Ch­ris Hugh­ton.

So Foot - - SOMMAIRE - Par Maxime Bri­gand, à Brigh­ton / Photos: Ac­tionI­mages/Dppi et Co­lor­sport/Dppi

L’Ir­lan­dais est le seul en­traî­neur noir d’An­gle­terre, de­ve­nant de fait le vi­sage de l’in­éga­li­té d’une Pre­mier League mo­no­chrome. Ren­contre

An­cien bouf­feur de ligne de Tot­ten­ham dans les an­nées 80, vain­queur de la coupe de l’UEFA 84 avec les Spurs, Ch­ris Hugh­ton a tra­ver­sé qua­rante ans de foot­ball avec une même vo­ca­tion che­villée au corps: la lutte. Au­jourd’hui coach de Brigh­ton, pro­mu cette sai­son en Pre­mier League, le tech­ni­cien poivre et sel reste l’un des seuls en­traî­neurs noirs d’An­gle­terre, de­ve­nant de fait le vi­sage de l’in­éga­li­té de ce mi­lieu mo­no­chrome. Ren­contre, entre si­lences et ma­nif contre l’apar­theid.

Il se dit que les sur­feurs se­raient des fé­ti­chistes de la per­fec­tion, mais qu’il existe aus­si de mul­tiples fa­çons de prendre une vague. Ici, pas de sable, ni d’eau, seule­ment des im­pa­tients qui at­tendent la dé­fer­lante, ser­rés dans les moindres coins du monstre tech­no­lo­gique qu’est l’Ame­ri­can Ex­press Com­mu­ni­ty Sta­dium de Brigh­ton, po­sé sur les flancs de l’A27 lo­cale et au bord des lèvres de l’uni­ver­si­té du Sus­sex. Pour eux, ce jour est un exu­toire, l’ouverture d’une porte au bout d’un cou­loir de vingt ans de souf­france, à chia­ler, à se battre et à se mar­rer sur le des­tin d’un club re­ve­nu d’une cer­taine idée de la mort: l’an­goisse d’une énième re­lé­ga­tion, au prin­temps 1997, qui au­rait re­pré­sen­té la mort du Brigh­ton & Hove Al­bion Foot­ball Club, alors en qua­trième di­vi­sion, cri­blé de dettes et am­pu­té de stade de­puis la vente du my­thique Gold­stone Ground. Der­rière cette porte, la Pre­mier League, un nou­veau monde sur le­quel les Sea­gulls tentent de se po­ser –trois échecs en play-offs de Cham­pion­ship (2013, 2014, 2016)– de­puis 2011. C’était en avril der­nier, un soir de lundi de Pâques. Brigh­ton re­ce­vait alors Wi­gan de­vant 30 000 per­sonnes. Au coup de sif­flet fi­nal, une vic­toire pré­cieuse (2-1), et le rou­leau. La foule saute les bar­rières du stade, les joueurs se font at­tra­per de par­tout et un bor­del à la me­sure de l’at­tente se met en branle. “On avait de­man­dé aux sup­por­ters de res­ter calmes en at­ten­dant le ré­sul­tat d’Hud­ders­field, qui jouait dans la fou­lée. Les sta­diers n’ont pas vrai­ment as­su­ré mais on pou­vait com­prendre l’émo­tion des gens”, re­place le coach, Ch­ris Hugh­ton, dé­bar­qué dans les bu­reaux du club en décembre 2014 pour rem­pla­cer un Sami Hyy­piä flin­gué par un dé­but de sai­son ra­té. Un homme qui, le 17 avril der­nier, épin­glé dans un cos­tume sombre, s’est conten­té d’embrasser son ad­joint de tou­jours, Co­lin Cal­der­wood, et de le­ver ti­mi­de­ment une main vers le pu­blic avant de fi­ler ra­pi­de­ment à contre-cou­rant se ran­ger des pro­jec­teurs. Sa fête est fi­nie, la vague est pas­sée.

