PIERRE WOODMAN, BA­ROU­DEUR DU X

En­fant ter­rible du X fran­çais for­mé à l'école Hot Vi­déo, le sul­fu­reux ac­teur­réa­li­sa­teur règne sur une mul­ti­na­tio­nale du cas­ting re­cru­tant es­sen­tiel­le­ment des femmes plan­tu­reuses is­sues des pays de l'Est. Iti­né­raire d'un per­vers gau­lois à la mé­ca­nique bien

So Film - - Sommaire - PAR JOËL LE PAVOUS, À BU­DA­PEST ( HON­GRIE) - PHO­TOS : JLP

Por­trait. En­fant ter­rible du X fran­çais for­mé à l’école Hot Vi­déo, le sul­fu­reux ac­teur-réa­li­sa­teur règne sur une mul­ti­na­tio­nale du cas­ting re­cru­tant es­sen­tiel­le­ment des femmes plan­tu­reuses is­sues des pays de l’Est. Iti­né­raire d’un per­vers gau­lois à la mé­ca­nique bien hui­lée dans la ca­pi­tale eu­ro­péenne du por­no.

«On s’y met, les gars ? » Nel­ly s'im­pa­tiente en ajus­tant sa lin­ge­rie écar­late dans une chambre d'hô­tel du 6e ar­ron­dis­se­ment de Bu­da­pest, aus­si asep­ti­sée qu'un ap­par­te­ment-témoin Ikéa. Pour quelques cen­taines d'eu­ros, cette jeune ac­trice rou­maine s'ap­prête à su­bir les as­sauts ré­pé­tés de ses deux par­te­naires mus­clés du jour, pré­pa­rant leur ou­til de tra­vail sur des lits ju­meaux à quelques mètres de là. Au pro­gramme, la pa­lette com­plète du film adulte : fel­la­tions, le­vrettes, double pé­né­tra­tions, so­do­mies et dir­ty talk sans ou­blier l'éja­cu­la­tion fa­ciale clô­tu­rant cé­ré­mo­nieu­se­ment les ébats. Pierre Woodman ob­serve at­ten­ti­ve­ment le spec­tacle. Concen­tré et ca­pable de pous­sées de fièvre. Der­rière la ca­mé­ra, il rythme les sé­quences avec des mi­miques de chef d'or­chestre et re­cadre mé­ti­cu­leu­se­ment le moindre co­li­ma­çon de tra­vers quitte à in­ter­rompre le fou­gueux three­some. La cin­quan­taine bien tas­sée, dé­gar­ni et rou­geaud, il traîne une image de ma­cho bas du front ac­quise en tant qu'an­cien flic puis pa­pa­raz­zi mon­dain cou­rant les co­te­ries et les pla­teaux de De­cha­vanne jus­qu'à ce que deux go­rilles de la SFP le virent car il avait cri­ti­qué une vanne du maes­tro. Gare aux rac­cour­cis ré­duc­teurs à 14 ans par une pe­tite an­glaise en Dor­dogne, il tient seul la barre de sa pe­tite em­bar­ca­tion por­no­gra­phique de­puis sa rup­ture fra­cas­sante en 2006 avec la boîte de pro­duc­tion et de dis­tri­bu­tion sué­doise Pri­vate qu'il a por­tée au pi­nacle. Et même si la chute des ventes de DVD semble inexo­rable et la concur­rence d'In­ter­net de plus en plus fé­roce, l'in­tré­pide quin­qua donne tou­jours de sa per­sonne entre Prague et Bu­da­pest à la fa­çon du Cos­mo Vi­tel­li de John Cas­sa­vetes ( Meurtre d’un book­ma­ker chi­nois) s'ébrouant dans un royaume qui n'en fi­ni­rait pas de ré­tré­cir. Son se­cret ? Une hy­giène de vie qua­si mo­na­cale. « Je ne car­bure qu’au sexe et à l’eau mi­né­rale ! Très peu, voire qua­si­ment pas d’al­cool, zé­ro ci­ga­rette et zé­ro stu­pé­fiant. J’ai au­cune en­vie de me bou­siller la san­té et en­core moins le ma­chin avec des sa­lo­pe­ries. Sur­tout à 55 ba­lais ! » Ja­mais loin de son « Pierre », Ga­briel­la la Slo­vaque