JO NESBØ

So Film - - Sommaire - PAR DA­VID ALEXAN­DER CASSAN & JEAN-VIC CHAPUS – PHO­TOS : THRON ULLBERG

Ex­tra. Der­rière les mil­lions d’exem­plaires écou­lés et sa dé­gaine de flic ten­du échap­pé d’un épi­sode de The Shield, Nesbø sait aus­si théo­ri­ser le ma­riage pas tou­jours évident entre ci­né­ma et lit­té­ra­ture po­li­cière. Com­ment ? En sla­lo­mant tout schuss entre Mar­tin Scor­sese, True De­tec­tive et même… la per­fec­tion nar­ra­tive de Toy Sto­ry 3.

Par­mi les ar­gu­ments de vente de ses der­niers po­lars, le Nor­vé­gien Jo Nesbø a par­fois été pré­sen­té comme « le pro­chain Stieg Lars­son ». Mais ne comp­tez pas sur lui pour du­pli­quer la re­cette de la tri­lo­gie Millé­nium. Der­rière les mil­lions d'exem­plaires écou­lés et sa dé­gaine de flic ten­du échap­pé d'un épi­sode de The Shield, Nesbø sait aus­si théo­ri­ser le ma­riage pas tou­jours évident entre ci­né­ma et lit­té­ra­ture po­li­cière. Com­ment ? En sla­lo­mant tout schuss entre Mar­tin Scor­sese, True De­tec­tive et même… la per­fec­tion nar­ra­tive de Toy Sto­ry 3.

Au­jourd'hui, lorsque vous sor­tez un livre, est-ce que vous avez l'im­pres­sion de su­bir le même genre de pres­sion qu'un réa­li­sa­teur de block­bus­ters ? C'est dif­fé­rent au ci­né­ma, pour de grands réa­li­sa­teurs comme Scor­sese ou Spiel­berg. Eux ont réel­le­ment la pres­sion de leur bud­get. J'ima­gine que ces réa­li­sa­teurs ont tou­jours ça dans un coin de la tête. Moi, en tant qu'écri­vain, je suis à la fois réa­li­sa­teur, pro­duc­teur et scé­na­riste. Et je ne suis pas cher. Je n'ai be­soin que d'une feuille et d'un sty­lo. Quand ma mai­son d'édi­tion m'a an­non­cé le chiffre de 300 000 exem­plaires en pre­mier ti­rage pour mon ro­man La Soif, j'ai pen­sé : « Mais ils sont tom­bés sur la tête ! » Ça re­pré­sente plus de monde que Ber­gen, la deuxième ville du pays, celle où j'ai fait mes études...

Vous par­liez de Mar­tin Scor­sese. Il y a quelques an­nées, il s'était dé­cla­ré in­té­res­sé par l'adap­ta­tion de votre livre Le Bon­homme de neige. Com­ment vous avez ré­agi quand on vous a ap­pris ça ? En ef­fet, c'est lui qui de­vait réa­li­ser l'adap­ta­tion au dé­part. C'est d'ailleurs un peu pour ça que j'ai dit oui pour com­men­cer ! Il a même été ques­tion qu'on se ren­contre à New York, mais fi­na­le­ment ça ne s'est ja­mais fait. Au bout d'un mo­ment, le stu­dio a vou­lu faire le film un peu plus vite qu'il ne pou­vait le faire lui, parce qu'il a pas mal de pro­jets sur le feu, donc il est de­ve­nu pro­duc­teur mais plus réa­li­sa­teur. C'était il y a quelques an­nées, dé­jà.

Vous avez une re­la­tion par­ti­cu­lière avec votre per­son­nage prin­ci­pal, Har­ry Hole. Vous au­riez pu lais­ser un autre réa­li­sa­teur que Mar­tin Scor­sese lui don­ner un vi­sage ? Pen­dant des an­nées, j'ai re­fu­sé les offres d'adap­ta­tion parce que le ci­né­ma est un mé­dia beau­coup plus fort que le livre. Je ne vou­lais pas qu'il dé­fi­nisse la sé­rie, alors que je suis en­core en train de l'écrire : ce que sont les per­son­nages, com­ment ils parlent, com­ment ils marchent… Je pré­fère qu'il y ait une cen­taine de Har­ry Hole dans la tête de mes lec­teurs plu­tôt que de voir quel­qu'un le re­pré­sen­ter. Sauf que j'ai long­temps dit qu'il fau­drait que Mar­tin Scor­sese m'ap­pelle pour que j'y ré­flé­chisse. Évi­dem­ment, c'était une blague, mais quand il s'y est vrai­ment in­té­res­sé, j'étais échec et mat. Quelque temps après avoir dé­ci­dé de leur cé­der les droits, j'ai ren­con­tré To­mas Al­fred­son, qui m'a ex­pli­qué qu'il vou­lait faire son propre film, sa propre his­toire, et ça m'al­lait très bien. Je n'ai pas en­core vu Le Bon­homme de neige, mais d'après ce qu'on m'a dit, c'est une his­toire dif­fé­rente avec le même titre. Je fi­ni­rai par le voir, en tout cas, même si je sais main­te­nant que les cri­tiques ne sont pas très bonnes…

