LONDRES FACE À L’HORREUR

Ter­ro­risme, in­cen­die… Une se­maine dans les pas du maire, Sa­diq Khan

Society (France) - - LA UNE - PAR RONAN BOSCHER ET LUCAS DUVERNET-COPPOLA, À LONDRES

Ce­la de­vait être l’une de ces se­maines où l’on panse les plaies et l’on prône l’es­poir. De­puis dix jours et l’at­taque ter­ro­riste du Lon­don Bridge et du Bo­rough Mar­ket, le maire de Londres, Sa­diq Khan, n’avait pas ar­rê­té. Il y avait eu des dis­cours, des gerbes de fleurs, des mi­nutes de si­lence. Après quoi la deuxième phase des com­mé­mo­ra­tions s’était ou­verte na­tu­rel­le­ment, et l’édile en était dé­sor­mais à louer le cos­mo­po­li­tisme dont Londres ti­re­rait sa force. Mar­di 13 juin, peu avant 20h. Le Land Ro­ver blin­dé de mon­sieur le maire s’ar­rête de­vant la mai­son de l’ar­che­vêque de West­mins­ter, en plein centre de la ca­pi­tale. En­core un sym­bole. Il est ve­nu cas­ser le jeûne du Ra­ma­dan en pré­sence du car­di­nal Ni­chols, du grand rab­bin de Londres et de 100 jeunes is­sus de tous les quar­tiers de la ville et de toutes les confes­sions. Khan: “Toutes les re­li­gions ont leurs dif­fé­rences, mais elles ont sur­tout énor­mé­ment de points com­muns.” Puis: “Ce genre d’évè­ne­ment est une réelle op­por­tu­ni­té pour contrer les pré­ju­gés et le scep­ti­cisme ac­tuel au­tour de l’is­lam, et mon­trer à quel point Londres est une ville ou­verte.” À un au­di­toire conquis, il de­mande en­suite de “twee­ter comme vous n’avez ja­mais twee­té”, in­cite à se ser­vir de tous les ré­seaux so­ciaux pour dif­fu­ser ses bons mots. “J’es­saie d’être un bon mu­sul­man, et je veux dire aux ter­ro­ristes qu’ils n’ont pas agi en mon nom”, confie-t-il à l’écart du brou­ha­ha lors­qu’on l’in­ter­roge sur le sens de l’évè­ne­ment, avant de s’en­gouf­frer de nou­veau dans la salle pour en­chaî­ner les sel­fies et les clins d’oeil. Ce­la de­vait être une se­maine comme ça, mais tout a dé­raillé. Dans la nuit, Sa­diq Khan était ré­veillé par les ser­vices de la mai­rie et le chef des pom­piers de la ville. Ils lui ap­pre­naient que le feu ra­va­geait un HLM de la ville. Il ne le sa­vait pas en­core, mais il al­lait de­voir gé­rer le plus grand in­cen­die d’un im­meuble à Londres de­puis la Se­conde Guerre mon­diale, jon­gler entre les vi­sites aux ser­vices de se­cours, les hô­pi­taux, les réunions de crise in­ter­mi­nis­té­rielles, pour ap­prendre, une se­maine plus tard, qu’une ca­mion­nette avait fau­ché onze per­sonnes de­vant une mos­quée à la sor­tie d’une prière, fai­sant un mort et dix bles­sés. Sa­diq Khan s’ap­prê­tait à vivre la se­maine la plus dé­li­cate de sa car­rière po­li­tique. Son ar­ri­vée à la tête de Londres, il y a un peu plus d’un an, avait pour­tant été ac­cueillie comme une vic­toire par les pro­gres­sistes du monde en­tier. Pour la pre­mière fois, un mu­sul­man était élu maire d’une ca­pi­tale oc­ci­den­tale. Son slo­gan, “Lon­don is open”, di­sait à peu près tout. Une ville ou­verte, re­fu­sant de se re­plier sur elle-même, quand le reste du pays s’ap­prê­tait à choi­sir le Brexit et que l’amé­rique et une par­tie de l’eu­rope étaient en train de se je­ter dans les bras de pré­di­ca­teurs de peur et de di­vi­sion. Les at­ten­tats du 3 juin, qui avaient fait sept morts, l’avaient ame­né à s’op­po­ser fron­ta­le­ment à Do­nald Trump, qui l’avait tan­cé via Twit­ter. Il était sor­ti gran­di de cette po­lé­mique de bac à sable. L’in­cen­die de la Gren­fell To­wer et l’at­taque de­vant la mos­quée ont ba­layé tous ces sym­boles, ré­vé­lant l’autre face de la ca­pi­tale du Royaume-uni –une ville pleine d’in­éga­li­tés, où des îlots de mi­sère cô­toient les coins les plus riches du monde dans l’in­dif­fé­rence gé­né­rale, et où les com­mu­nau­tés se croisent sans tou­jours se mé­lan­ger. Certes, Sa­diq Khan avait rem­por­té la mai­rie sans pro­mettre le Grand Soir. Mais les deux prio­ri­tés qu’il avait ci­blées étaient pré­ci­sé­ment la lutte contre le ter­ro­risme et la crise du lo­ge­ment. À chaque fois, il avait mi­sé sur sa per­son­na­li­té et son his­toire per­son­nelle plus que sur des idées po­li­tiques no­va­trices. “L’en­fant éle­vé en HLM qui va ré­gler la crise du lo­ge­ment” et “le mu­sul­man bri­tan­nique qui va af­fron­ter les ex­tré­mistes”, louaient les tracts qu’il avait dif­fu­sés en masse pen­dant la cam­pagne. Le plan était le bon, il l’avait em­por­té haut la main –56,9% des voix. Mais aujourd’hui, Khan semble pris à son propre piège. Au sor­tir de la ré­ou­ver­ture du Bo­rough Mar­ket le mer­cre­di 14 juin au ma­tin, il a été pris à par­tie par les res­ca­pés de l’in­cen­die lors­qu’il s’est ren­du sur les lieux de la tra­gé­die, au mi­lieu de la fu­mée, des larmes et des lances d’in­cen­die. Ceux qu’il avait vou­lu re­pré­sen­ter pen­dant sa cam­pagne, les pauvres, les mi­no­ri­tés, les mis à l’écart, lui ont ré­cla­mé des comptes. Il n’a pas pu en rendre, se conten­tant, une se­maine plus tard, d’ac­cu­ser les autres sur les ondes de la BBC. “Cette tra­gé­die est la consé­quence d’er­reurs et de né­gli­gences de la part de res­pon­sables po­li­tiques, de la mai­rie de quar­tier et du gou­ver­ne­ment.”

