Dur, dur d’être Be­bé

So Foot - - SO FOOT_CAHIER INTERNATIONAL - Par Eleo­no­ra Gio­vio pour El Pais – ESPAGNE

Le nom de Tia­go Ma­nuel Dias Cor­reia, Be­bé, se­ra à ja­mais ac­co­lé à l’image du trans­fert le plus abra­ca­da­bran­tesque de l’his­toire. Pas­sé en l’es­pace d’un an de star de l’Eu­ro des sans-abri à plante verte de Man­ches­ter Uni­ted, le Por­tu­gais a trou­vé la quié­tude au Rayo Val­le­ca­no. Il se ra­conte, entre corvée de vais­selle et raz­zia de sapes Guc­ci.

L’or­phe­li­nat de cent cin­quante per­sonnes dans le­quel j’ai vé­cu dix ans, de 9 à 19 ans. Même quand j’ai si­gné au Vi­to­ria Gui­marães, je conti­nuais à vivre à la Ca­sa do Gaia­to. J’ai­mais cet en­droit, ce n’était pas fa­cile de par­tir de là-bas, c’était comme une famille pour moi. J’y ai ap­pris tout ce que je sais au­jourd’hui.

RCe n’est pas vrai. J’ai gran­di avec ma grand-mère, elle nous a édu­qués, ma soeur et mes trois frères. C’était dif­fi­cile pour elle de conser­ver au­tant de monde à la mai­son. En plus, je ne me com­por­tais pas bien, c’était en­core plus dif­fi­cile pour elle. J’avais un oncle qui vi­vait à la Ca­sa do Gaia­to et qui pen­sait que c’était une bonne op­tion pour moi, pour ap­prendre et sa­voir ce qu’est la vie. Du coup, j’y suis al­lé. Mais, pour moi, mes pa­rents ne m’ont pas aban­don­né. et voi­là com­ment je me suis ren­du en Bos­nie. Il fal­lait jouer tous les jours. Moi, je ne m’en­traî­nais ja­mais, j’étais tou­jours en train de dor­mir sur le banc parce que j’étais bon et que je n’avais pas be­soin de m’en­traî­ner. Contre la France, on per­dait 3-0 et l’en­traî­neur m’a fait en­trer. J’ai tué le match en mar­quant quatre buts. J’en ai même mar­qué qua­rante en six matchs. J’avais 18 ans, j’étais en­core un gosse, mais je frap­pais très fort et pou­vais drib­bler tout le monde. C’est là qu’on a com­men­cé à s’in­té­res­ser à moi.

Le beau Be­bé.

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