Les col­lègues de la Bri­gade

Ac­tuel­le­ment au Stade La­val­lois, ul­tra ta­toué de l’OGC Nice

So Foot - - DOSSIER - Par Alexy Bo­set­ti

Je me sou­viens par­fai­te­ment de ce sa­me­di 28 no­vembre 2009. Avec trois col­lègues, on avait dé­ci­dé de s’ins­crire pour le dé­pla­ce­ment à So­chaux or­ga­ni­sé par la Bri­gade Sud Nice. On avait ren­dez-vous à 1 heure du ma­tin de­vant le stade du Ray, où un bus nous at­ten­dait. J’avais 17 ans et j’étais au centre de for­ma­tion de Nice, où je jouais en U19. Ce week-end-là, on n’avait pas de match. Mon père m’avait dé­jà em­me­né voir jouer Nice à Mar­seille quand j’avais 9 ans, là c’était l’oc­ca­sion de faire mon pre­mier vé­ri­table dép’ avec les ul­tras de mon club. À l’époque, je fré­quen­tais la tri­bune Sud, celle de la BSN, de­puis que j’avais 13 ans. Au­tant dire que c’était ma se­conde mai­son. Et les gars de la BSN, ma se­conde fa­mille. Ce n’est pas pour rien que je me suis fait ta­touer l’em­blème du groupe sur l’épaule droite. Cette nuit-là, on est une cin­quan­taine à s’en­tas­ser dans ce car qui rou­le­ra jus­qu’à So­chaux pen­dant douze heures. Cer­tains sont dé­jà mal en point avant même le départ. À bord, à peine le pé­riple en­ta­mé, on dé­gaine dé­jà les bou­teilles de bière, de vod­ka ou de whis­ky. Et ça fume un peu de tout, c’est la base. Moi, je suis trop jeune pour ça, je ne prends rien, d’au­tant qu’au centre de for­ma­tion, il y a plein de contrôles… Dans le car, l’am­biance est fran­che­ment bonne. La seule règle est l’in­ter­dic­tion de dor­mir, sous peine d’ar­ri­ver à des­ti­na­tion avec toutes les conne­ries pos­sibles écrites sur la gueule. De temps en temps, pour ef­fec­tuer la ro­ta­tion entre les chauf­feurs et se res­tau­rer, on s’ar­rête à des sta­tions-ser­vice. Mal­heu­reu­se­ment, la plu­part sont fer­mées, pré­ve­nues de notre ar­ri­vée. Et dans les rares qui sont res­tées ou­vertes, on vole tout ce qu’on peut. À Auxerre, notre bus est ar­rê­té par la po­lice. On flippe un peu, mais fi­na­le­ment, ils se contentent de contrô­ler le taux d’al­coo­lé­mie des chauf­feurs. Et c’est par­ti pour une

“On se fait char­ger par les condés, sur qui on jette quelques chaises. C’est mar­rant…” Alexy Bo­set­ti

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