SEINFELDS

Society (France) - - EXTRAVAGANZA - – JULIEN LANGENDORFF

“Pour beau­coup d’entre nous, c’est une ex­pé­rience ca­thar­tique d’ob­ser­ver quel­qu’un faire n’im­porte quoi en so­cié­té, sans au­cune li­mite.” Le constat pour­rait s’ap­pli­quer de fa­çon plus ou moins heu­reuse à beau­coup de fi­gures mé­dia­tiques ac­tuelles, mais l’ar­tiste amé­ri­caine Mor­gan Blair fait ré­fé­rence ici à l’au­to­pro­cla­mé “roi des idiots”, à sa­voir le per­son­nage de George Cos­tan­za, pi­lier de la sé­rie des an­nées 90 Sein­feld et icône ab­so­lue de toute une gé­né­ra­tion de per­dants né­vro­sés. Tout com­mence en 2013 pour la New-yor­kaise, qui se trouve alors confron­tée au fa­meux blo­cage créa­tif. “Je n’ar­ri­vais plus à peindre, alors j’ai dé­ci­dé d’al­ler com­plè­te­ment ailleurs et de me fo­ca­li­ser sur une cap­ture d’écran de Jer­ry Sein­feld dans son ap­par­te­ment, le dos tour­né à la ca­mé­ra. Je me suis dit qu’en pei­gnant cette image en­core et en­core, peut-être que quelque chose se dé­blo­que­rait. Ce n’est pas vrai­ment ar­ri­vé, mais ça m’a fait du bien d’es­sayer autre chose.” Blair pour­suit néan­moins cette ex­plo­ra­tion au gré d’une foi­son­nante sé­rie de pein­tures à l’huile, sorte de sto­ry-board im­pres­sion­niste re­vi­si­tant de ma­nière par­fois dra­ma­tique cer­tains des mo­ments les plus cultes du cé­lèbre “show about no­thing”: Kra­mer en slip kan­gou­rou pro­pul­sé man­ne­quin Cal­vin Klein, Pud­dy et son blou­son Eight Ball ou en­core la fi­gu­rine “Fu­silli Jer­ry”. On note l’ab­sence gé­né­rale du per­son­nage fé­mi­nin Elaine Benes (“Je la vé­nère, mais ses che­veux sont trop dif­fi­ciles à peindre”) et une at­ten­tion par­ti­cu­lière por­tée aux ob­jets (la plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion ASSMAN, le pro­gramme té­lé de Frank Cos­tan­za) ain­si qu’aux poses ré­si­gnées des dif­fé­rents pro­ta­go­nistes se te­nant la tête entre les mains. “J’ai es­sayé de ne pas trop peindre de por­traits fron­taux car j’avais peur du cô­té ‘fan art’, même si, fi­na­le­ment, je n’ai pas pu m’en em­pê­cher. Je don­ne­rais tout pour ren­con­trer Ju­lia Louis-drey­fus. Je rêve de traî­ner avec elle, on se mo­que­rait très bru­ta­le­ment de tout le monde, il y au­rait aus­si Do­nald Trump, Mike Pence, et peut-être Paul Ryan, et on les étri­pe­rait tous. Ce se­rait mar­rant.” Sad!

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