“Je ne suis pas le dé­pu­té que vous cher­chez”

Tout avait pour­tant bien com­men­cé. 2005, Sa­diq Khan fait son en­trée au Par­le­ment après avoir rem­por­té les élec­tions dans sa cir­cons­crip­tion du sud de Londres. À l’époque, Sun­der Kat­wa­la di­rige la Fa­bian So­cie­ty. Ce think tank, fon­dé en 1884, est la fa­brique idéo­lo­gique du La­bour. “Mon rôle était alors d’ap­pro­cher les nou­veaux dé­pu­tés qui, se­lon moi, joue­raient un rôle par­ti­cu­lier dans le fu­tur et pour­raient re­pré­sen­ter une sorte de lea­der­ship”, se rap­pelle-t-il. L’homme avait vu ve­nir Khan de loin. “Ses luttes pour les droits de l’homme en tant qu’avo­cat et son pas­sé à la tête d’une ONG re­con­nue m’in­tri­guaient. Il me sem­blait sé­rieux. Je l’ai ap­pro­ché juste après son élec­tion.” Un autre as­pect ai­guise la cu­rio­si­té de Kat­wa­la: Sa­diq Khan est le seul mu­sul­man sur les 50 dé­pu­tés lon­do­niens pré­sents au Par­le­ment. Le tout jeune po­li­tique re­fuse de mettre en avant cet as­pect de sa per­son­na­li­té. Mais le 7 juillet 2005, Londres est frap­pée par quatre ex­plo­sions. 56 morts, 700 bles­sés. Al-qaï­da re­ven­dique l’at­taque. “Il y avait une grande at­tente sur Khan, re­si­tue Kat­wa­la. Mais il n’était pas prêt pour as­su­mer tout ce­la. ‘Je ne suis pas le dé­pu­té que vous cher­chez’, voi­là ce qu’il me di­sait.” La ges­tion post-at­ten­tat du gou­ver­ne­ment de To­ny Blair va pour­tant ame­ner Khan à re­con­si­dé­rer ses po­si­tions. “Il a pris un peu de temps, et pe­tit à pe­tit, il a com­men­cé à ar­ti­cu­ler son dis­cours sur ce que vou­lait dire être mu­sul­man dans la so­cié­té bri­tan­nique, pour­suit le lob­byiste. Nous échan­gions ré­gu­liè­re­ment tous les deux, et Sa­diq se cher­chait. Il se de­man­dait dans quelle case il de­vait se mettre, s’il de­vait se dé­fi­nir en tant que dé­pu­té mu­sul­man. Je l’ai convain­cu qu’il de­vait as­su­mer. Ne res­tait plus qu’à sa­voir comment uti­li­ser ce­la pour être utile dans le dé­bat pu­blic.” Le fruit des