pom­ponne la co­mé­dienne Nel­ly près d'un pos­ter de Cer­tains l’aiment chaud. L'an­cienne har­deuse blonde se sou­vient de ce qu'elle doit à ce­lui qui la consi­dère dé­sor­mais comme sa pe­tite soeur : « On s’est ren­con­trés en 1999. J’étais mo­dèle soft et je ne l’ai plus quit­té après le tour­nage. Pierre m’a ou­vert en grand les portes du business. Je lui rends la pa­reille en m’oc­cu­pant des filles et en jouant par­fois les en­tre­met­teuses avec néan­moins. Si l'Au­ver­gnat consa­cré par trois Hot d'or fas­cine tou­jours au­tant dans le mi­lieu du por­no, c'est parce qu'il reste un per­son­nage big­ger than life, en­tre­te­nant sa propre my­tho­lo­gie. Dans le lot, une épo­pée à Saint-Tro­pez pour shoo­ter Chan­tal No­bel qu'il voyait de­bout par la fe­nêtre alors qu'elle était dé­cla­rée han­di­ca­pée à vie après l'ac­ci­dent de voi­ture avec Sa­cha Dis­tel, une sombre his­toire d'agres­sion sexuelle vé­cue ga­min dans sa fo­rêt pré­fé­rée dont il se se­rait ti­ré in ex­tre­mis et deux ten­ta­tives de sui­cide à l'ado­les­cence aux­quelles s'ajoutent au­tant de di­vorces. No­tam­ment avec Ta­nia Rus­sof, so­sie de Xé­na La Guer­rière ama­douée dans un centre com­mer­cial de Ri­ga où sa mère tra­vaillait comme ven­deuse de vê­te­ments et muse de ses pre­mières fresques X alors qu'il vi­vait avec deux top mo­dèles et col­lec­tion­nait les maî­tresses. De­puis, Pierre s'est ran­gé avec So­phie Pa­ris, an­cienne ha­bi­tuée des scènes les­biennes par­ta­geant son exis­tence de­puis 2002 et dé­sor­mais pré­po­sée aux chan­ge­ments de couches du der­nier-né du clan Woodman ve­nu au monde à l'au­tomne. Cô­té business, Woodman semble n'avoir pas été plus af­fec­té que ce­la par la mu­ta­tion de l'in­dus­trie où il pèse à sa ma­nière. Dé­flo­ré

5 500 VAGINS AU COMP­TEUR

des com­pa­triotes ou des Tchèques. » Une pause puis la ma­quilleuse ré­sume le man­tra du chef de la tri­bu : « Il est aus­si pas­sion­né que per­fec­tion­niste, mais bon il par­donne ra­re­ment à ceux qui l’en­tubent. » Si Pierre Woodman fait tou­jours fi­gure de bu­si­ness­man ap­pré­ciant presque au­tant qu'une bonne scène le fait d'être son propre pa­tron, il conti­nue à s'en­ri­chir tran­quille en Hon­grie en­tou­ré de ses fi­dèles har­deurs. Sa mé­thode ? Simple. Ra­fraî­chir ré­gu­liè­re­ment la vi­déo­thèque de son site payant Woodman Cas­ting X à cin­quante eu­ros les trente jours all-in­clu­sive. Dès lors, se pose la ques­tion : com­ment de­vient-on Pierre Woodman ? Com­ment de­vient-on un des noms les plus em­blé­ma­tiques du X ? Ré­ponse : en sa­chant sai­sir les op­por­tu­ni­tés qu'offre la vie sans se po­ser de ques­tions. Pour ce­lui qui n'est en­core qu'un pho­to­graphe ca­pable au­tant de suivre Serge Gains­bourg lors de ses nom­breuses soi­rées ar­ro­sées en boîte de nuit que de fi­ger le fa­meux lan­cer de cu­lotte de Ma­don­na pen­dant son concert au parc de Sceaux, le vi­rage exis­ten­tiel s'es­quisse en 1989. Tan­dis qu'on en­terre le mur de Ber­lin et Salvador Dalí, Woodman par­ti­cipe au lan­ce­ment du