“No Blacks. No Dogs. No Irish”

Le si­lence de Ch­ris Hugh­ton ra­conte la vie d’un homme dé­con­nec­té du monde dans le­quel il nage de­puis plus de vingt­cinq ans: der­rière sa ligne, il ne montre au­cune émo­tion, ne glisse pas sur les ge­noux et se contente le plus sou­vent d’un pe­tit saut –deux dans les grandes oc­ca­sions– pour cé­lé­brer un but. Le com­por­te­ment est le re­flet de sa per­son­na­li­té. “L’image que vous voyez de lui dans sa zone tech­nique est une re­pré­sen­ta­tion pré­cise de la per­sonne qu’il est en de­hors”, glisse Cal­der­wood, ren­con­tré à Tot­ten­ham dans les an­nées 90. Coin­cé dans son sur­vêt, le corps en­fon­cé dans le fau­teuil d’un des nom­breux bu­reaux qui dé­com­posent l’Ame­ri­can Ex­press Elite Foot­ball Per­for­mance Centre, un truc digne du Goo­gle­plex où l’on fran­chit les portes à l’aide d’un sys­tème de re­con­nais­sance di­gi­tale, Hugh­ton ne dit pas autre chose, lui qui se dé­crit d’abord

et avant tout comme “un mec nor­mal”: “Je suis comme ça, je ne ré­agis pas comme ça par manque de pas­sion ou de sen­si­bi­li­té. C’est plu­tôt un ef­fort per­son­nel, une vo­lon­té de se concen­trer sur les élé­ments im­por­tants du­rant le match, ce qu’il se passe sur le ter­rain. Je ne peux pas perdre mon temps à hurler sur le qua­trième ar­bitre, sur­tout main­te­nant qu’on est en Pre­mier League. Chaque en­traî­neur res­sent les émo­tions à sa ma­nière et c’est vrai que je ne suis pas le plus émo­tion­nel.” Le su­jet est même devenu une vanne à Brigh­ton, où, sur l’un des fo­rums de

“L’ob­jec­tif est dé­sor­mais d’éveiller les consciences sur le ra­cisme et les in­éga­li­tés. Il faut ou­vrir l’es­prit de ceux qui tirent les fi­celles de la Pre­mier League” Ch­ris Hugh­ton

“Le ra­cisme était son com­bat cen­tral. Il a par exemple été très fier de de­ve­nir le pre­mier in­ter­na­tio­nal ir­lan­dais noir de l’his­toire” Mi­cky Ha­zard, an­cien co­équi­pier à Tot­ten­ham

sup­por­ters des Sea­gulls, on s’amuse à dé­battre de sa ré­pu­ta­tion de Mr. Nice Guy. Exemple: “Il pose sa bou­teille sur la table avec une telle fer­me­té qu’on peut voir un pe­tit cla­po­tis. La FA doit ré­agir.” Avec Hugh­ton, tout est in­té­rieur, échanges avec ses joueurs et confiance en­vers son staff. Pi­vot du re­tour de Brigh­ton à la table des grands du Royaume, Da­vid Sto­ck­dale, qui joue au­jourd’hui les gar­diens élas­tiques à Bir­min­gham, parle alors d’un boss “qui par­vient à te pré­sen­ter les choses d’une ma­nière si par­ti­cu­lière que tu ne peux pas ne pas l’écou­ter. Il t’ai­mante, t’in­té­resse par son dis­cours. Je n’avais ja­mais connu ça avant de le ren­con­trer. Il ne va ja­mais en­trer dans une pièce en criant. Il sait qu’il n’a pas be­soin de le faire”. Ques­tion: com­ment un homme aus­si tai­seux, plus dro­gué au jeu qu’à la com­mu­ni­ca­tion à ou­trance qui dé­gou­line de­puis de nom­breuses an­nées sur la Pre­mier League, a-t-il pu se glis­ser au mi­lieu de col­lègues qu’il juge is­sus d’un “autre monde” que le sien? Parce qu’il est ani­mé d’une mis­sion: faire sau­ter son pré­dé­ter­mi­nisme so­cial. Ce­lui d’un homme né à l’est de Londres, à la fin des an­nées 50, entre un père gha­néen et une mère ir­lan­daise. Une en­fance pen­dant la­quelle il tue le temps à quelques fou­lées du Bo­leyn Ground de West Ham, où le ra­cisme dé­barque ra­pi­de­ment, en même temps que les in­sultes sur les murs –“No Blacks. No

