Juan Ga­briel Vas­quez.

Il au­rait ai­mé être foot­bal­leur pro­fes­sion­nel, mais un dé­col­le­ment de la ré­tine l’en a em­pê­ché. “J’ai­gran­di avec cette lé­gende que ra­con­taient les grands-mères, qui di­sait que si on lit trop en voi­ture, on peut de­ve­ni­ra­veugle. Etc’était­vrai”, ri­gole-t-il.

So Foot - - SOMMAIRE - Pro­pos re­cueillis par Pierre Bois­son et Sté­phane Ré­gy / Photos: DR et Afp/Dppi

Le meilleur écri­vain la­ti­no-amé­ri­cain de sa gé­né­ra­tion se sou­vient du foot­ball de son en­fance, entre nar­cos et as­sas­si­nats.

La vie des écri­vains est faite de beau­coup de voyages et de chambres d’hô­tels. Quand vous êtes en pro­mo comme en ce mo­ment, vous ar­ri­vez à gar­der un oeil sur

le foot? Ah oui! Heu­reu­se­ment, dans ce monde de té­lé­vi­sion câ­blée, je ne rate pas un seul match qui m’in­té­resse. Où que je sois dans le monde, j’al­lume mon or­di­na­teur, je rentre des codes, et je peux re­gar­der les matchs es­pa­gnols et le foot eu­ro­péen en gé­né­ral. La ligue co­lom­bienne n’est pas du tout in­té­res­sante. Contrai­re­ment à notre équipe na­tio­nale, qui est ma­gni­fique. Avec une cer­taine fra­gi­li­té dans la tête néan­moins.

Une fra­gi­li­té très co­lom­bienne, non? Ab­so­lu­ment. Moi, je suis né en 1973. Et jus­qu’à mes 17 ans, au­tre­ment dit le mon­dial de 1990 en Ita­lie, la coupe du monde, c’était comme un ac­ci­dent ou un can­cer: quelque chose qui ar­rive tou­jours aux autres. Cette coupe du monde, c’était la chose la plus im­por­tante qui nous était ja­mais ar­ri­vée, à ma gé­né­ra­tion. On ne se dou­tait pas de ce qui al­lait ar­ri­ver quatre ans plus tard… Jusque-là, notre seul mon­dial, c’était onze ans avant ma nais­sance, en 1962, au Chi­li. Cette an­née-là, on avait joué contre l’Union so­vié­tique. On per­dait 4-1, et on avait réus­si à re­ve­nir à 4-4. Pen­dant des an­nées, ce match a été la grande prouesse de l’his­toire du foot en Co­lom­bie. No­tam­ment parce qu’on a mar­qué un but di­rec­te­ment du point de cor­ner à Lev Ya­chine. En­suite, il a fal­lu at­tendre les an­nées 80 pour que le foot­ball co­lom­bien re­vienne. Ce­la a cor­res­pon­du avec l’ar­ri­vée dans notre foot­ball de l’ar­gent de la drogue. La gé­né­ra­tion des Val­der­ra­ma et As­prilla est née et s’est qua­li­fiée pour le mon­dial ita­lien, mais il y avait tou­jours cette sen­sa­tion qu’on n’avait pas le droit d’être là. La nou­velle gé­né­ra­tion, Fal­cao, James, n’a pas ce com­plexe d’in­fé­rio­ri­té. Ce sont des gens tra­vailleurs.

Les As­prilla et Hi­gui­ta étaient moins tra­vailleurs, mais ils étaient de plus grandes idoles, non? C’était com­pli­qué. Parce qu’ils étaient plus grands que na­ture, certes, mais aus­si du mau­vais côté de la so­cié­té co­lom­bienne. Ils jouaient au foot avec les si­ca­rios d’Es­co­bar, ti­raient fierté de fré­quen­ter ces gens, et ne sa­vaient pas quoi faire de l’ar­gent qu’ils ga­gnaient. La grande ma­jo­ri­té du pays se ren­dait compte de ce­la, mais il y avait aus­si une jeu­nesse sans res­sources, sans édu­ca­tion, qui, elle, se di­sait: “C’est tout ce que je veux dans la vie.” Des voi­tures, des gros sa­laires, des femmes avec des seins re­faits, ce que nous, les Co­lom­biens, nous ap­pe­lons la nar­co es­té­ti­ca, l’es­thé­tique nar­co.

