Ro­bert Pires

So Foot - - POURQUOI AIMEZ-VOUS LE FOOTBALL? - – GP & FA

Meilleur joueur de foot­ball sans plier les ge­noux

“Si j’aime le foot­ball, c’est avant tout grâce à mon père. En­fant, j’al­lais le voir à tous ses matchs, il était mon idole. Je ne sau­rais dire si c’est une his­toire de trans­mis­sion cultu­relle ou si c’est quelque chose de pu­re­ment gé­né­tique, mais au­jourd’hui, c’est clai­re­ment dans mon ADN. À cette époque, ja­mais je n’au­rais ima­gi­né un jour por­ter le maillot de l’équipe de France. Alors au­tant dire que ga­gner une coupe du monde… On ne s’en re­met ja­mais vrai­ment. J’ai tou­ché le Graal. Pour au­tant, je ne me suis ja­mais sen­ti bla­sé ou las­sé de jouer au foot­ball. Même en­core au­jourd’hui, dès que je peux, je tape un cinq contre cinq ou un sept contre sept avec mes potes. Le jour où j’ar­rê­te­rai, c’est que je ne pour­rai plus mar­cher. Le foot­ball est vrai­ment le truc le plus puis­sant que j’ai connu dans ma vie. Il y a trois ans, je me suis re­trou­vé à faire un match avec le Va­rié­tés Club de France au Groen­land. Sin­cè­re­ment, je me di­sais qu’au Groen­land, il n’y au­rait vrai­ment per­sonne pour ve­nir voir des vieux jouer. Er­reur. Il y avait plein de monde au­tour du ter­rain. Une fo­lie. Et là, je me suis dit: ‘Ah ouais,

le foot est quand même puis­sant.’ C’est pour ce­la que le foot doit res­ter un sport col­lec­tif. Il y a une ten­dance aux tro­phées in­di­vi­duels et à la mise en avant per­pé­tuelle de sta­tis­tiques qui per­ver­tit l’es­sence même de ce sport, et ce pour quoi je l’aime. Évi­dem­ment, il y a des joueurs qui font la dif­fé­rence, les Mes­si, les Cris­tia­no. Mais der­rière eux, il y a une équipe, un col­lec­tif. D’ailleurs, quand ils n’ont pas les mêmes joueurs au­tour d’eux, ils ne sont pas aus­si forts –il n’y a qu’à voir Mes­si avec l’Ar­gen­tine, ou même Cris­tia­no dans cer­tains matchs du Por­tu­gal. Quand on me de­man­dait

‘Mes­si ou Cris­tia­no?’, j’avais pour ha­bi­tude de ré­pondre ‘Inies­ta’. Pour moi, les Is­co, Inies­ta, Ha­zard ou Özil, qui s’ap­pliquent à faire jouer une équipe et s’ef­facent au pro­fit du col­lec­tif, n’ont pas la re­con­nais­sance qu’ils mé­ritent. J’ai connu un im­mense joueur qui était comme ça, c’était Den­nis Berg­kamp. Le genre de mec qui ne vou­lait ja­mais se mettre en avant et qui, s’il pou­vait te faire mar­quer, le fai­sait. Quand je suis ar­ri­vé à Ar­se­nal, la première chose qu’il m’a dite, c’est: ‘Ro­bert, n’ou­blie ja­mais que le foot­ball est un sport simple.’”

Non Ro­bert, tu n’as pas re­çu ta convo­ca­tion pour la coupe du monde 2006.

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