Dogs. No Irish.”–, dans un pays où ce fléau est scot­ché à la culture des fau­bourgs et où le foot­ball est tou­jours res­té, avant tout, une his­toire de Blancs. Le foot, Ch­ris Hugh­ton y joue na­tu­rel­le­ment, as­sez bien pour in­té­grer ra­pi­de­ment le sys­tème sco­laire de Tot­ten­ham aux cô­tés de ce­lui qui de­vien­dra l’un de ses meilleurs potes, Mi­cky Ha­zard. “Ch­ris était un joueur in­croyable et créa­tif, il in­ven­tait le mou­ve­ment et fa­ci­li­tait la

vie des autres, re­place Ha­zard. C’était un la­té­ral mo­derne avant l’heure. Et dans le ves­tiaire, il était dé­jà comme ça: il ré­flé­chis­sait en si­lence, et par­lait quand il fal­lait le faire. Si on m’avait dit à cette époque qu’il de­vien­drait un en­traî­neur à suc­cès, je vous au­rais dit que non car il était trop ti­mide, mais il croyait en ce qu’il di­sait.”

Une his­toire de luttes. À 18 ans, Hugh­ton voit ses pa­rents se dé­chi­rer pour ré­gler les fac­tures et re­fuse de si­gner le contrat pro­fes­sion­nel ten­du par les Spurs. “C’était ma ma­nière à moi de me ras­su­rer. Je viens d’un mi­lieu so­cial ou­vrier, mes pa­rents ont bos­sé tous les jours de leur vie jus­qu’à la re­traite. Quand tu as 18 ans, tu n’as au­cune ga­ran­tie. Je ne pou­vais pas plon­ger dans ce monde sans bouée de sau­ve­tage en cas d’échec. Et comme Tot­ten­ham a ac­cep­té de me gar­der…” À l’époque, il conti­nue donc à bos­ser en pa­ral­lèle de sa vie de pro en ap­pren­tis­sage: le­ver à 6 heures le ma­tin, ré­pa­ra­tion et main­te­nance des as­cen­seurs pu­blics de la ca­pi­tale lon­do­nienne, fin de jour­née douze heures plus tard, en­traî­ne­ment dans la fou­lée le soir.