ma­ga­zine Hot Vi­déo puis gagne le res­pect du mi­lieu en en­chaî­nant les block­bus­ters es­tam­pillés Pri­vate. La suite ? Woodman s'aco­quine na­tu­rel­le­ment avec Lar­ry Flynt qui lui offre un contrat à cinq mil­lions de dol­lars la de­mi-dé­cen­nie. Au dé­but, c'est le jack­pot. Les créa­tions Woodman cal­quées sur le mo­dèle Pri­vate sauvent l'em­pire Hust­ler de la ban­que­route et Pierre sa­voure le moindre gramme d’ame­ri­can dream entre Dodge Vi­per, vi­rées à Ve­gas et franche ca­ma­ra­de­rie avec son pote Mike Ty­son. Seule­ment voi­là, l'idylle avec Flynt tourne au vi­naigre à cause de mul­tiples re­tards de sa­laire et manque de s'ache­ver au tri­bu­nal. Faute d'avo­cats sur­puis­sants, Woodman pré­fère lâ­cher l'af­faire et re­bon­dit chez Pri­vate. Il réa­lise un re­make de Sin Ci­ty, lo­gi­que­ment in­ti­tu­lé Sex Ci­ty puis claque la porte pour al­ler créer sa boîte de dis­tri­bu­tion et de pro­duc­tion à Bar­ce­lone. Son plus gros coup ? Une re­su­cée dé­me­su­rée d'Ex­ca­li­bur à 800 000 eu­ros drai­nant 40 ac­trices, 35 ac­teurs et 250 fi­gu­rants. Du cul gran­di­lo­quent comme il en fai­sait dans les ni­ne­ties avec Gi­go­lo ou The Py­ra­mid (bud­get de 1,2 mil­lion de dol­lars et un des por­nos les plus ban­kable de la pla­nète,