échanges entre les deux hommes est un es­sai pu­blié en 2008, De la jus­tice, pas des fa­veurs: comment re­nouer le lien avec les Bri­tan­niques mu­sul­mans. Tout au long de la cen­taine de pages, pas­sées re­la­ti­ve­ment in­aper­çues à l’époque, Khan pré­sente un diag­nos­tic, pro­pose des so­lu­tions, re­com­mande de tout chan­ger. “La po­li­tique qui dé­clare qu’être bri­tan­nique ne veut rien dire d’autre que pos­sé­der un pas­se­port n’est plus adap­tée aux be­soins de la Grande-bre­tagne aujourd’hui, écrit-il. Nous avons be­soin d’un nou­veau contrat ci­vique et d’un dé­bat pu­blic, dont l’ob­jec­tif doit être l’éga­li­té et l’in­té­gra­tion de tous.” Dans un pays où le com­mu­nau­ta­risme est éri­gé de­puis tou­jours en mo­dèle, et où chaque ma­tin, aux heures de grande écoute, les re­pré­sen­tants des dif­fé­rentes re­li­gions adressent une “pen­sée du jour” sur la ra­dio pu­blique, ces propos dé­tonnent. “Pour Sa­diq, il fal­lait que la ques­tion de l’in­té­gra­tion se re­trouve sur l’agen­da po­li­tique des dé­bats, et pas seule­ment pour les mu­sul­mans, dé­taille Kat­wa­la. Il se ser­vait de ce qu’il avait vé­cu, et vou­lait que ça serve à la ma­jo­ri­té des Bri­tan­niques, pas seule­ment aux mi­no­ri­tés.”

