Stop aux hugs

Society (France) - - RÉUSSIR SA VIE -

De­puis le 8 juin der­nier, un grand homme nom­mé Jer­ry Sein­feld est som­mé de s’ex­pli­quer sur les rai­sons qui l’ont pous­sé à dé­cli­ner po­li­ment un hug de l’au­to­tu­née mais non lor­raine Ke­sha. Pour ceux d’entre vous qui dé­barquent après avoir sau­té les dix der­nières an­nées, sa­chez qu’en 2017, dé­cli­ner l’in­ti­mi­té d’une étreinte non dé­si­rée est pire que de je­ter un en­fant à la ri­vière. Car soyons clairs: un hug n’est pas un câ­lin. C’en est l’illu­sion d’op­tique, l’er­satz start-up friend­ly jouant la grande co­mé­die de la fra­ter­ni­té uni­ver­selle entre deux in­di­vi­dus qui, le plus sou­vent, ne par­tagent rien d’autre que des events co­casses sur Fa­ce­book. To­ta­li­taire par es­sence, la hug phi­lo­so­phie im­pose l’ami­tié++ comme re­la­tion hu­maine par dé­faut, in­ter­di­sant for­mel­le­ment au qui­dam d’être juste “un type qu’on connaît de vue” sous peine de pas­ser dans le camp des en­ne­mis.

Car en­fin, qu’est-ce que le hug si­non la meilleure fa­çon de lais­ser cette so­cié­té du coeur avec les doigts nous plan­ter un cou­teau dans le dos –son ac­ti­vi­té pré­fé­rée? À ce train, de­vrat-on en 2037 pro­di­guer un mas­sage thaï­lan­dais à ce voi­sin du troi­sième, là où une poi­gnée de main suf­fi­sait il y a en­core dix ans? Et puis sur­tout, per­sonne n’a re­mar­qué à quel point les gens suent en ce mo­ment?

Sa­lueurs, sa­lueuses, don­nons­nous la main et, en­semble, pre­nons congé de cette col­lante tan­née.

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