Et quand on vous an­nonce que c'est Mi­chael Fass­ben­der qui a fi­na­le­ment été choi­si pour le rôle de Har­ry Hole, vous ré­agis­sez com­ment ? Je sup­pose que c'est im­pos­sible de trou­ver un ac­teur qui res­semble exac­te­ment à l'image que je me fais de Har­ry Hole. Cette quête-là, je vous as­sure : mieux vaut l'aban­don­ner tout de suite. On m'a sou­vent de­man­dé si je ver­rais un co­mé­dien ca­pable d'in­car­ner phy­si­que­ment ce per­son­nage. Le seul ac­teur au­quel j'au­rais pu pen­ser est Nick Nolte. Pour­quoi ? Parce qu'il a ce re­gard triste, ces yeux de chien bat­tu, et énor­mé­ment char­meurs en même temps. On peut voir la fo­lie dan­ser dans les yeux de Nick Nolte. Quand To­mas m'a dit qu'il vou­lait prendre Mi­chael, la seule chose que je me suis de­man­dée c'est : « Fass­ben­der est-il un bon ac­teur ? » Je l'avais vu dans Shame, où je l'avais trou­vé brillant. Mais vous pou­vez avoir tous les bons in­gré­dients pour un plat, rien ne dit que ce se­ra un plat réus­si.

Quelle était votre re­la­tion à la culture amé­ri­caine en gran­dis­sant ? Mon père a gran­di à New York ; mes grands-pa­rents du cô­té de mon père étaient des Nor­vé­giens qui ont émi­gré aux États-Unis avant de ren­trer au pays. Le cô­té pa­ter­nel de ma fa­mille était « amé­ri­ca­ni­sé ». Ça s'est sans doute ré­per­cu­té sur ma culture en termes de livres, de films, de disques. Par exemple, j'ai­mais beau­coup Mark Twain, Hu­ck­le­ber­ry Finn et Tom Sawyer. D'ailleurs, on pour­rait presque dire que Tom Sawyer est le pre­mier po­lar que j'ai lu : ça parle quand même de quel­qu'un qui a été as­sas­si­né, et les per­son­nages partent à la re­cherche des as­sas­sins. Le ci­né­ma est ve­nu après. Comme je suis né en 1960, j'avais une di­zaine d'an­nées quand j'ai vu les films de Francis Ford Cop­po­la, Le Par­rain et Le Par­rain - 2e par­tie, puis Conver­sa­tion se­crète, que je n'ai pas vu à la sor­tie mais aux alen­tours de 1982. J'étais étu­diant, et je n'en avais même ja­mais en­ten­du par­ler. Je me suis as­sis de­vant un tout pe­tit écran de té­lé­vi­sion, et je n'ai eu be­soin que de soixante se­condes pour sa­voir, d'ins­tinct, que c'était un grand film. J'ai lais­sé tom­ber tout ce que j'étais en train de faire pour en pro­fi­ter.

Quand est-ce que ça vous est ar­ri­vé pour la der­nière fois ? Quand j'ai vu le dé­but de In­ters­tel­lar, de Ch­ris­to­pher No­lan. À vrai dire, il m'est ar­ri­vé la même chose pour Me­men­to : le film était en cours quand je suis ar­ri­vé dans la pièce, mais je l'ai vu, je me suis as­sis et je me suis dit : « Ok, c’est su­per » . Ces deux-là, et Toy Sto­ry 3, en fait. J'étais dans le train avec ma fille, qui avait 8 ou 9 ans à l'époque, et elle re­gar­dait le film sur son or­di­na­teur por­table. Elle s'est tour­née vers moi, et m'a dit : « Pa­pa, ça, c’est un grand film. » Je l'ai re­gar­dée et je lui ai dit : « Oui, c’est un film pour en­fants, c’est Toy Sto­ry 3, mais je le re­garde et d’un point de vue de conteur, il y a ef­fec­ti­ve­ment tout, c’est le film par­fait ! »

“Pour Mamma Mia !, il y aquand même des li­mites à la gêne que je­suis prêt à ressentir au ci­né­ma .”