ndlr). À l'époque, Woodman jau­geait dé­jà tout ce qui porte une jupe et des col­lants dans Vá­ci ut­ca, ar­tère tou­ris­tique pes­toise où il croi­sa son pre­mier agent lo­cal, un prêtre per­vers d'ori­gine tran­syl­va­nienne. Tout un sym­bole. Il mul­ti­plia les cas­tings dans le ber­ceau de la Cic­cio­li­na, sui­vit la vague fren­chie ini­tiée sur place par le tau­lier Ch­ris­tophe Clark et po­sa les ja­lons de son sys­tème di­vi­sant la pro­fes­sion. Cer­tains louent son cô­té tête brû­lée et ses tour­nages épiques qui au­raient pu l'en­voyer en taule comme en Égypte. D'autres dé­noncent un ba­ra­ti­neur li­bi­di­neux aux mé­thodes tu­toyant le viol. Lui pré­fère es­qui­ver en ré­glant la fo­cale de son ca­mé­scope et en dé­cli­nant ses états de ser­vice : « Je n’ai ja­mais bos­sé sans contrat et en­core moins sans être sûr que la fille est open. Se faire su­cer au som­met du Mont-Blanc, tour­ner sur des plages aux Seychelles ou en Aus­tra­lie et bai­ser au-des­sus de l’ap­part’ de la fille de Pou­tine à Saint-Pé­ters­bourg, j’ap­pelle ça pro­fi­ter de la vie. » Ava­lant son cap­puc­ci­no près de la gare Ke­le­ti, István Kovács, pape du X ma­gyar re­ti­ré des pla­teaux, ap­plau­dit la suc­cess sto­ry Woodman en se lis­sant les bac­chantes : « Pierre a creu­sé son sillon comme un chef de­puis vingt-cinq ans. Quand je l’ai connu, le por­no émer­geait après la chute du com­mu­nisme et on a par­ta­gé quelques ex­pé­riences in­té­res­santes. Ras­su­rer les na­nas comme il le fait, ça les convainc fa­ci­le­ment même si Pierre n’est ab­so­lu­ment pas un tendre de la chose. Il aime à fond l’anal et les vierges du trou de balle. » Vrai, mais ce­la ne l'em­pêche en rien d'être pré­cau­tion­neux et d'en­re­gis­trer l'in­té­gra­li­té de ses en­tre­tiens dé­ver­gon­dés, his­toire d'évi­ter les em­merdes. Comme ce jour de 1991 où une ac­trice asia­tique ve­nue à Pa­ris por­ta plainte pour viol en réu­nion, en­voyant le staff der­rière les bar­reaux jus­qu'à ce que les cli­chés dé­ve­lop­pés la mon­trant tout sou­rire contre­disent ses dires. De­puis, il se couvre sys­té­ma­ti­que­ment avec une ca­mé­ra au point d'avoir trans­for­mé sa parano en marque de fa­brique. Avant d'ar­ri­ver au cas­ting, l'as­pi­rante doit jouer cartes sur table en lui confiant un pa­quet d'infos in­times et de pho­tos ré­centes avec des poses ex­trê­me­ment pré­cises.

RÉSEAU RUSSE ET ANONYMOUS

Un autre rouage fon­da­men­tal de la ma­chi­ne­rie Woodman s'ar­bitre en­core plus dis­crè­te­ment sur les col­lines de Bu­da. Pour ré­soudre l'énigme, il suf­fit de quelques SMS, d'un chauf­feur si­bé­rien moyen­ne­ment an­glo­phone bap­ti­sé Jay et d'une de­mi-heure de tra­jet vers la mai­son de Ju­lia­na Gran­di, la chas­seuse ayant me­né, entre autres, Sa­sha Co­li­brixx à Pierre. L'an­cienne porns­tar ouz­bèke de­ve­nue agente in­fluente re­çoit dans son mi­ni-ma­noir à la Hugh Hef­ner. Elle y forme les filles aux règles de l'art, ex­hibe fiè­re­ment son ca­ta­logue de bim­bos, connaît les at­tentes des pro­duc­teurs et re­crute en consé­quence. Comme Ga­briel­la, c'est en can­di­da­tant que Ju­lia a dé­bou­lé dans l'exis­tence de Woodman qui, de­puis, ne peut plus se pas­ser de sa dé­ni­cheuse de rus­so­phones avec la­quelle il a par­cou­ru la Fé­dé­ra­tion, de Mos­cou à Pe­tro­za­vod­sk. L'af­faire était pour­tant mal en­ga­gée lors de leur pre­mière ren­contre en 2008 au sa­lon éro­tique Ve­nus de Ber­lin : « J’ai d’abord pen­sé que Pierre était un gros trou du cul et puis d’un coup, on a tous­sé très fort sans pou­voir s’ar­rê­ter. Je lui ai fi­lé des com­pri­més et me voi­là ren­trée dans son uni­vers. On s’est re­trou­vés dans des si­tua­tions dingues genre une cam­pagne Anonymous contre nous à Saint-Pé­ters­bourg parce qu’une na­na de là-bas pré­ten­dait que Pierre l’avait blin­dée de GHB pour la vio­ler », ra­conte la VRP entre deux mails. Et alors ? Sans dé­tour­ner les yeux de son smart­phone, Ju­lia­na Gran­di cloue : « Je connais son sys­tème sans avoir bai­sé avec lui. Il dé­teste que les filles mentent mais

