La Chèvre DE FRANCIS VEBER ( 1981)

So Film - - Blind Test -

J'ai un gros blo­cage avec les films de notre époque, dans les­quels tout est un clin d'oeil d'un clin d'oeil d'un clin d'oeil. C'est une ana­lyse un peu foi­reuse, mais je pense que ça vient un peu de l'hu­mour Ca­nal, dont les Nuls sont à l'ori­gine. Ce sont eux qui ont in­suf­flé cette es­pèce de dy­na­mique de co­mé­die où on peut dé­sor­mais dire à un ac­teur : « Moins tu joues, plus c’est cool. » Ce­la a don­né nais­sance à plein de co­mé­diens qui sont su­per par ailleurs, les Ma­nu Payet ou je ne sais pas quoi. Ce sont des mecs dé­ta­chés, qui sont le ré­sul­tat de notre époque et qui, moi, me gênent. Je vois des gens conscients d'être dans une co­mé­die. Le vrai rire, qui sort na­tu­rel­le­ment, c'est quand même très rare dans une co­mé­die fran­çaise. Mais je dis ça… Tu me montres un Will Fer­rell, je m'en­nuie, tu n'as même pas idée. Parce qu'eux aus­si, leur for­mule com­mence à être pous­sive. Quand je re­garde La Chèvre, je vois des co­mé­diens qui vivent le truc. Il n'y a pas de dé­ta­che­ment. Pierre Richard a un cô­té non-co­mé­dien, ça fait par­tie de son per­son­nage, mais il ne joue ja­mais au mec cool. Les mecs sont im­pli­qués. La Chèvre, ce n'est vrai­ment pas mon pré­fé­ré, mais c'est fait comme un film. C'est tour­né comme un film, mon­té comme un film. Au­jourd'hui, on ne fait plus du ci­né­ma, on fait du fil­mage. C'est de la té­loche. Si l'am­bi­tion des mecs est de faire mar­rer, on s'en fout de la

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