Ça vous ar­rive de faire ré­fé­rence à cer­tains films dans vos in­trigues ? Dans ma gé­né­ra­tion d'écri­vains, nous avons vu plus de films que nous n'avons lu de livres. D'ailleurs, je crois que cette in­fluence se res­sent dans le rythme de l'his­toire, dans les des­crip­tions qui ne sont pas faites par un nar­ra­teur om­ni­scient mais de­puis le point de vue d'une ca­mé­ra, d'un ob­jec­tif qui lui, est neutre, et ra­conte ce qu'il se passe. C'est en­suite au lec­teur de ti­rer ses propres conclu­sions, et ça fait toute la dif­fé­rence. Um­ber­to Eco écri­vait qu'il y a une grande dif­fé­rence entre les phrases : « Elle a dit avec co­lère » , et « Elle a dit avec une voix em­preinte de co­lère » . Dans la pre­mière phrase, vous êtes un nar­ra­teur om­ni­scient à l'an­cienne, quel­qu'un qui peut nous dire ce qu'il se passe dans la tête des per­son­nages. Dans l'autre, vous êtes une mouche po­sée sur le mur, qui se contente de dé­crire ob­jec­ti­ve­ment ce qu'elle en­tend. Peut-être qu'elle est en co­lère, peut-être qu'elle fait sem­blant d'être en co­lère, peut-être qu'elle a cette voix-là, mais c'est à vous de dé­ci­der en tant que lec­teur. Quand vous voyez un écri­vain uti­li­ser cette tech­nique-là, il me semble que c'est une in­fluence di­recte du ci­né­ma.

Cer­tains disent que vos livres ou ceux de Hen­ning Man­kell, par exemple, or­ga­ni­sés au­tour de per­son­nages forts et ré­cur­rents, ont un peu pré­fi­gu­ré l'âge d'or des sé­ries té­lé­vi­sées. Qu'en pen­sez-vous ? Je me rap­pelle avoir été très ex­ci­té lors des pre­mières an­nées des grandes sé­ries dif­fu­sées sur HBO : Les So­pra­no, The Wire... À la suite, il y a eu Mad Men, que je trouve brillant parce que si on vous le ra­conte comme un pitch, vous n'y croyez pas du tout. « On va faire une sé­rie très chère à pro­pos de la pu­bli­ci­té aux États-Unis dans les an­nées 60, et vous n’ai­me­rez au­cun des per­son­nages. » L'his­toire qu'elle ra­con­tait la ren­dait dif­fi­cile à dé­fi­nir en termes de genre, et j'étais éton­né, impressionné que ce soit l'in­dus­trie com­mer­ciale de la té­lé­vi­sion amé­ri­caine qui soit prête à prendre des risques avec ces his­toires. Idem pour Dead­wood : « Et si on fai­sait se ren­con­trer Shakespeare et le wes­tern spa­ghet­ti ? » Ils ont mis beau­coup d'ar­gent dans des idées cou­ra­geuses. Ces pre­mières an­nées du re­tour des sé­ries étaient un âge d'or. Au­jourd'hui, on sent que ça com­mence à se di­luer. Même dans cette in­dus­trie de la sé­rie té­lé, on sent que les di­rec­teurs des pro­grammes com­mencent à vi­ser ce qui va mar­cher. Pre­nez Ozark, par exemple. C'était plu­tôt bon, mais vous pou­vez presque en­tendre le pitch en re­gar­dant la sé­rie : « Pre­nons un peu de Bloo­dline, avec un en­droit mer­veilleux que les gens ai­me­ront re­gar­der, et un peu de Brea­king Bad. » Et c'est exac­te­ment ce que c'est : ça res­semble à Bloo­dline, et c'est l'his­toire de Brea­king Bad.

Vous n'avez pas par­lé de True De­tec­tive…

L'his­toire était me­née par les per­son­nages, et par les ac­teurs. Mat­thew McCo­nau­ghey est su­per, mais son rôle était plus fa­cile que ce­lui de Woo­dy Har­rel­son. En fin de compte, c'est lui qui m'a le plus impressionné. Les ac­teurs adorent jouer le mec un peu fou qui bri­cole ses pe­tits pliages sur un bout de table. Har­rel­son avait un rôle net­te­ment plus dif­fi­cile à maî­tri­ser : il de­vait jouer le mec droit qui pou­vait bas­cu­ler dans la fo­lie à tout mo­ment, et il l'a fait brillam­ment.