les res­pecte sin­cè­re­ment. » Pour­tant, les ac­cu­sa­tions pleuvent contre l'homme comme sur Wein­stein. Les Amé­ri­caines Se­re­ni­ty Haze et La­na Rhoades évoquent des pra­tiques ou­tre­pas­sant le contrat mais Pierre est tou­jours pas­sé entre les gouttes. Dé­les­té d'une par­tie de son pé­cule en frais d'avo­cat, Woodman conserve ce­pen­dant les goûts de luxe du self-made man is­su de la France pro­fonde et bi­gote. En l'oc­cur­rence, un mo­deste pa­villon de Cha­mal­lières, fief du gis­car­disme où Pierre for­gea la lé­gende de son in­tri­gant pseu­do entre deux ga­mi­ne­ries avec son frère : « J’ado­rais grim­per aux arbres et mar­cher en fo­rêt donc on m’ap­pe­lait l’Homme des bois, “Woodman” en an­glais. Mes pa­rents avaient peu d’ar­gent et les en­fants de bourges se mo­quaient de nous à l’école. Re­vanche so­ciale ou pas, je me suis sur­tout prou­vé que je pou­vais réus­sir » , pose le pas­sion­né d'arai­gnées se di­sant aus­si te­nace que l'ani­mal lo­go de sa firme. Bi­be­ron­né aux seins de Bri­gitte La­haie, on le dé­couvre nos­tal­gique dans The Pierre Woodman Sto­ry (HBO Hon­grie, 2009) de­vant la mai­son de son en­fance, le sex-shop de Cler­mont-Fer­rand où il a chi­pé sa pre­mière re­vue co­chonne, le bar où il tri­mait pour des clo­pi­nettes ou le com­mis­sa­riat pa­ri­sien du 18e où il por­ta na­guère l'uni­forme. On le voit cas­sant, hau­tain voire in­fect en­vers les moins co­opé­ra­tives dans À l’Est, rien de nou­veau (Quarks, 2013). Sa der­nière mue ? C'était en 2017 sur Ca­nal+ où il jouait les che­va­liers blancs de la lutte an­ti-dé­rives du por­no 2.0 ac­ces­sible à n'im­porte quel gosse dans Por­no­cra­tie d'Ovi­die. Un rôle de mo­ra­li­sa­teur qu'il en­dosse par­fois avec gour­man­dise lors de con­fé­rences, loin des té­tons mor­dillés et des claques sur le séant. Et si Woodman n'était qu'un bo­ni­men­teur dou­blé d'un ex­pert du vice ? Un drôle de gou­jat dont la seule constante se­rait d'avoir su s'adap­ter au mar­ché pour pros­pé­rer jus­qu'à ce que la fête soit bel et bien ter­mi­née ? Mais l'est-elle vrai­ment ? Tel un boxeur ba­taillant jus­qu'au dou­zième round, le por­no­crate cro­chète la quille en son re­fuge ma­gyar : « J’en­chaîne les longues jour­nées par­fois jus­qu’à épui­se­ment mais je ne res­sens pas en­core cette las­si­tude qui me di­rait d’ar­rê­ter net. J’ai tou­jours eu des na­nas dans ma vie et je re­fuse de me re­ti­rer même si la vieillesse me guette. » Ou pire, la dé­ban­dade.• TOUS PRO­POS RE­CUEILLIS PAR J. L- P.

« SE FAIRE SU­CER AU SOM­MET DU MONT- BLANC, TOUR­NER AUX SEYCHELLES OU EN AUS­TRA­LIE ET BAI­SER AU- DES­SUS DE L'AP­PART' DE LA FILLE DE POU­TINE, J'AP­PELLE ÇA PRO­FI­TER DE LA VIE. » PIERRE WOODMAN

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