Et com­ment vous vi­viez votre adhé­sion à l’équipe? On sé­pa­rait. On sé­pa­rait le foot, ce qui se pas­sait sur le ter­rain, et la vie. C’était très dif­fi­cile de prendre pour mo­dèle ces joueurs certes ex­tra­or­di­naires, mais qui di­saient aus­si des choses très sym­pa à pro­pos d’hommes ca­pables de mettre une bombe dans un avion et de tuer 100 per­sonnes. On ne pou­vait pas.

À quel mo­ment avez-vous pris conscience qu’il al­lait fal­loir sé­pa­rer le foot­ball et la vie? C’était en 1984, quand Pa­blo Es­co­bar a fait as­sas­si­ner Ro­dri­go La­ra Bo­nilla, le mi­nistre de la Jus­tice, parce qu’il en­quê­tait sur l’ar­gent sale dans le foot. La guerre entre l’État et les nar­co­tra­fi­quants a alors dé­mar­ré, j’avais 11 ans. À par­tir de ce mo­ment-là, j’ai tou­jours été conscient qu’il y avait de la cor­rup­tion. Mon équipe, c’était Millo­na­rios, à Bo­go­ta, que j’avais choi­sie parce que mon père sup­por­tait l’équipe ad­verse. Millo­na­rios ap­par­te­nait à un ma­fieux qu’on ap­pe­lait “le Mexi­cain”. Les équipes de Me­del­lin ap­par­te­naient à Pa­blo Es­co­bar. Les équipes de Ca­li, au car­tel de Ca­li. C’est à cette époque qu’un ar­bitre a été as­sas­si­né parce qu’il avait re­fu­sé un but à la der­nière se­conde qui au­rait tout chan­gé pour l’At­lé­ti­co Na­cio­nal –le club d’Es­co­bar. À 15-16 ans, on se di­sait: “Ça, c’est en de­hors du stade. Ce qui se passe sur le ter­rain, c’est une autre chose, et on a le droit à cette chose.”

Et que di­sait votre père? Il me lais­sait re­gar­der le foot­ball. J’ima­gine qu’il ne vou­lait pas gâ­cher

mon en­fance. Dire à un en­fant: “Écoute, le match qu’on est en train de re­gar­der, ce sont tous des

mé­chants…” (Rires) En re­vanche, à la fin du week-end, quand on re­gar­dait les émis­sions avec les ré­su­més et les in­ter­views de joueurs, il avait tou­jours un com­men­taire. “Ah, ce ty­pe­là, il a fait l’éloge de Pa­blo Es­co­bar, c’est un dé­gueu­lasse, etc.” Mais ja­mais pen­dant le match.

Tout à l’heure, en par­lant de la coupe du monde 90, vous di­siez: “On ne se dou­tait pas de ce qui al­lait ar­ri­ver quatre ans plus tard.” Ce qui nous amène à la coupe du monde 1994

aux États-Unis… Le chan­ge­ment, en quatre ans, a été énorme et un peu ef­frayant. On était pas­sés d’une qua­li­fi­ca­tion sur­prise à pen­ser qu’on al­lait être cham­pions du monde. Sur­tout après la vic­toire 5-0 en éli­mi­na­toires contre l’Ar­gen­tine, à Bue­nos Aires. Croire ça, ça m’étonne au­jourd’hui. Mais on l’a cru! Je me sou­viens qu’avant ce match, Ma­ra­do­na avait dit: “Écou­tez, dans le foot­ball, il y a quelque chose qui s’ap­pelle la tra­di­tion.

