: Top 10, Bio­pics po­li­tiques

EN 10 GRANDES ÉTAPES Parce qu'il ne suf­fit pas d'un grand lea­der de ce monde pour faire un bon film

So Film - - SOMMAIRE - PAR MATTHIEU ROSTAC

SIXTY YEARS A QUEEN BERT HALDANE, 1913

Le bio­pic po­li­tique ori­gi­nel. Et peut-être le pre­mier « block­bus­ter » de l’His­toire du ci­né­ma. S’ap­puyant sur le tra­vail réa­li­sé par Sir Her­bert Max­well sur la cé­lèbre reine d’An­gle­terre, ce film est la pre­mière fo­lie du pro­duc­teur pion­nier Will Bar­ker dans ses stu­dios Ea­ling flam­bant neufs. Au fi­nal, le film gé­nère 35 000 livres. Un car­ton au box of­fice de l’époque.

NAPOLÉON ABEL GANCE, 1927

Le film d’Abel Gance vaut sur­tout pour son gé­nie de la mise en scène – d’ailleurs, le film porte le nom exact de Napoléon vu par Abel Gance. Avec ses tra­vel­lings com­plè­te­ment dingues, son mon­tage ef­fré­né et son usage de la Po­ly­vi­sion (sorte d’an­cêtre du split screen), les 330 mi­nutes du film res­tent en­core ex­trê­me­ment mo­dernes près d’un siècle plus tard.

GANDHI RI­CHARD ATTENBOROUGH, 1982

Huit sta­tuettes rem­por­tées lors de la 55e édi­tion des Os­cars. Mais voi­là, Gandhi a l’avan­tage de ses in­con­vé­nients : c’est un bio­pic « à Os­cars ». Com­prendre cho­ral, lon­guet et plein de vio­lons par­tout. En re­vanche, im­pos­sible de taxer Ri­chard Attenborough de whi­te­wa­shing. Même s’il a bouf­fé de l’Oe­no­biol plus que de rai­son, Ben King­sley est bien d’ori­gine in­dienne – et sa pres­ta­tion est quand même digne de l’Os­car qu’il a re­çu, soyons hon­nêtes.

EDWARD II DEREK JARMAN, 1991

Adap­ta­tion libre de la pièce de théâtre de 1593 qui est elle aus­si une adap­ta­tion libre de la vie d’Edward II, roi d’An­gle­terre au XIVe siècle, et de sa re­la­tion ho­mo­sexuelle avec le che­va­lier Piers Ga­ves­ton. Comme à son ha­bi­tude, Jarman joue sur les ana­chro­nismes et trans­forme son film en ré­qui­si­toire en fa­veur des droits LGBT.

BRAVEHEART MEL GIBSON, 1995

Avant Edward II, il y a eu Edward I, l’arch ne­me­sis de William Wal­lace in­car­né par Pa­trick « Le Pri­son­nier » McGoo­han. Le li­bé­ra­teur pré­su­mé de l’Ecosse, lui, est in­car­né par Gibson him­self. Dans ce film aus­si épique que violent, Mad Mel éprouve sa mé­thode : peu re­gar­dant sur l’His­toire ( spoi­ler alert : Isa­belle de France n’était pas née quand William Wal­lace s’est fait zi­gouiller sur la place pu­blique) pour mieux ra­con­ter son his­toire.

LUMUMBA RAOUL PECK, 2000

Dix ans. C’est le temps qu’au­ra mis Raoul Peck pour réa­li­ser sa fic­tion sur Pa­trice Lumumba, père de l’in­dé­pen­dance de la Réu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go en 1960, as­sas­si­né un an plus tard. En 2002, HBO sou­haite dif­fu­ser le film. Frank Car­luc­ci, se­cond se­cré­taire de l’Am­bas­sade amé­ri­caine au Con­go dans les an­nées 60, tente de le cen­su­rer pour taire son im­pli­ca­tion dans la mise à mort du po­li­ti­cien afri­cain. La CIA et la Bel­gique au­ront plus de cou­rage, re­con­nais­sant – bien tard, certes – leur rôle dans la disparition de Lumumba la même an­née.

LA CHUTE OLI­VIER HIRSCHBIEGEL, 2004

De La Chute, beau­coup gardent en mé­moire la vague de dé­tour­ne­ments ap­pa­rue sur YouTube il y a de ça plu­sieurs an­nées. Ré­duc­teur, tant l’in­ter­pré­ta­tion phé­no­mé­nale de Bru­no Ganz en Hit­ler fa­ti­gué et la ten­sion de ce huis clos or­ches­tré par Hirschbiegel mettent à cran le spec­ta­teur, qui se sur­prend bien mal­gré lui à sen­tir poindre une forme d’em­pa­thie pour le Füh­rer. Hu­man af­ter all ?

LE CAÏMAN NANNI MORETTI, 2006

À tra­vers de l’his­toire de ce beau­ti­ful lo­ser de pro­duc­teur in­car­né par­fai­te­ment par Sil­vio Or­lan­do, c’est l’as­cen­sion d’un autre Sil­vio, Berlusconi, que Nanni Moretti ra­conte en fi­li­grane. Avec, en point d’orgue, cette scène fi­nale im­pla­cable où le réa­li­sa­teur ita­lien, dans la peau d’un ac­teur in­ter­pré­tant Il Ca­va­liere, brise le qua­trième mur pour s’adres­ser au spec­ta­teur.

THE QUEEN STEPHEN FREARS, 2006

Sans He­len Mir­ren, mé­con­nais­sable en Eli­za­beth II de­vant faire front après la mort de La­dy Di, pas de triomphe de The Queen. D’ailleurs, l’ac­trice an­glaise rem­por­te­ra l’Os­car, le Gol­den Globe et le BAFTA de la meilleure ac­trice pour ce rôle. Mais la meilleure ré­com­pense ne put être ho­no­rée par He­len Mir­ren, coin­cée à Hol­ly­wood : une in­vi­ta­tion à dî­ner à Bu­ckin­gham Pa­lace par la Reine d’An­gle­terre en per­sonne. Ho­ly shit.

ELVIS ET NIXON LIZA JOHN­SON, 2016

Frost/Nixon, Les Hommes du Pré­sident, Nixon : le 37e POTUS est pro­ba­ble­ment le pré­sident amé­ri­cain le plus trai­té de l’his­toire du ci­né­ma. La Guerre du Viet­nam/Wa­ter­gate, ça donne for­cé­ment des idées. Sans ou­blier sa ren­contre avec un Elvis pa­ra­no et ré­ac en 1970, re­la­tée dans cette co­mé­die pro­duite par Ama­zon. Mi­chael Shan­non est gé­nial en Elvis et Ke­vin Spa­cey porte en­core mieux le cos­tume de Ri­chard Nixon que ce­lui de Frank Un­der­wood.•

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