His­toire vraie.

En dé­cembre 1996, des membres d’un groupe ar­mé ré­vo­lu­tion­naire pé­ru­vien prennent en otages les in­vi­tés d’une ré­cep­tion à l’am­bas­sade du Ja­pon. Cinq mois de siège plus tard, leur amour du foot fi­nit par leur coû­ter la vie.

So Foot - - SOMMAIRE - TOUS PRO­POS RE­CUEILLIS PAR PIERRE BOIS­SON / IL­LUS­TRA­TIONS: GIANPAOLO PAGNI

Ce 17 dé­cembre 1996, dans le jar­din de sa ré­si­dence de Li­ma, l’am­bas­sa­deur du Ja­pon au Pé­rou, Mo­ri­hi­sa Ao­ki, donne l’une des fas­tueuses ré­cep­tions dont il a le se­cret. Près d’un mil­lier d’in­vi­tés se pressent sous les larges bannes blanches où est dres­sé le buf­fet. Ils sont ve­nus cé­lé­brer l’an­ni­ver­saire de l’em­pe­reur du Ja­pon, mais pour­raient tout aus­si bien fê­ter le re­tour de la crois­sance éco­no­mique, après une dé­cen­nie d’hy­per­in­fla­tion, ou la fin des an­nées les plus san­glantes du conflit ar­mé qui a op­po­sé le gou­ver­ne­ment aux gué­rillas d’ex­trême gauche, pro­vo­quant près de 70 000 vic­times et por­tant à la tête de l’État le dic­ta­teur Al­ber­to Fu­ji­mo­ri. Sou­dain, une ex­plo­sion re­ten­tit au fond du jar­din. Plu­sieurs per­sonnes mas­quées font leur en­trée dans la fête. Ils ne sont pas in­vi­tés, mais ils sont ve­nus les bras char­gés: lance-ro­quettes, mi­traillettes et gre­nades. “Tout le monde à l’in­té­rieur et au sol, que per­sonne ne bouge! crie l’un d’entre eux en bran­dis­sant son arme. Ce­lui qui lève la tête, on le mi­traille… Nous sommes des com­bat­tants du MRTA, et si vous obéis­sez, il ne vous ar­ri­ve­ra rien.” Le com­man­do du Mou­ve­ment ré­vo­lu­tion­naire Tu­pac Ama­ru (MRTA), une or­ga­ni­sa­tion d’ex­trême gauche fon­dée en 1984, est com­po­sé de douze hommes et deux femmes. Il vient de s’em­pa­rer de la ré­si­dence, et les in­vi­tés sont dé­sor­mais leurs otages. Leur chef s’ap­pelle Nes­tor Cer­pa. Il porte une cas­quette, son vi­sage est à moi­tié cou­vert d’un dra­peau blanc et rouge aux cou­leurs du MRTA, dont il est le di­ri­geant nu­mé­ro un. Cer­pa a seule­ment 44 ans, mais c’est un vieux com­bat­tant. Il a par­ti­ci­pé au cé­lèbre bra­quage du Ban­co de Cré­di­to en 1982, acte de fon­da­tion du MRTA, puis a di­ri­gé la vague d’en­lè­ve­ments des an­nées sui­vantes, la marque de fa­brique de la gué­rilla, qui trans­for­ma la vie des grands en­tre­pre­neurs pé­ru­viens en cau­che­mar. La plu­part des otages le re­con­naissent im­mé­dia­te­ment: ils l’ont vu en prime time à la té­lé­vi­sion pé­ru­vienne un soir d’avril 1990 où il s’était fait in­vi­ter en échange de la li­bé­ra­tion d’Hec­tor Del­ga­do Par­ker, le pa­tron de la chaîne Pa­na­me­ri­ca­na. Cer­pa y était ap­pa­ru en te­nue mi­li­taire, arme à la main, dra­peau du MRTA dans le fond. On dit alors de lui qu’il est un homme sans pi­tié, connu pour ses chan­ge­ments d’hu­meur et sa pas­sion pour le foot­ball et le club Uni­ver­si­ta­rio de De­portes.

