Peur sur la ville D'HEN­RI VER­NEUIL ( 1974)

So Film - - Blind Test -

Peur sur la ville, ça a dû être un truc qui m'a mis une dis­quette à un mo­ment don­né. Je ne l'ai pas re­vu, mais à un mo­ment on lui met un bri­quet de­vant l'oeil, et dans Au poste !, il y a cette scène avec le bri­quet. Marc Fraize, à qui il manque un oeil dans le film, c'est un peu Mi­nos, et les cos­tumes de Peur sur la ville nous ont éga­le­ment ins­pi­rés. Juste parce qu'on ai­mait bien les cou­leurs, sans faire la connexion avec tout le reste d'ailleurs. Après, j'en avais plein le cul de fil­mer le so­leil de Ca­li­for­nie – je n'ai tour­né que des films en plein jour – donc je vou­lais me frot­ter à la nuit. La Dé­fense, la nuit, c'est l'in­verse de ce que je peux faire. Donc c'était hy­per in­té­res­sant d'y al­ler. J'y ai fait des pho­tos, et je me suis dit qu'en fait, je pou­vais trou­ver des plans exac­te­ment comme je le fais dans la val­lée à Los An­geles. En fait, c'est pa­reil en mieux, parce que c'est chez moi, et c'est plus in­té­res­sant parce que je ne l'ai ja­mais fait. Quand Peur sur la ville est ton pre­mier film d'ac­tion, c'est an­gois­sant. Donc en tant que ga­min, ça te marque. Au­jourd'hui, la vio­lence a rem­pla­cé l'an­goisse. Fran­chir les li­mites, dé­sor­mais, c'est la vul­ga­ri­té ou l'ex­trême vio­lence, comme dans Nid de guêpes et tous ces films atroces. Le twist de l'époque, qui était de faire de la ma­gie, avec de l'an­goisse et du sus­pense, c'est un truc qui manque. Un film po­li­cier fran­çais d'au­jourd'hui, ça peut être cool, mais tout est trop réa­liste. Peur sur la ville, ce n'est pas réa­liste, c'est du fan­tasme.

«Go­dard, c’est le ci­néaste qui vous au­to­rise tout, vous li­bère de tous les for­mats»

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