Guère éton­nant: Sa­diq Khan ne se gêne ja­mais pour convo­quer son his­toire per­son­nelle afin de lé­gi­ti­mer son dis­cours po­li­tique. Son ré­cit prend ra­cine dans le sud de Londres. Fils d’un père chauf­feur de bus –le 44– et d’une mère cou­tu­rière à la mai­son, tous deux im­mi­grés de Ka­ra­chi, au Pa­kis­tan, Sa­diq gran­dit au mi­lieu d’une fra­trie nom­breuse –six frères et une soeur. La fa­mille ha­bite un quatre pièces du Hen­ry Prince Es­tate, blocs de HLM si­tué à Earls­field, dans le quar­tier de Too­ting, alors à ma­jo­ri­té blanc et chré­tien. L’am­biance est moins ac­cueillante qu’aujourd’hui. “Quand mes pa­rents sont ar­ri­vés en An­gle­terre, il y avait des af­fiches ‘Pas de Noirs, pas d’ir­lan­dais, pas de chiens’”, ra­conte-t-il ré­gu­liè­re­ment. Ses frères se font in­sul­ter de “Pa­ki” au stade de Stam­ford Bridge, où évo­lue le club de Chel­sea, quand lui a le droit à “Yid”, in­sulte adres­sée aux juifs, à Plough Lane, an­cienne en­ceinte du club de foot de Wim­ble­don. Le pe­tit Sa­diq s’est d’ailleurs mis à la boxe, pour se ra­gaillar­dir, “au cas où on [lui] cher­che­rait des noises dans la rue”. La rue est éga­le­ment le ter­rain d’ex­pres­sion de la po­lice de l’époque, re­cou­rant avec zèle aux in­ter­pel­la­tions de ses “amis, frères et [lui]-même”. Au gré de l’im­mi­gra­tion pa­kis­ta­no-in­dienne, ja­maï­caine, puis nord-afri­caine, Khan construit à Too­ting ses pre­mières convic­tions dans les écoles pu­bliques du coin, “pas tou­jours un lit de roses”, re­joint le La­bour dès ses 15 ans et fré­quente la mos­quée Al-muz­zam­mil, sur Gat­ton Road. “Il conti­nue d’ailleurs tou­jours d’y ve­nir à pied ou en bus, sans ser­vice d’ordre”, dit Ab­dal­lah, un fi­dèle. Il s’oriente en­suite vers des études de droit, boos­té par la sé­rie amé­ri­caine LA Law, qui ra­conte la vie d’avo­cats pré­sen­tant beau, dé­fen­dant “les sans-grades et les grandes causes”, et condui­sant de belles voi­tures. Di­plôme en poche, Sa­diq Khan dit pour­tant n’être pas là “pour se faire de l’ar­gent en ville”. Il fait ses armes en 1994 en tant que sta­giaire chez Ch­ris­tian Fi­scher, ca­bi­net ré­pu­té de dé­fense des droits de l’homme avant, trois ans plus tard, d’en de­ve­nir as­so­cié. Ses vic­toires ne passent pas in­aper­çues, que ce soit quand il dé­fend un coif­feur agres­sé par la po­lice ou quand il ob­tient l’an­nu­la­tion de l’ex­tra­di­tion vers les États-unis de Louis Far­ra­khan, ac­ti­viste et di­ri­geant de Na­tion of Is­lam. En pa­ral­lèle, il pro­longe ces com­bats dans des rap­ports pour les ONG Li­ber­ty ou Le­gal Ac­tion Group, sur les abus po­li­ciers ou la force de la lé­gis­la­tion contre le ra­cisme. Son élec­tion en 2005 est pour lui “l’op­por­tu­ni­té de faire des lois pou­vant amé­lio­rer la vie de mil­lions de per­sonnes”. Sa ré­pu­ta­tion de bos­seur et de tei­gneux se­ra ra­pi­de­ment vé­ri­fiée lors­qu’il s’agi­ra de fer­railler contre To­ny Blair sur l’in­ter­ven­tion en Irak.

“Il ne veut se fâ­cher avec per­sonne”

