Da­saev & Alek­san­dr Za­va­rov

Res­pec­ti­ve­ment plus grand gar­dien de but de sa dé­cen­nie et suc­ces­seur de Mi­chel Pla­ti­ni à la Ju­ven­tus, ils furent les deux pre­mières stars de l’URSS à être trans­fé­rées à l’Ouest.

So Foot - - LÉGENDE -

Vous avez tous les deux joué à l'étran­ger, en Es­pagne et en Ita­lie, à une époque où il était très dif­fi­cile de sor­tir de l'URSS. Com­ment était-ce?

RD: Quand je suis ar­ri­vé en Li­ga (au FC Sé­ville, ndlr), en 1988, ce n'était pas en­core le cham­pion­nat le plus com­pé­ti­tif et le plus po­pu­laire du monde. Mais on se ren­dait bien compte qu'il le de­vien­drait un jour. Jouer contre le Bar­ça, le Real… J'ai ado­ré. D'ailleurs, j'ai en­core beau­coup d'at­taches là-bas, et ma se­conde épouse est es­pa­gnole.

AZ: Ça a été plus com­pli­qué pour moi… Le fait d'être le pre­mier So­vié­tique à évo­luer dans le Cal­cio a fait que j'ai payé très cher des péages qui n'existent plus au­jourd'hui. Mais à l'époque, en 1988, c'était fou. Quand j'ai si­gné à la Juve, les fonc­tion­naires so­vié­tiques m'ont mis des bâ­tons dans les roues. Ils m'ont de­man­dé de payer les co­ti­sa­tions du Kom­so­mol (les

jeu­nesses du par­ti com­mu­niste, ndlr) et celles du syn­di­cat des foot­bal­leurs. Quand les di­ri­geants tu­ri­nois ont ap­pris ça, ils sont de­ve­nus fu­rieux. Ils ne vou­laient pas qu'un de leurs joueurs aide fi­nan­ciè­re­ment le co­mi­té des sports de l'URSS. Ils m'ont même me­na­cé de ne pas me faire jouer.

Vous jouiez tous les deux à l'étran­ger lors de la dis­so­lu­tion de l'URSS, en 1991. Com­ment avez-vous ac­cueilli la nou­velle?

RD: Je ne peux pas vrai­ment ré­pondre: à l'époque, j'étais concen­tré sur ma car­rière et sur le FC Sé­ville. Ce qui se pas­sait en URSS, je le sa­vais uni­que­ment par ce que pou­vaient me ra­con­ter ma fa­mille et mes amis. Et lors du dé­man­tè­le­ment pré­ci­sé­ment, je n'ai pas pu ob­te­nir d'in­for­ma­tions de pre­mière main. Alors je suis res­té là, sans rien faire d'autre qu'at­tendre que les choses se passent…

AZ: Moi, je jouais à Nan­cy. Et je n'ai pas com­pris ce qui se pas­sait… En fait, je me rends compte que j'ai mis pas mal de temps avant d'ac­cep­ter la scis­sion de l'URSS. Au dé­but, j'étais dans le dé­ni. Je me re­vois en­core en train de re­gar­der les images du coup d'État d'août 1991 à la té­lé­vi­sion, avec ces tanks… (plu­sieurs membres du gou­ver­ne­ment op­po­sés aux ré­formes de Gor­bat­chev tentent un putsch, qui échoue no­tam­ment grâce à l'in­ter­ven­tion de Bo­ris Elt­sine, ndlr) J'étais ef­fon­dré… Ma fibre pa­trio­tique en a pris un coup.

À votre avis, que don­ne­rait une équipe so­vié­tique au­jourd'hui?

RD: Fran­che­ment? On com­pli­que­rait la vie de beau­coup d'équipes. AZ: On ar­ri­ve­rait en fi­nale de n'im­porte quel tour­noi, sûr et cer­tain. : PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AP / PA­NEN­KA

“Je me re­vois en­core en train de re­gar­der les images du coup d’État d’août 1991 à la té­lé­vi­sion, avec ces tanks…” Alek­san­dr Za­va­rov

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