ventù in­di­pen­den­tis­ta par exemple in­té­res­sés dans le pas­sé par grandes sont plus at­ta­chés à l'his­toire de la Corse, à la fa­çon dont elle a été cé­dée par la Ré­pu­blique de Gênes à la France pour un franc sym­bo­lique, qu'aux vingt ans de luttes et de dé­rives… Et c'est très bien. Peut-être que je me trompe, mais je sens peu de nos­tal­gie. Pen­dant l'un des en­tre­tiens, un des jeunes qui fait la grève de la faim au­jourd'hui nous a dit que le « sa­cro-saint Front » ce n'était pas trop son truc, qu'il ne sa­vait pas ce qu'il s'était pas­sé vingt ans au­pa­ra­vant parce qu'il a trop à faire au­jourd'hui, à twee­ter… Il y a un jeune homme qui a 23 ans et qui est en pri­son de­puis cinq, six ans et qui tient bon, il s'ap­pelle Ni­co­las Bat­ti­ni et il re­fuse de s'ex­pri­mer en fran­çais lors de ses pro­cès, fait des dis­cours de quatre-vingt-dix pages… C'est un jeune homme avec une ri­gueur po­li­tique et mo­rale as­sez exem­plaire, et il a beau­coup de ca­ma­rades qui des­cendent dans la rue pour le sou­te­nir. Au­tant dans les an­nées 90, si vous étiez en pri­son pour un mo­tif po­li­tique, il y avait du monde. Là, il est tout seul, c'est très com­pli­qué. Il n'a pas le droit d'étu­dier, il vit dans des condi­tions ul­tra-coer­ci­tives mais il a ac­cès à Fa­ce­book, donc il peut s'ex­pri­mer comme ça.

Le FLNC a dé­po­sé les armes, mais on l’a vu me­na­cer Daech de re­pré­sailles il y a quelques temps…

Il faut voir de quel FLNC on parle… C'est dif­fi­cile pour moi de par­ler de ça sans connaître les vrais en­jeux. Là, en l'oc­cur­rence c'est juste une prise de pa­role, pas une con­fé­rence de presse clan­des­tine… Pour l'ins­tant, la lutte ar­mée a été aban­don­née comme pour l'ETA au Pays basque, comme l'IRA en Ir­lande du Nord… Et puis la lutte ar­mée en Corse a fait des morts « à l'in­té­rieur », dans ce qu'on ap­pelle la guerre fra­tri­cide, mais as­sez peu vers « l'ex­té­rieur », si on com­pare ne se­rait-ce qu'à l'ETA : il y a pas eu d'at­ten­tats à l'aveugle… Le rap­port à la mort est très pré­sent, chez les gens que j'ai ren­con­trés, mais c'est un rap­port « in­terne » : le film pour­rait d'ailleurs être in­ter­pré­té comme une es­pèce de sui­cide col­lec­tif. On est plus dans la quête sa­cri­fi­cielle que dans le fan­tasme mi­li­taire. La no­blesse de cet en­ga­ge­ment vient de là aus­si.

D’après vous, ils ont échoué à pro­po­ser un nou­veau mo­dèle de so­cié­té ?

Ils ont po­sé la ques­tion de quelle so­cié­té on veut bâ­tir : ils n'y ré­pondent pas, mais ils la posent. C'est ce que dit le per­son­nage de Stéphane à la fin, en ré­in­ter­pré­tant un peu l'his­toire d'ailleurs : « Le groupe au­quel j'ap­par­te­nais était d'ins­pi­ra­tion po­li­tique, ré­vo­lu­tion­naire et mar­xiste. » Il le ré­écrit pour écrire sa lé­gende, ré­pon­dant ain­si à ce que disent les femmes, qui le ré­duisent à un voyou. Parce qu'il sait très bien qu'il se­ra en­ter­ré comme un voyou, et pas avec les hon­neurs mi­li­taires… D'ailleurs, Da­niel Vaillant, mi­nistre de l'In­té­rieur à l'époque, a par­lé de la mort de Ni­co­las Mon­ti­gny au jour­nal du 20 heures pour éva­cuer la ques­tion po­li­tique, en répétant que ce n'était ja­mais que du droit com­mun. Évi­dem­ment que celle-ci est

gê­nante, parce qu'elle pour­rait faire va­ciller le pro­ces­sus de Ma­ti­gnon dans le­quel Jos­pin ou Ma­nuel Valls, dé­jà, étaient en­ga­gés… Des gens qui ont une res­pon­sa­bi­li­té non pas di­recte mais cer­taine dans l'éli­mi­na­tion de beau­coup de jeunes gens en Corse. Ils sont res­pon­sables parce que l'État a fait un pe­tit peu plus que lais­ser faire, même si on n'a pas de preuves, c'est juste une in­tui­tion.

La per­tur­ba­tion du mee­ting de Ma­rine Le Pen par des mi­li­tants na­tio­na­listes a pu sur­prendre cer­taines per­sonnes, parce que l’ex­trême-droite s’ap­puie aus­si sur des mou­ve­ments ré­gio­na­listes, ex­ploite des thé­ma­tiques iden­ti­taires as­sez voi­sines…

Ce sont des jeunes qui ont fait ça, no­tam­ment des membres du syn­di­cat étu­diant Gh­ju­ventù in­di­pen­den­tis­ta. Est-ce que le mode de contes­ta­tion est le bon ? Ça se dis­cute : on a en­vie qu'ils in­ter­viennent là, mais aus­si pour de vrais pro­blèmes qu'il y a en Corse, des pro­blèmes so­ciaux. Mais les images de Jean-Ma­rie Le Pen qui dé­barque sur le tar­mac de l'aé­ro­port d'Ajac­cio et se re­trouve obli­gé de re­par­tir en pes­tant, ça reste un fait d'armes, une image qui fait par­tie de la mé­moire com­mune. Au­jourd'hui, il y a eu un re­vi­re­ment, c'est sûr, puisque Ma­rine Le Pen vient faire ses mee­tings en Corse. On ne peut pas ne pas contes­ter.