“Il faut com­men­cer à tuer des otages”

Les re­belles re­lâchent im­mé­dia­te­ment les femmes et les per­sonnes âgées mais gardent les mi­nistres, am­bas­sa­deurs, chefs d’en­tre­prise, hauts res­pon­sables mi­li­taires et les membres de la fa­mille d’Al­ber­to Fu­ji­mo­ri pré­sents à la ré­cep­tion. En échange des otages, le com­man­do de­mande of­fi­ciel­le­ment la li­bé­ra­tion des cen­taines de ca­ma­rades qui crou­pissent en pri­son, leur trans­fert dans la fo­rêt ama­zo­nienne, l’in­ver­se­ment de la po­li­tique néo­li­bé­rale du gou­ver­ne­ment Fu­ji­mo­ri et le paie­ment d’un im­pôt de guerre. Re­quête à la­quelle le dic­ta­teur ré­pond d’abord par le si­lence, puis par la né­ga­tive: lui qui a construit son règne sur la guerre to­tale contre le Sen­tier lu­mi­neux et les gué­rillas ré­vo­lu­tion­naires re­fuse de né­go­cier avec ceux qu’il ap­pelle “los ter­ro­ris­tas”. Dans la ré­si­dence, le cé­lèbre chef ja­po­nais To­shi­ro Ko­ni­shi, in­vi­té, bal­bu­tie dans son es­pa­gnol hé­si­tant une ana­lyse dont la jus­tesse glace le sang de tous les otages: “25 000 morts au Pé­rou dans la guerre contre le ter­ro­risme. 25 400, ça ne change rien.” Cor­rect: Fu­ji­mo­ri fait cou­per l’eau, le té­lé­phone et l’élec­tri­ci­té pour ac­cu­ler les membres du com­man­do, au dé­tri­ment des con­di­tions de vie des otages qui, très vite, deviennent in­fer­nales. “Tous les jours, les ter­ro­ristes me­na­çaient de nous exé­cu­ter,

se sou­vient au­jourd’hui le co­lo­nel Ro­ber­to Fernandez Frant­zen. Comme j’étais le seul of­fi­ciel en ac­ti­vi­té, et que j’avais été im­pli­qué dans un

“On avait tout de suite re­mar­qué que le foot était une er­reur, car ils jouaient tou­jours à la même heure. On a trans­mis cette in­for­ma­tion et les ser­vices se­crets ont dé­ci­dé de mon­ter l’opé­ra­tion de sau­ve­tage pen­dant le match de foot­ball” Ro­ber­to Fernandez Frant­zen, co­lo­nel et otage du com­man­do

af­fron­te­ment avec le MRTA où ils avaient per­du cin­quante-huit hommes, je crai­gnais d’être

le pre­mier sur la liste…” Les otages dorment en­tas­sés par terre, puis sur des ma­te­las de for­tune. Ils uti­lisent des toi­lettes chi­miques, sans au­cune in­ti­mi­té. La grippe et la diar­rhée se pro­pagent en­suite par­mi les cap­tifs re­te­nus au pre­mier étage. Très vite, la fas­tueuse ré­si­dence de l’am­bas­sa­deur res­semble à un ra­deau. À l’ex­té­rieur, les restes du ban­quet pour­rissent, at­ti­rant les mouches, les vers, les rats. Au fil des jours, qui deviennent ra­pi­de­ment des se­maines, Cer­pa ac­cepte de li­bé­rer des pa­quets d’otages, jus­qu’à ar­ri­ver au nombre cri­tique de 72, aux­quels il pro­met une mort cer­taine.

“Il nous di­sait: ‘S’il y a une opé­ra­tion mi­li­taire, nous al­lons mou­rir. Mais avant ce­la, nous vous tue­rons tous’, re­joue Ro­ber­to Fernandez. À l’in­té­rieur, c’était une dé­gueu­las­se­rie. Pour ne pas pen­ser au stress et au déses­poir, on fai­sait des exer­cices. Moi, je fai­sais un jog­ging tous les jours sur qua­rante mètres, pen­dant qua­rante mi­nutes, des ab­do­mi­naux, du gai­nage. Après, on a eu des jeux de so­cié­té, des livres. C’était notre rou­tine.”

