San­ta Klaus.

Il a sau­vé des mil­liers de vies. En af­fré­tant il y a deux ans un ba­teau pour se­cou­rir les mi­grants en Mé­di­ter­ra­née, l’al­le­mand Klaus Vo­gel, an­cien ca­pi­taine de la ma­rine mar­chande, a dé­ci­dé de faire le bou­lot dont l’eu­rope et les po­li­tiques se sont la­vé l

Society (France) - - SOMMAIRE - PAR VINCENT RIOU / PHO­TO: RÉMY ARTIGES POUR SO­CIE­TY

Il a sau­vé des mil­liers de vie. En af­fré­tant il y a deux ans un ba­teau pour se­cou­rir les mi­grants en Mé­di­ter­ra­née, l’al­le­mand Klaus Vo­gel a dé­ci­dé de faire le bou­lot dont l’eu­rope et les po­li­tiques se sont la­vé les mains.

Agir sur un coup de tête, ins­tinc­ti­ve­ment, sans cal­cu­ler. En voi­là un com­por­te­ment in­at­ten­du de la part d’un homme en pleine ma­tu­ri­té. Klaus Vo­gel est al­le­mand. Il a pas­sé une grande par­tie de sa vie pro­fes­sion­nelle à me­ner d’im­menses porte-contai­ners à bon port et une autre dans les bi­blio­thèques, comme étu­diant puis cher­cheur en his­toire. Au­tant de bonnes rai­sons de sa­voir que la co­lère est mau­vaise conseillère. Et pour­tant. Ce ma­tin de no­vembre 2014, en pleine réunion an­nuelle de la soixan­taine de ca­pi­taines de la com­pa­gnie Ha­pag-lloyd, à Ham­bourg, il s’est le­vé, et sans rien dire a quit­té les lieux au mo­ment même où son pré­sident énon­çait les ob­jec­tifs de l’an­née à ve­nir. C’est que moins de trois heures plus tôt, à l’hô­tel, Klaus Vo­gel avait écou­té un re­pré­sen­tant des gardes-côtes ita­liens ré­agir à l’ar­rêt sou­dain de l’opé­ra­tion Mare Nos­trum à la ra­dio. En un an, la ma­rine ita­lienne avait sau­vé près de 150 000 mi­grants en dé­tresse sur la Mé­di­ter­ra­née, et les États eu­ro­péens re­fu­saient de prendre le re­lais d’un gou­ver­ne­ment dont les ci­toyens sup­por­taient seuls ou presque une fac­ture de neuf mil­lions d’eu­ros par mois. Klaus Vo­gel, en ren­trant chez lui après avoir donc po­sé, de fait, rien de moins que sa dé­mis­sion, s’est néan­moins sen­ti “calme et pai­sible”. “J’avais sen­ti que je n’avais pas d’autre choix”, écrit-il aujourd’hui dans un livre, Tous sont vi­vants. Deux cents pages au fil des­quelles il ra­conte pour­quoi et comment il a fon­dé dans la fou­lée SOS Mé­di­ter­ra­née, L’ONG dont le pa­trouilleur de 77 mètres, l’aqua­rius, a ré­cu­pé­ré en presque deux ans près de 20 000 nau­fra­gés au large des côtes li­byennes.

Ce livre, ce n’est pas son idée. “On m’a dit: ‘Il ne suf­fit pas de faire des bonnes choses, il faut les ex­pli­quer, pour qu’elles soient com­prises’”, s’ex­cu­se­rait-il presque. C’est un peu par ha­sard que Klaus Vo­gel est de­ve­nu un loup de mer. Une vi­site à une tante, une ba­lade sur le port de Ham­bourg, où il tombe sur une offre pour un job d’ou­vrier à quai, pou­vant avec un peu de chance se trans­for­mer en une ex­pé­rience de mousse, le temps d’un été. Lors du stage d’ini­tia­tion, un vieux bos­co de 80 ans lui donne un conseil: vu son ni­veau d’études –le bac–, il peut pré­tendre à une for­ma­tion s’il dé­clare vou­loir de­ve­nir ca­pi­taine à une com­pa­gnie de trans­port ma­ri­time par­te­naire. C’est ce qu’il choi­sit, et très vite, il est en­ga­gé sur des voyages au long cours. Le fils de fa­mille in­tel­lec­tuelle et bour­geoise, dont les pa­rents se sont ren­con­trés dans un bal mas­qué, de­vient un homme en s’en­ca­naillant dans les grands ports du globe, et pro­fite d’une es­cale à Dja­kar­ta pour se perdre dans les bi­don­villes et faire ce constat: “Par­tout dans le monde, les hu­mains sont des hu­mains. Comme moi. Même au mi­lieu des or­dures, même dans le chaos le plus to­tal, ils s’or­ga­nisent, ils tra­vaillent, ils s’en­traident, ils s’aiment, ils rient, ils s’en­gueulent. Comme nous.” Tout au long de sa car­rière ma­ri­time, les es­cales se­ront l’oc­ca­sion de ren­contres fortes. Klaus en­rage contre ceux qui se per­mettent de por­ter un ju­ge­ment “sans rien connaître de leur réa­li­té” sur les mo­ti­va­tions de ceux qui prennent le risque de ral­lier l’eu­rope. Il en­rage sur­tout contre l’in­dif­fé­rence des États. “Je n’ac­cepte pas la po­si­tion eu­ro­péenne sur les mi­grants, mais on n’en­tend pas non plus les pays dont sont ori­gi­naires ces mal­heu­reux. Une fois, un chef d’état afri­cain a dit: ‘Ces per­sonnes qui fuient notre pays ne nous in­té­ressent pas, ce ne sont plus les nôtres.’” Il y a ces des­tins croi­sés lors des es­cales, et ceux qui font ir­rup­tion à bord. C’est ar­ri­vé deux fois à Klaus dans sa car­rière de se re­trou­ver face à un pas­sa­ger clan­des­tin. D’abord, un Éry­thréen “hi­lare”, que son ca­pi­taine avait re­mis à un confrère en route di­recte pour l’al­le­magne, où il vou­lait de­man­der l’asile. “Il m’a fal­lu quelques ins­tants pour com­prendre qu’en fait, il était mort de trouille: il sou­riait de peur. (…) À l’époque, j’avais en­ten­du dire que cer­tains équi­pages les mal­trai­taient jus­qu’à les battre à mort et les je­ter par-des­sus bord pour ne pas avoir d’en­nuis. Il le sa­vait aus­si. C’est pour ça qu’il sou­riait avec tant d’ar­deur: son sou­rire était son seul moyen de nous mon­trer qu’il n’était ni mé­chant ni dan­ge­reux…” Puis, ce fut Mu­ham­mad, un Sé­né­ga­lais qui avait fui la sé­che­resse de son pays pour la Côte d’ivoire, où sa si­tua­tion de mu­sul­man en zone chré­tienne était de­ve­nue dan­ge­reuse. Klaus