L’his­toire. Et dans l’his­toire, l’Ar­gen­tine est ici, la

Co­lom­bie est ici. Et c’est tout.” Alors après le 5-0, quand on l’a vu faire cette tête… On a ado­ré ça, parce que c’était la dé­faite de l’ar­ro­gance. Et, en même temps, il avait rai­son: il y a quelque chose dans le foot qui s’ap­pelle la tra­di­tion. Bien sûr. La tra­di­tion est l’in­gré­dient le plus im­por­tant dans le foot. C’est la rai­son pour la­quelle, par exemple, il y a si peu de vain­queurs de coupe du monde, et la rai­son pour la­quelle on a per­du contre le Bré­sil en 2014, alors que c’était une équipe qui désho­no­rait la tra­di­tion brésilienne et qu’on était meilleurs qu’eux. C’est le poids de l’his­toire.

Et donc, cette vic­toire

5-0 en Ar­gen­tine… Les po­li­ti­ciens les plus im­por­tants de Co­lom­bie, les can­di­dats aux élec­tions, les en­tre­pre­neurs les plus puis­sants du pays, ils étaient tous en Ar­gen­tine pour l’oc­ca­sion. Après le match, ils se sont tous re­trou­vés à une im­mense fête pour cé­lé­brer la vic­toire. C’était une fête ba­by­lo­nienne. Après coup, on s’est ren­du compte que c’était un nar­co­tra­fi­quant de deuxième rang qui avait tout or­ga­ni­sé. Il avait dé­pen­sé 12 000 dol­lars en cham­pagne… Ré­tros­pec­ti­ve­ment, je trouve que c’est une im­mense mé­ta­phore de ce qui était en train d’ar­ri­ver. C’était le signe que l’équipe na­tio­nale était tom­bée, même d’une fa­çon in­di­recte, entre les mains des car­tels, avec leurs in­té­rêts, les pa­ris, etc. Per­sonne n’avait eu l’idée de de­man­der: “Mais au fait, qui paye

pour tout ce­la?” Ça nous est re­ve­nu en pleine fi­gure quelques mois plus tard, lors de la coupe du monde aux États-Unis. La Co­lom­bie a per­du le pre­mier match contre la Rou­ma­nie, et tout dé­pen­dait alors du deuxième match contre les États-Unis. On était vrai­ment in­quiets. Il y avait dans l’équipe Ga­briel Jaime Go­mez, un joueur de Me­del­lin. Les jours pré­cé­dant le match, Pa­cho Ma­tu­ra­na a re­çu des ap­pels té­lé­pho­niques des nar­cos co­lom­biens qui lui di­saient: “Si vous met­tez Go­mez, on va tuer sa fa­mille, et la vôtre.”

Je l’ai vu pleu­rer, il y a quatre ans, quand il a ra­con­té à la té­lé­vi­sion ce mo­ment où il a ta­pé à la porte de la chambre de Ga­briel Jaime Go­mez pour lui dire: “Tu ne vas pas jouer. C’est trop dan­ge­reux. Pour nous tous.” Ima­gi­nez.

Et c’est à ce mo­ment-là qu’An­drés Es­co­bar marque contre son camp… Après l’éli­mi­na­tion, plus de la moi­tié de l’équipe est res­tée aux États--

“Quand on re­gar­dait les émis­sions de foot, mon père avait tou­jours un com­men­taire. ‘Ce type-là a fait l’éloge de Pa­blo Es­co­bar, c’est un dé­gueu­lasse’, etc. Mais ja­mais pen­dant le match”

Unis pour faire un peu de tou­risme. An­drés Es­co­bar, lui, a dit: “Je rentre en Co­lom­bie pour faire face aux cri­tiques. Pour ex­pli­quer aux gens que oui, c’était ma faute, je suis dé­so­lé, la vie conti­nue.” C’était le gent­le­man, ce­lui qui n’avait ja­mais vou­lu au­cun contact avec les ma­fieux… Une sorte de mo­dèle de pro­bi­té, d’hon­nê­te­té. Il a même écrit un édi­to­rial dans El Tiem­po, le jour­nal le plus im­por­tant du pays, avec ce titre: “La vie conti­nue”. C’était, je crois, une se­maine avant d’être as­sas­si­né. C’était très sym­bo­lique que ça ar­rive pré­ci­sé­ment à lui.