Un tee-shirt frap­pé du vi­sage de Ma­di­ba

S’il pré­fère d’abord gar­der un pied en de­hors du cadre, il fi­ni­ra par po­ser les deux dans le ves­tiaire de l’équipe première des Spurs. C’est les an­nées 80, celles de Keith Bur­kin­shaw, le “mo­dèle”, avec qui Hugh­ton rem­porte no­tam­ment la coupe de l’UEFA 84 contre le An­der­lecht d’En­zo Sci­fo et Fran­ky Ver­cau­te­ren. Mais à l’heure où cer­tains co­équi­piers s’al­lument au pub, Ch­ris Hugh­ton, lui, écrit des chro­niques ré­gu­lières pour News­line, un quo­ti­dien af­fi­lié au Par­ti ré­vo­lu­tion­naire des tra­vailleurs, sort dans la rue pour ma­ni­fes­ter contre l’apar­theid et s’en­gage tête bais­sée dans la lutte contre le ra­cisme que prend dé­fi­ni­ti­ve­ment en pleine gueule le foot an­glais avec l’ex­plo­sion de John Barnes à Li­ver­pool, no­tam­ment avec des chan­sons comme “Il n’y a pas de noir sur l’Union Jack, ren­voyez les bâ­tards chez eux”. Ha­zard se sou­vient de cette époque où le pre­mier foot­bal­leur noir à avoir été sacré joueur de l’an­née (sai­son 87-88) de­vait évi­ter les ba­nanes ba­lan­cées de­puis les tri­bunes: “C’était le com­bat cen­tral de Ch­ris, au-delà de la po­li­tique, dont on ne par­lait pas beau­coup. Dans son es­prit, ce qu’il fai­sait n’était pas un ac­com­plis­se­ment per­son­nel mais plu­tôt une ba­taille pour les Noirs, la di­ver­si­té. Il a par exemple été très fier de de­ve­nir le pre­mier in­ter­na­tio­nal ir­lan­dais noir de l’his­toire.” C’était en 79, soit plus de dix ans avant une ren­contre avec Nel­son Man­de­la lors de la­quelle Hugh­ton dé­bar­que­ra avec un tee-shirt frap­pé du vi­sage de Ma­di­ba. Der­rière, le mé­tis se lance dans le coa­ching. Dans l’ombre, d’abord, sous dif­fé­rents rôles à Tot­ten­ham, avec l’Irlande et New­castle, avant de grat­ter un pre­mier poste prin­ci­pal chez les Mag­pies lors de la des­cente du club en Cham­pion­ship en 2009. À St James’ Park, Ch­ris Hugh­ton re­dresse “un bateau à la dé­rive” et dé­couvre dans la fou­lée “l’in­gra­ti­tude”. “En quelques mois, il a re­cons­truit le groupe, l’équipe, avant de se faire vi­rer à la première crise une fois re­mon­tée, ra­conte Sébastien Bas­song, qui de­vien­dra quelques an­nées plus tard son ca­pi­taine à Nor­wich. Moi, j’avais 21 ans, il m’a se­coué, m’a gé­ré comme un fils. Il me pre­nait dans ses bras quand tout al­lait bien et était aus­si ca­pable de m’al­lu­mer quand je dé­con­nais. C’est un type pour qui tu veux vrai­ment t’ar­ra­cher. C’est ça, Ch­ris.” Hugh­ton, c’est aus­si un coach ca­pable d’an­nu­ler plu­sieurs séances d’en­traî­ne­ment quand ses joueurs sont frap­pés par la tra­gé­die. En décembre 2016, l’en­traî­neur de Brigh­ton dé­cide

ain­si de re­lé­guer le foot au se­cond plan, pour em­me­ner tout le groupe sou­te­nir Anthony Kno­ckaert aux ob­sèques de son père, bru­ta­le­ment dé­cé­dé. Ch­ris, c’est aus­si et sur­tout la lutte. Tou­jours. À 58 ans, il est devenu un re­père et “le

porte-dra­peau”, vi­sage du dés­équi­libre entre une in­dus­trie qui forme ma­jo­ri­tai­re­ment des joueurs de cou­leur et sert des bancs mo­no­chromes. En 2017, l’ar­chi­tecte des Sea­gulls est le seul en­traî­neur noir de Pre­mier League, l’un des seuls à exer­cer dans le mi­lieu pro­fes­sion­nel en An­gle­terre avec le coach de Car­lisle Uni­ted (League Two), Keith Curle, et ce alors que la FA fait ac­tuel­le­ment le mé­nage après avoir dé­bou­lon­né le sé­lec­tion­neur de l’équipe na­tio­nale fé­mi­nine, Mark Samp­son, ac­cu­sé par deux de ses joueuses de ra­cisme pri­maire. “L’ob­jec­tif est dé­sor­mais d’éveiller les consciences, pose Hugh­ton. Il faut ou­vrir l’es­prit de ceux qui tirent les fi­celles de la Pre­mier League, des di­ri­geants. C’est aus­si pour ça que pen­dant ma der­nière pé­riode d’in­ac­ti­vi­té, j’ai sui­vi une for­ma­tion sur le fonc­tion­ne­ment du board dans un club pro­fes­sion­nel.” L’idée d’ins­tal­ler un mo­dèle si­mi­laire à la Rooney Rule mise en place dans le foot­ball amé­ri­cain –une loi vi­sant à rendre plus “in­clu­sif” le pro­ces­sus de sé­lec­tion d’un en­traî­neur– fait du che­min dans les têtes de cer­tains di­ri­geants de la fé­dé­ra­tion, qui ne nient pas la