Le nationalisme est pas­sé de la lutte ar­mée à un ter­rain plus lé­ga­liste, lé­gis­la­tif. Comment vous per­ce­vez cette évo­lu­tion ?

Je trouve ça bien qu'il y ait un chan­ge­ment de gé­né­ra­tion, je re­garde ça avec va­che­ment de bien­veillance. Mais la si­tua­tion en Corse reste ex­trê­me­ment com­pli­quée, donc je m'in­ter­roge sur les forces en pré­sence. Moi je vote en­core en Corse au­jourd'hui et c'est là où on a l'im­pres­sion qu'il y a un im­pact. Même si mon vote d'ex­trême-gauche n'a pas beau­coup d'in­ci­dence ! Avant il y avait la droite, la gauche et les na­tio­na­listes dans un coin, main­te­nant l'au­to­no­misme est quelque chose de plus par­ta­gé, ça tra­verse plus les cli­vages et le cla­nisme po­li­tique qu'on re­trouve un peu par­tout que ce soit avec un Georges Frêche, les Bal­ka­ny ou l'af­faire de l'Epad dans les Hauts-de-Seine. C'est ce que dit un des per­son­nages en pri­son dans mon film : « Donne-moi les jeunes qui sont par­tis au com­bat en 1914-18, donne-moi toute cette éner­gie-là, ces jeunes de 20 ans qu'on ne re­ver­ra plus, et moi la France je lui laisse toute la do­ta­tion glo­bale de fonc­tion­ne­ment, je lui laisse l'ar­gent qu'elle en­voie ici mais donne-moi les jeunes ! » Ça sou­ligne bien l'asy­mé­trie entre ce qui a été don­né et ce qui a été per­du. L'his­toire, tout le monde la connaît : 80 % des terres agri­coles re­dis­tri­buées aux Pieds-noirs de re­tour d'Al­gé­rie par exemple. Même sans être na­tio­na­liste, c'est dif­fi­cile de ne pas res­sen­tir ces in­jus­tices.

Le pré­sident de l’As­sem­blée corse était com­mu­niste au­pa­ra­vant mais c’était une al­liance, non ?

Oui, sur­tout qu'on dit que le pré­sident, c'est la reine d'An­gle­terre ! C'est le pré­sident du Con­seil exé­cu­tif qui est vrai­ment en charge. Le pré­sident de l'As­sem­blée a un rôle, mais ça dé­pend de la prise de pa­role dont il s'em­pare. Dans le cli­mat ac­tuel, même s'il y a des choses très dures et des évé­ne­ments vio­lents, il y a plus de confiance je crois en­vers le couple exé­cu­tif et une res­pon­sa­bi­li­té plus forte de la part des élus. L'Etat, lui, a fer­mé toutes les portes donc il n'y a plus de dis­cus­sions sur les re­ven­di­ca­tions na­tio­na­listes : rap­pro­che­ment des pri­son­niers po­li­tiques, co-of­fi­cia­li­té de la langue, sta­tut de ré­si­dents... C'est su­per ré­tro­grade de fer­mer les portes comme ça. On voit bien que l'Eu­rope des ré­gions, comme en Ca­ta­logne, elle pousse aus­si. Donc re­fu­ser la dis­cus­sion, c'est res­ter sur des po­si­tions ja­co­bines fran­çaises sou­ve­rai­nistes in­sup­por­tables. Moi, je suis peut-être pas na­tio­na­liste, mais je suis à un en­droit an­ti-Etat fran­çais, an­ti-che­vè­ne­men­tiste, c'est évident.

Pour­quoi Che­vè­ne­ment ?

Che­vè­ne­ment et Pas­qua sont les deux per­sonnes qui ont fait le plus de mal à la Corse. Deux faces d'une même pièce. En­core Pas­qua c'était un voyou, mais Che­vè­ne­ment, dra­pé de ver­tu soi-di­sant ré­pu­bli­caine, il a fait au­tant de mal. Par exemple, après l'as­sas­si­nat du pré­fet Éri­gnac en 1998, il y a eu une prise de conscience très forte, les gens sont des­cen­dus dans la rue, et il nomme Ber­nard Bon­net pré­fet, un se­mi-dé­ment avec des pou­voirs éten­dus comme n'en a au­cun pré­fet de la Ré­pu­blique, comme si on était au XIXe siècle en In­do­chine. Il a com­mis des choses illé­gales, iniques. Le point d'orgue c'était les paillotes brû­lées. Ils ont aus­si vi­ré les Corses de la tête de toutes les ad­mi­nis­tra­tions pour mettre des conti­nen­taux, il y a eu des per­qui­si­tions chez tout le monde pen­dant des se­maines et des se­maines... Ils se sont vrai­ment com­por­tés comme des co­lons. •

«JE VOTE EN­CORE EN CORSE AU­JOURD'HUI, MÊME SI MON VOTE D'EXTRÊMEGAUCHE N'A PAS BEAU­COUP D'IN­CI­DENCE. »

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