Les se­maines, puis les mois, passent. Les né­go­cia­tions se pour­suivent mais c’est un jeu de dupes: en sous-main, Al­ber­to Fu­ji­mo­ri pré­pare une opé­ra­tion se­crète, sans en aver­tir le pre­mier mi­nistre ja­po­nais, qui tient lui à un rè­gle­ment pa­ci­fique de la prise d’otages. Sous la di­rec­tion de son âme dam­née Vla­di­mi­ro Mon­te­si­nos, le chef des ser­vices se­crets pé­ru­viens de l’époque, une ré­si­dence est re­cons­truite à l’iden­tique, une troupe d’élite –la “Pa­trul­la Te­naz”– s’y en­traîne tan­dis qu’une autre équipe creuse un tun­nel de cent vingt mètres de long sous la ré­si­dence, cou­verte par la mu­sique dif­fu­sée via des larges haut-par­leurs ins­tal­lés dans la rue.

Des mi­cros sont dis­si­mu­lés dans les lan­ternes et les ther­mos dis­tri­bués aux gué­rille­ros. À l’in­té­rieur, la si­tua­tion se tend. Un jour, Nes­tor Cer­pa prend un té­lé­phone por­table pour ap­pe­ler la chaîne de té­lé Ca­nal 2. “Nous avons le mi­nistre Tu­de­la, et si le gou­ver­ne­ment ne ré­pond pas po­si­ti­ve­ment à nos de­mandes dans

la de­mi-heure, nous le fu­sillons.” Le lea­der du MRTA a en réalité en­traî­né son com­man­do pour prendre la ré­si­dence mais n’a pas de plan so­lide pour en sor­tir. Il ac­corde des in­ter­views à toutes les chaînes de té­lé du monde via sa ra­dio, qu’il laisse tou­jours al­lu­mée, et ses dé­cla­ra­tions sont re­prises chaque ma­tin en une des jour­naux. Lors des né­go­cia­tions, il s’en­quiert es­sen­tiel­le­ment de la li­bé­ra­tion de sa femme, Nan­cy Gil­vo­nio, elle aus­si em­pri­son­née. Ses hommes com­mencent à le soup­çon­ner de goû­ter à cette gloire in­ter­na­tio­nale et d’avoir mon­té l’opé­ra­tion pour l’amour plus que pour

la ré­vo­lu­tion. “Ça fai­sait dé­jà plus de deux mois qu’on était tous coin­cés là­de­dans, et les plus jeunes s’en­nuyaient et de­ve­naient in­dis­ci­pli­nés, as­sure Ro­ber­to Fernandez. ‘Il faut com­men­cer à tuer des otages, ils di­saient, ça fait

tel­le­ment de temps qu’on est là…’ Les deux femmes du MRTA pleu­raient, leurs fa­milles leur man­quaient. Même nous, les otages, on n’en pou­vait plus. J’ai com­men­cé à pen­ser que j’al­lais sor­tir, et qu’ils n’avaient qu’à me tuer s’ils le vou­laient.”

Du foot avec une tête de sol­dat

De­puis tout pe­tit, Nes­tor Cer­pa a cal­mé ses an­goisses et ses co­lères de la même fa­çon: en jouant au foot­ball et en sup­por­tant son club, la “U”. Pour apai­ser les ten­sions qui planent dans la ré­si­dence, le lea­der du MRTA dé­cide alors de trans­for­mer le sa­lon de ré­cep­tion en ter­rain de fut­sal et d’y or­ga­ni­ser chaque jour un match, quatre contre quatre. Le com­man­dant par­tage sa pas­sion du foot avec plu­sieurs com­bat­tants. L’un d’entre eux est per­sua­dé de de­ve­nir, plus tard, foot­bal­leur pro­fes­sion­nel. Le gué­rille­ro que les otages ap­pellent “22”, car il porte ce nu­mé­ro sur son ban­da­na, et qui aime jouer avec ses gre­nades, écoute les matchs à la ra­dio et s’em­porte chaque fois qu’un ar­bitre re­fuse de sif­fler une faute. “C’était le plus ter­ri­fiant,

