Comment tu t’ap­pelles?

Parce que le nom d’une en­tre­prise n’est ja­mais aus­si ano­din qu’on ne le croit.

Society (France) - - AH BAH VOILÀ - – FLORIAN CADU

1999. À l’ori­gine, tout al­lait bien. Vé­ro­nique Del­rue, ha­bi­tante de Saint-mar­cel-les-va­lence, dans la Drôme, avait créé son en­tre­prise de ma­nu­ten­tion et l’avait so­bre­ment ap­pe­lée Vé­ro­nique Del­rue Ma­nu­ten­tion. Soit V.D.M. Manque de bol, un site in­ter­net du même nom voit le jour quelques an­nées plus tard. Coïn­ci­dence ou pas, la boîte de Vé­ro­nique a de­puis été dé­cla­rée en li­qui­da­tion ju­di­ciaire. Vie de merde, donc. 2011. “Aujourd’hui, grâce à ce nom, on est connu par­tout en France et lea­der sur le mar­ché.” Dans Le Pa­ri­sien, Mar­cel Lo­pez se fé­li­cite de son idée. À la tête d’une so­cié­té de lo­ca­tion d’as­pi­ra­teurs in­dus­triels, le pa­tron a choi­si une ap­pel­la­tion osée: Les Su­ceuses de l’ouest. Bien en vue sur le ca­mion rose, ce nom au­rait-il une conno­ta­tion sexuelle? Bien sûr que non, se­lon Mar­cel: “Notre but n’est pas du tout d’être dans le vul­gaire. D’ailleurs, il existe ce genre de ma­chines en mi­lieu ma­ri­time. On les ap­pelle les ‘Ma­rie Sa­lope’.” Les Su­ceuses de l’est, la pe­tite soeur, est née en 2016.

2014. D’abord, elle s’ap­pe­lait Ita­lo-suisse. Mais comme elle est belge et que la con­fu­sion ré­gnait, la cho­co­la­te­rie de la fa­mille Li­beert s’est muée en Isis. Sauf que quelques mois après ce chan­ge­ment de nom, le monde en­tier fai­sait connais­sance avec l’is­la­mic State of Iraq and Sy­ria. Bref, Daech. Pas co­ol. Alors, la cho­co­la­te­rie s’est fi­na­le­ment re­bap­ti­sée Li­beert. La so­lu­tion la plus simple est tou­jours la meilleure.

2017. “Bri­co­lage, Ré­no­va­tion, Amé­na­ge­ment, Dé­co­ra­tion, Plom­be­rie, In­ter­ven­tion Tous Tra­vaux.” Qu’est-ce que ce­la donne? B.R.A.D.P.I.T.T.

Mais oui! “Ça fait trois mois que j’ai ce sigle sur mon ca­mion et c’est vrai que ça tourne pas mal sur les ré­seaux so­ciaux, ap­pré­cie An­tho­ny Le­ca­mus, ba­sé à Per­pi­gnan. Je vois tous les jours des gens s’ar­rê­ter, le prendre en pho­to et la pu­blier sur Twit­ter ou Fa­ce­book.” Ce que l’on ap­pelle un jo­li coup.

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