Dans La Soif, vous êtes très cri­tique en­vers les nou­veaux modes de com­mu­ni­ca­tion ; avez-vous vu The Square, film lui aus­si très cri­tique à ce pro­pos comme sur la so­cial-dé­mo­cra­tie sué­doise ? Je ne l'ai pas en­core vu, mais j'en ai par­lé avec le réa­li­sa­teur Ru­ben Öst­lund avant qu'il ne le tourne. Ce qui m'in­té­res­sait, ce sont les si­tua­tions créées par Tin­der et autres ap­pli­ca­tions de ren­contre : des in­con­nus se ren­contrent sans éti­quettes der­rière les­quelles se ca­cher, sans fi­let de sé­cu­ri­té… En gros, ce­la res­semble à une es­pèce de champ de ba­taille de l'amour. Un champ de ba­taille où vous n'avez pas d'autres choix que de tuer ou de vous faire tuer. J'étais dans le ca­fé à cô­té de chez moi, et je voyais ces jeunes couples réunis au-des­sus d'une tasse de ca­fé, j'ai com­pris que c'étaient des ren­contres faites sur le net et j'ai com­men­cé à écou­ter leurs con­ver­sa­tions, parce que j'étais cu­rieux : ces gens ar­rivent avec le coeur sur la main, et risquent l'hu­mi­lia­tion ter­rible d'être re­je­tés. C'est une si­tua­tion très dra­ma­tique, ils sont ner­veux, vous pou­vez presque en­tendre leur coeur battre la cha­made… C'est du théâtre, et ça se joue tous les jours dans un ca­fé à cô­té de chez vous. J'ai bais­sé le vo­lume de ma mu­sique, en­le­vé mes écou­teurs dis­crè­te­ment, et j'ai écou­té ce qui se di­sait. Par­fois, c'était très gê­nant. Par­fois, très po­li, presque comme un en­tre­tien d'em­bauche. Ils se te­naient droits, par­laient cha­cun à leur tour en ho­chant la tête pour va­li­der ce que di­sait l'autre… Par­fois, ils étaient aus­si très hon­nêtes, en al­lant droit au but. Plus que le phé­no­mène Tin­der, ce sont ces si­tua­tions qui ont ex­ci­té ma cu­rio­si­té : ces gens se ren­contrent sans s'ap­puyer sur des règles connues, voi­là ce qui est in­té­res­sant.

En tant qu'écri­vain, vous jouez à sur­prendre vos lec­teurs. Que pen­sez-vous des films à twist, comme Usual Sus­pects, par exemple ? Par­fois, il m'ar­rive d'an­ti­ci­per cer­taines in­trigues, même sub­tiles : je peux voir la ma­ni­pu­la­tion, les pe­tits trucs, mais ça n'en­lève rien à la pres­sion ou au plai­sir. Un soir, je dis­cu­tais avec un hu­mo­riste et il m'a ex­pli­qué la no­tion de « ti­ming ». Le ti­ming, c'est d'en­voyer la pun­chline au mo­ment exact où vous com­pre­nez ce qui ar­rive. Si une blague ne fait que vous sur­prendre, ce n'est que du chaos et ça ne vous fe­ra pas rire. Il doit y avoir une cer­taine com­pré­hen­sion, même si ça res­semble à une sur­prise. C'est exac­te­ment la même chose avec la ré­vé­la­tion fi­nale, cru­ciale dans une in­trigue po­li­cière : il faut que votre lec­teur se dise : « Ah ! » Et pas : « C’est quoi ce bor­del !? » Une in­trigue comme celle de Usual Sus­pects, dans la­quelle vous com­pre­nez que ce mec qui quitte le com­mis­sa­riat après avoir ra­con­té toute l'his­toire est en fait le cou­pable, peut en­core me plaire au­jourd'hui. Parce que la sen­sa­tion d'avoir été ma­ni­pu­lé reste tou­jours très agréable. Et je vous dis ça d'au­tant plus vo­lon­tiers que ça ne m'ar­rive pas sou­vent ces jours-ci…

Est-ce que ça peut vous ar­ri­ver de quit­ter une séance au bout de dix mi­nutes parce que vous sa­vez com­ment l'in­trigue risque de se fi­nir ? Ré­cem­ment, je li­sais Shut­ter Is­land de Den­nis Le­hane, qui a été adap­té par Mar­tin Scor­sese. À par­tir de la struc­ture de l'his­toire, de la fa­çon dont il fait mon­ter le sus­pense, j'ai com­pris aux alen­tours de trente pages que tout re­po­sait sur le fait qu'il était sur l'île et que c'était lui, le fou. Ré­sul­tat : c'est une des très rares fois où j'ai feuille­té le livre jus­qu'à la fin pour vé­ri­fier mon hy­po­thèse. Je n'avais juste pas en­vie de pas­ser deux se­maines à le lire pour voir s'il ra­con­tait l'his­toire que je sus­pec­tais. Ce n'est pas parce que c'est une mau­vaise in­trigue, ou que c'est mal écrit, c'est parce que tout re­pose sur ce twist. Et vous sa­vez quoi ? J'ai quand même re­gar­dé le film, même si je connais­sais le twist… J'y ai même pris du plai­sir. Bon, j'avoue que pour Mamma Mia !, le film sur ABBA, je suis sor­ti de la salle. Il y a quand même des li­mites à la gêne que je suis prêt à ressentir au ci­né­ma. •

Le Bon­homme de neige Mamma mia Toy Sto­ry 3 Shut­ter Is­land True De­tec­tive

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