glisse Ro­ber­to Fernandez. Un jour, il nous a ra­con­té com­ment il avait pris plai­sir à dé­ca­pi­ter un sol­dat, puis com­ment il avait joué au foot avec sa tête.” Les autres gué­rille­ros fa­briquent une balle de for­tune avec des mor­ceaux de tis­su et convient cer­tains otages à les re­joindre sur le ter­rain. “Cer­tains s’y sont re­fu­sés mais d’autres sont des­cen­dus, no­tam­ment des ci­toyens ja­po­nais, dé­taille Da­vid Hi­dal­go, au­teur de l’ou­vrage Som­bras de un re­scate. Un co­lo­nel de l’ar­mée de l’air s’est fait re­prendre par le gé­né­ral Ri­ve­ra pour être al­lé jouer avec eux. L’avia­teur a ré­pon­du avec le meilleur ar­gu­ment pos­sible: il fai­sait un tra­vail de ren­sei­gne­ments au pre­mier étage, au­quel ils n’avaient plus ac­cès.” Très vite, le foot­ball de­vient le centre de la vie des re­belles. Ils dis­cutent des éli­mi­na­toires pour la coupe du monde 1998, écoutent à la ra­dio le Pé­rou faire match nul avec l’Équa­teur, mais com­mentent sur­tout les ré­sul­tats de leurs

propres matchs. “Ça leur a re­don­né le mo­ral, pour­suit Ro­ber­to Fernandez. Ils ont com­men­cé à jouer tous les jours, de 14 h 30 à 16 h3 0. Ils ne par­laient plus que de ça, après!” Nous sommes dé­but avril, après plus de trois mois de siège. Un après-mi­di, à l’ar­che­vêque Ci­pria­ni qui vient chaque jour né­go­cier et rendre vi­site aux otages, Nes­tor Cer­pa ré­pond: “Mon­sei­gneur, at­ten­dez que le match se ter­mine, et en­suite on parle.” Ci­pria­ni ré­plique froi­de­ment: “Si vous avez des choses plus im­por­tantes à faire, je m’en vais. Con­ti­nuez à jouer.”

Dès les pre­miers jours après l’at­taque de la ré­si­dence, un homme, Luis Giam­pie­tri, s’est mis à par­ler, sous le re­gard in­cré­dule de ses com­pa­gnons, au mo­bi­lier de la ré­si­dence. Cet ami­ral de la ma­rine sait qu’en pa­reilles cir­cons­tances, un tra­vail de ren­sei­gne­ments est né­ces­sai­re­ment me­né de l’ex­té­rieur, et que des mi­cros doivent être ca­chés dans les ob­jets trans­mis aux otages par le gou­ver­ne­ment. Un jour, de­vant le cru­ci­fix ins­tal­lé dans une des chambres, il dit: “La terre parle au ciel. Sei­gneur, si tu m’écoutes, donne-moi un si­gnal.” Le co­lo­nel Nes­tor Fernandez dis­si­mule lui de­puis plu­sieurs se­maines un bee­per dans son ca­le­çon, au pé­ril de sa vie. “Ils m’avaient fouillé, deux fois, to­ta­le­ment, mais sans trou­ver le bee­per,

dit-il au­jourd’hui. Cer­pa avait pré­ve­nu que si quel­qu’un ca­chait un té­lé­phone ou un bee­per, il se­rait abat­tu sur-le-champ. J’es­sayais de ne pas trop y pen­ser. C’était la seule ma­nière de res­ter en vie.” Le jour où Giam­pie­tri parle au cru­ci­fix, Ro­ber­to Fernandez sent son bee­per