Dans quelles condi­tions avez-vous ap­pris sa mort? J’étais aux États-Unis parce que j’avais ga­gné une bourse pour suivre des cours dans une uni­ver­si­té amé­ri­caine pen­dant l’été, et je m’étais dit: “Je vais en pro­fi­ter pour al­ler voir

la coupe du monde.” En­core une fois, pour vous don­ner notre état d’es­prit du mo­ment: je n’avais pas ache­té de billets pour les matchs du pre­mier tour, mais pour les hui­tièmes et les quarts. J’étais convain­cu qu’on al­lait pas­ser… (Rires) Mais j’ai fi­ni par as­sis­ter à Es­pagne-Suisse, puis Es­pagne-Ita­lie… Mon sou­ve­nir, c’est de voir Es­pagne-Suisse, puis de re­ve­nir à l’hô­tel –j’étais avec deux amis étu­diants–, d’al­ler me cou­cher, et le len­de­main, à 6 h 30 du ma­tin, je suis ré­veillé par un coup de fil de la Co­lom­bie. Quand on avait un coup de fil de la Co­lom­bie à 6 heures du ma­tin à l’époque, c’est que quelque chose de grave s’était pas­sé. C’était ma mère, pour me dire qu’on avait as­sas­si­né An­drés Es­co­bar. C’était… (Il sou­pire) C’était dur. Avec mes amis, on a pas­sé les deux, trois jours sui­vants dans un si­lence to­tal. Trois gar­çons de 20 ans qui ne disent pas un mot de la jour­née, pen­dant trois jours.

Qu’est-ce qui vous dé­pri­mait par­ti­cu­liè­re­ment dans la mort d’An­drés Es­co­bar par rap­port à toute

la vio­lence qui frap­pait alors la Co­lom­bie? On vi­vait par­mi les as­sas­si­nats. Les trois pre­miers mois de 1993, Pa­blo Es­co­bar avait tué cent vingt per­sonnes dans di­vers at­ten­tats à Bo­go­ta. J’ai d’ailleurs échap­pé de très peu à l’un de ces at­ten­tats. J’ai tour­né au coin d’une rue dans le centre de Bo­go­ta, et une bombe a ex­plo­sé là où je ve­nais de pas­ser qua­rante se­condes plus tôt. On vi­vait au mi­lieu des meurtres. Mais un joueur de foot, un joueur comme An­drés Es­co­bar… Il est mort as­sas­si­né par le garde du corps d’un ma­fieux qui l’a exé­cu­té de six balles alors qu’il était dans sa voi­ture, avec sa cein­ture at­ta­chée, prêt à quit­ter une boîte de nuit où il s’était fait prendre à par­tie. À l’époque, on pas­sait notre temps à dire: “Ce pays ne peut

pas tom­ber plus bas.” Après la mort d’An­drés

Es­co­bar, on s’est dit: “Ça y est, c’est fou­tu. On est dans un pays fou­tu.” Je me suis dit: “Je ne veux pas gran­dir, vivre ici.” J’ai res­sen­ti du dégoût.

Est-ce qu’il y avait un dégoût pour le foot­ball,

aus­si? Oui. J’ai to­ta­le­ment per­du le contact avec le foot co­lom­bien après ce­la. To­ta­le­ment. Jus­qu’à mon dé­mé­na­ge­ment à Bar­ce­lone en 1999. J’ai tou­jours ai­mé le Bar­ça, et je suis ar­ri­vé dans une ville cham­pionne d’Es­pagne. Sauf que le Bar­ça a alors com­men­cé une chute libre de quatre ans, jus­qu’à l’ar­ri­vée de Rij­kaard. Et après est ve­nu Guar­dio­la. Là, j’ai non seule­ment vu le meilleur foot de ma vie, mais aus­si l’une des meilleures équipes de l’his­toire. À l’époque, j’ai col­la­bo­ré à un livre dans le­quel on avait de­man­dé à des écri­vains comme En­rique Vi­la-Ma­tas ou Juan Villo­ro de ra­con­ter leur re­la­tion au Bar­ça. Ce­la s’ap­pe­lait Cuan­do nun­ca