“ré­sis­tance ca­chée” au coeur du sys­tème bri­tan­nique.

Stran­ger things

Un sys­tème où Ch­ris Hugh­ton s’est avant tout taillé un nom pour ses com­pé­tences, sa mon­tée avec Brigh­ton en Pre­mier League va­li­dant dé­fi­ni­ti­ve­ment sa mé­thode. Un sys­tème bé­ton­né par les en­traî­neurs étran­gers et où, pour at­tra­per un car­ton d’in­vi­ta­tion, un coach an­glais se doit de mon­ter. Ce qui a été le cas pour Sean Dyche avec Burn­ley ou Ed­die Howe avec Bour­ne­mouth. “Tout ça est aus­si lié à l’ar­ri­vée mas­sive de pro­prié­taires étran­gers, coupe Hugh­ton. Je ne vais pas dire qu’ils fa­vo­risent les en­traî­neurs étran­gers, mais le fait d’avoir un coach bri­tan­nique, ça leur est égal.” Les chiffres parlent pour­tant pour le bon­homme: un bon dé­but de sai­son –neu­vième après onze jour­nées–, du jeu, une ap­proche sa­luée et un nom qui se­rait dé­jà sur les ta­blettes des grands clubs. Keith Bur­kin­shaw, qui suit de près le par­cours de son an­cien pou­lain, se mue en agent pour convaincre les der­niers

scep­tiques: “On lit beau­coup de choses qui nous ex­pliquent à quel point les en­traî­neurs es­pa­gnols ou ita­liens sont brillants. J’ai vu Ch­ris à Brigh­ton car mes filles vivent là­bas, et son tra­vail est ex­cep­tion­nel. Il fait son bou­lot, il le fait bien, et je suis cer­tain que s’il al­lait à Man­ches­ter Ci­ty, il se­rait aus­si à l’aise. Si vous êtes or­ga­ni­sé, que vous avez des joueurs fan­tas­tiques, vous avez des ré­sul­tats. Il lui faut sim­ple­ment un peu de pa­tience dé­sor­mais.” Hugh­ton, lui, af­firme que si, en théo­rie, son tra­vail est iden­tique à ce­lui

de Pep Guar­dio­la, “il ne l’est pas en pratique”. “Guar­dio­la est dif­fé­rent de nous, mais aus­si car il a tou­jours gé­ré la crème de la crème en termes de joueurs, ce qui rend l’échange avec lui pas­sion­nant. Moi, je dois m’adap­ter, tout en ayant en tête qu’on ne peut pas dé­fendre pen­dant 90 mi­nutes: l’ap­proche dé­fen­sive amène la frustration et te conduit à la dé­faite dans 100 % des cas.” En si­lence, Ch­ris Hugh­ton com­bat avec ses armes. S’il avoue “pei­ner à ac­cep­ter de payer quinze mil­lions d’eu­ros pour re­cru­ter

un joueur” –Le Co­lom­bien Jo­sé Iz­quier­do en l’oc­cur­rence, le trans­fert le plus cher de l’his­toire des Sea­gulls–, de­main, il chan­ge­ra sans au­cun doute d’ar­se­nal. Il y pense, for­cé­ment: “Si­non, je se­rais pro­ba­ble­ment res­té dans les as­cen­seurs”•

Eu­ro 88. Hugh­ton face à Ruud Gul­lit lors de Pays-Bas/Irlande.

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