vi­brer: le mes­sage de l’ami­ral a été en­ten­du par les ser­vices se­crets. Dès lors, Giam­pie­tri com­mu­nique chaque jour des in­for­ma­tions à l’ex­té­rieur, à 10 h, 15 h et 19 h. Ro­ber­to Fernandez, lui, s’en­ferme aux toi­lettes pour ré­cep­tion­ner les ré­ponses. Nes­tor Cer­pa ne le sait pas en­core, mais son amour du foot­ball le conduit à sa perte. “On avait tout de suite re­mar­qué que le foot était une er­reur, car ils jouaient tou­jours à la même heure, in­dique Fernandez. Or, à ce mo­ment-là, ils étaient en bas, au pre­mier étage, et seuls un ou deux gardes nous sur­veillaient au se­cond. On a trans­mis cette in­for­ma­tion et les ser­vices se­crets ont dé­ci­dé de mon­ter l’opé­ra­tion de sau­ve­tage pen­dant le match de foot­ball.” Le 21 avril, Ro­ber­to Fernandez re­çoit près de qua­rante mes­sages sur son bee­per, lui in­di­quant les consignes à suivre pen­dant l’opé­ra­tion, qui pour­rait avoir lieu le len­de­main. “S’as­su­rer que Cer­pa soit en train de jouer au foot”, “dé­blo­quer la fe­nêtre de la chambre de l’am­bas­sa­deur”, “gar­der le se­cret sur l’opé­ra­tion”, etc. Le 22 au ma­tin, Luis Giam­pie­tri en­voie des rap­ports sur les mou­ve­ments des gué­rille­ros. L’heure du match se rap­proche. “En ce mo­ment, ils sont tous as­sis au­tour de Cer­pa dans la salle, in­dique

l’ami­ral peu après le dé­jeu­ner. Cer­tains ont leurs armes avec eux. Ils de­vraient com­men­cer à jouer au foot­ball. C’est à ce mo­ment qu’ils posent leurs armes. Il est 14 h 57 main­te­nant.” La ten­sion est à son maxi­mum. Giam­pie­tri donne la com­po­si­tion de l’équipe. “Cer­pa est en train de jouer, Ti­to est en train de jouer. Au­cun d’entre nous n’est en bas.” En­fin, quelques mi­nutes plus tard, il dé­livre son der­nier mes­sage. “Je suis prêt pour quand vous m’or­don­ne­rez d’ou­vrir la porte, ter­mi­né. Il est 17 h 14, par­don, 15 h 14. On en­tend des hé­li­co­ptères. Bonne chance, on vous

at­tend ici.” À 15 h 23, une ex­plo­sion fait vo­ler en éclats le ter­rain de foot­ball et 148 hommes pé­nètrent dans la ré­si­dence, par les tun­nels, les fe­nêtres et le toit. En moins de trente mi­nutes, les forces spé­ciales li­bèrent le bâ­ti­ment, per­dant deux hommes au com­bat. Un otage, Car­los Gius­ti, ri­val po­li­tique d’Al­ber­to Fu­ji­mo­ri, est re­trou­vé mort. Les qua­torze membres du com­man­do Tu­pac Ama­ru perdent la vie. Les té­moins rap­por­te­ront plus tard qu’au moins trois d’entre eux ont été exé­cu­tés som­mai­re­ment après s’être ren­dus. Le len­de­main, la té­lé­vi­sion pé­ru­vienne mon­tre­ra Fu­ji­mo­ri mar­chant dans la ré­si­dence par­mi les corps des re­belles, ha­billés des maillots de foot de l’Alian­za Li­ma et du Spor­ting Cris­tal. Cer­tains por­taient des traces de mu­ti­la­tion. Sur les épaules d’un gué­rille­ro, le maillot de la sé­lec­tion pé­ru­vienne était cou­vert de sang.

“Je suis prêt pour quand vous m’or­don­ne­rez d’ou­vrir la porte, ter­mi­né. Il est 17 h 14, par­don, 15 h 14. On en­tend des hé­li­co­ptères. Bonne chance, on vous at­tend ici” Der­nier mes­sage de Luis Giam­pie­tri, otage, aux troupes d’élite, pour qu’ils dé­clenchent l’opé­ra­tion

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