per­dia­mos, “Lors­qu’on ne per­dait ja­mais”. C’était quand même bi­zarre de faire un titre comme ça, et que ça dise la vé­ri­té. Quand le Bar­ça est devenu la se­conde équipe es­pa­gnole à rem­por­ter la coupe des cham­pions, en 1992, le Real Ma­drid en avait dé­jà sept ou huit. À cette époque, les sup­por­ters avaient tou­jours eu cette phrase en ca­ta­lan: “Ara pa­ti­rem”, qui veut dire: “Main­te­nant, on va souf­frir.” Cette at­ti­tude de vic­time s’est com­plè­te­ment ar­rê­tée avec Guar­dio­la.

À l’aune de tout ce­la, com­ment ana­ly­sez-vous les dé­bats ac­tuels au­tour du Bar­ça dans la ques­tion

de l’in­dé­pen­dance ca­ta­lane? Je trouve très triste que le Bar­ça soit devenu une sorte de sym­bole de l’in­dé­pen­dance. Quand on re­garde son his­toire, on se dit que ce club de­vrait être l’ins­ti­tu­tion la moins na­tio­na­liste du monde. Le Bar­ça est né avec une an­nonce pa­rue dans le jour­nal, d’un Suisse qui cher­chait des gens pour for­mer un club et jouer au foot. Et ceux qui sont ar­ri­vés étaient An­glais, Al­le­mands, Suisses, Fran­çais… À tel point que quand l’autre équipe de Bar­ce­lone–l’Es­pa­nyol– est née, dans le do­cu­ment de fon­da­tion de l’équipe, il était mar­qué: “L’Es­pa­nyol est né pour faire face aux cos­mo­po­lites du Bar­ça.” Et en plus d’avoir été créé par des étran­gers, le Bar­ça est un club qui a re­çu son mo­dèle de jeu d’un Hol­lan­dais –Cruyff, bien sûr–, et dont les grands joueurs ont été des Bré­si­liens et des Ar­gen­tins… C’est pour­quoi, da­van­tage qu’une contra­dic­tion, je consi­dère le fait que le Bar­ça soit devenu un sym­bole du na­tio­na­lisme ca­ta­lan comme une traî­trise.

Ça vous at­triste, cette his­toire de ré­fé­ren­dum?

Oui. Moi, je suis pour don­ner voix à ceux qui vou­draient l’in­dé­pen­dance, bien sûr, mais dans des condi­tions lé­gales. Ce ré­fé­ren­dum ne l’est pas. Et ils le savent. Et il est aus­si et sur­tout fon­dé sur une ques­tion iden­ti­taire qui m’a tou­jours re­bu­té. Tout na­tio­na­lisme me semble dan­ge­reux. C’est aus­si une dé­faite du pro­jet eu­ro­péen, en quelque sorte. Bar­ce­lone était une ville cos­mo­po­lite, ou­verte, à cause de sa vie dans plu­sieurs cultures, plu­sieurs langues. Que cette mul­ti­cul­tu­ra­li­té soit de­ve­nue une sorte d’en­ne­mie de l’iden­ti­té ca­ta­lane, ça me semble une perte. Quand on voit ce que les na­tio­na­listes crient… Il y a plu­sieurs an­nées, j’avais as­sis­té à une ma­ni­fes­ta­tion dans la­quelle un po­li­ti­cien était trai­té de “bi­lingue”.

“Vous êtes un bi­lingue!” Re­pro­cher ce­la à quel­qu’un, ça me semble être un symp­tôme du ré­tré­cis­se­ment, vrai­ment, de l’in­tel­li­gence. Lire: Le Corps des ruines de Juan Ga­briel Vas­quez, Seuil, 23 eu­ros.

“La tra­di­tion est l’in­gré­dient le plus im­por­tant dans le foot”

“Ex­cuse-moi mais ton père est pas vi­trier!”

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