Der­rière cette belle his­toire of­fi­cielle, la classe di­ri­geante bri­tan­nique va pour­tant vite dé­cou­vrir, au sein du Par­le­ment, “un ani­mal po­li­tique”, se­lon les dires de Ch­ris­tian Wol­mar, can­di­dat à la pri­maire du La­bour pour la mai­rie de Londres et bat­tu par Khan. Le jeune po­li­ti­cien dé­croche des postes de se­cré­taire d’état dans le gou­ver­ne­ment de Gor­don Brown puis, en 2010, le voi­là pro­pul­sé chef de cam­pagne d’ed Mi­li­band dans sa conquête du La­bour. C’est le tour­nant de sa vie po­li­tique, car la vic­toire de Mi­li­band est la sienne. Pour le ré­com­pen­ser, ce­lui-ci lui offre un rôle taillé sur me­sure: un sha­dow mi­nis­ter in­édit, ce­lui de Londres, entre 2013 et 2015. “C’était un ca­deau de Mi­li­band vu qu’au­cun mi­nis­tère de Londres n’a ja­mais exis­té, s’amuse Wol­mar. Ce­la a per­mis à Sa­diq de se tis­ser un ré­seau plus grand en­core, de ren­con­trer dif­fé­rents ac­ti­vistes so­cia­listes, de pré­pa­rer tout sim­ple­ment sa can­di­da­ture à la mai­rie de Londres.” En pu­blic, Khan conti­nue de lais­ser croire que sa seule am­bi­tion reste son man­dat de dé­pu­té à Too­ting, re­nou­ve­lé en mai 2015. “Il vou­lait que sa ré­élec­tion soit la plus large pos­sible dans sa cir­cons­crip­tion avant de se lan­cer à l’as­saut de la mai­rie de Londres”, confie en­core Wol­mar. Pas fa­vo­ri de la pri­maire lon­do­nienne du La­bour à l’été 2015, il en sor­ti­ra pour­tant vain­queur grâce à une cam­pagne très bien fi­ce­lée. Ses équipes ne re­chignent par exemple pas à té­lé­pho­ner aux adhé­rents du La­bour pour pro­mou­voir leur cham­pion –une nou­veau­té à l’époque, ins­pi­rée des équipes d’oba­ma. “Ils m’ont même ap­pe­lé deux fois”, se marre Ch­ris­tian Wol­mar, qui fe­ra un tout pe­tit 6%. Sur­tout, Khan, clas­sé a prio­ri plu­tôt à gauche du La­bour, se re­po­si­tionne au centre. Il se pré­sente alors comme le plus “pro-bu­si­ness” des can­di­dats de l’échi­quier lon­do­nien, re­proche à Cor­byn, pa­tron du La­bour, de ne pas avoir chan­té l’hymne na­tio­nal lors d’une com­mé­mo­ra­tion, ou ses ami­tiés avec le Hez­bol­lah et le Ha­mas, qui contri­bue­raient à ali­men­ter “l’image an­ti­juifs du La­bour”. “Sa­diq sait exac­te­ment là où il doit se po­si­tion­ner po­li­ti­que­ment, ana­lyse Wol­mar. Il était un peu à gauche mais pas trop. Il ne vou­lait sur­tout pas faire peur aux gens ni se fâ­cher avec qui­conque. Le ré­sul­tat, c’est qu’il est par­ve­nu à in­clure tous les élé­ments qui forment la po­pu­la­tion de Londres. Toutes les mi­no­ri­tés eth­niques l’ont plé­bis­ci­té.” Le nou­veau “King of Lon­don” n’est pas un idéo­logue. Même si son po­si­tion­ne­ment pro­bu­si­ness semble fac­tice, pous­sé sans doute par le choc du Brexit dans les mi­lieux fi­nan­ciers. Après tout, il n’avait pas dit autre chose en ar­ri­vant à la mai­rie. “Mon pro­gramme est très simple: je veux que Londres offre aux Lon­do­niens les mêmes op­por­tu­ni­tés qu’elle a of­fertes à moi et à ma fa­mille.” Au­tre­ment dit: édu­ca­tion gra­tuite et lo­ge­ments so­ciaux. Mais quand le drame ar­rive jus­te­ment par là, que faire? Un jour que le Guar­dian l’in­ter­ro­geait à la fa­çon d’un ques­tion­naire de Proust et qu’il dé­cla­rait qu’il ai­me­rait que George Cloo­ney joue son rôle si un film lui était un jour consa­cré, Khan avait ra­con­té ce­ci: “La fois où j’ai le plus ex­pé­ri­men­té la mort, c’était quand j’étais pe­tit. Notre ap­par­te­ment, dans mon HLM à Too­ting, avait pris feu. Nous n’avions pas réa­li­sé, jus­qu’à l’ar­ri­vée des pom­piers.”

De­vant les ré­si­dants en co­lère de la Gren­fell To­wer, le maire n’a pas osé res­sor­tir l’anec­dote.

“Sa­diq sait exac­te­ment là où il doit se po­si­tion­ner po­li­ti­que­ment. Il était un peu à gauche mais pas trop. Le ré­sul­tat, c’est qu’il est par­ve­nu à in­clure tous les élé­ments qui forment la po­pu­la­tion de Londres. Toutes les mi­no­ri­tés eth­niques l’ont plé­bis­ci­té”

Ch­ris­tian Wol­mar, can­di­dat à la pri­maire du La­bour pour la mai­rie de Londres

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