avait réus­si à le convaincre qu’il n’avait au­cune chance d’être ré­gu­la­ri­sé en Eu­rope, qu’il se­rait ren­voyé di­rec­te­ment, et donc qu’il fe­rait mieux de des­cendre à Da­kar. “La mort dans l’âme, dit-il. Est-ce à moi de le convaincre de ce qui est le mieux pour lui? Sup­por­te­rais-je, moi, que quel­qu’un m’ex­plique ce que je dois faire de ma vie, et comment je dois prendre soin, ou pas, de ma fa­mille? Ce qui est ac­cep­table et ce qui ne l’est pas? L’hon­neur et la di­gni­té d’un être hu­main, c’est la li­ber­té de pou­voir choi­sir sa propre exis­tence.” Ces jeunes gens de l’afrique sub­sa­ha­rienne qui sont prêts à prendre le risque de mou­rir pour pas­ser de l’autre cô­té de la Mé­di­ter­ra­née, il les com­pare à ceux qui com­mettent l’ir­ré­pa­rable en Eu­rope. “Dans ma classe d’âge, à l’école, sur 80 ca­ma­rades, cinq ou six se sont sui­ci­dés entre 20 et 30 ans. Pour­quoi? Parce qu’ils n’ar­ri­vaient pas à or­ga­ni­ser leur vie de fa­çon sa­tis­fai­sante, que la pers­pec­tive de l’échec les an­gois­sait, qu’ils avaient honte d’eux-mêmes.”

Mer mau­dite

Quelle que soit l’ex­pli­ca­tion de ce pas­sage à l’acte, le mal-être des jeunes Al­le­mands de sa gé­né­ra­tion s’ex­plique aus­si par l’his­toire du xxe siècle, celle du pays, mais aus­si celle de chaque fa­mille. Klaus Vo­gel a dû ap­prendre à vivre avec le poids du si­lence, titre de l’un de ses livres de che­vet, si­gné de l’is­raé­lien Dan Bar-on. “Il a mon­tré que trois gé­né­ra­tions après la Shoah, ce qui reste de dou­leur et de

centre de soins pour les plus dé­mu­nis de­puis dix ans, fai­sait par­tie des 17 res­ca­pés d’une em­bar­ca­tion sur la­quelle s’étaient en­tas­sées 90 per­sonnes. “De­puis, il ré­pète à tout le monde que le sau­ve­tage, c’est l’ex­cep­tion ; la mort, c’est la règle. C’est cho­quant que ce soit l’ex­cep­tion”, dit Klaus d’une voix faible et douce.

Quand “le poids du si­lence” est de­ve­nu trop lourd à por­ter pour le des­cen­dant, le ci­toyen et sur­tout l’his­to­rien qu’il était de­ve­nu, Klaus a en­quê­té sur l’his­toire de sa fa­mille. Du cô­té de son père, des grands-pa­rents com­mu­nistes as­sez vite re­ve­nus du sta­li­nisme, re­con­ver­tis en so­ciaux-dé­mo­crates dès les an­nées 30, et qui ai­dèrent Juifs et com­mu­nistes sous le na­zisme. La branche ma­ter­nelle de la fa­mille, elle, est au sens mo­dia­nesque du terme d’un pe­di­gree beau­coup moins glo­rieux. Le grand­père a adhé­ré au par­ti na­zi, s’est en­ga­gé dans la SA pour por­ter Hit­ler au pou­voir et fut proche de Léon De­grelle, le chef belge des SS de Wal­lo­nie. Un jour que Klaus tente de com­prendre le sort ré­ser­vé aux Juifs, sa tante lui dit: “Tu DOIS com­prendre! Il fal­lait com­battre le bol­che­visme, et le bol­che­visme, c’étaient les Juifs.” Il fau­dra at­tendre son en­ter­re­ment, à 100 ans, en 1994, pour qu’à l’échelle de la fa­mille élar­gie, Klaus se per­mette de mettre le ta­bou fa­mi­lial sur la table. Pour lui, ef­fec­tuer ce tra­vail de re­cherche sur les res­pon­sa­bi­li­tés fa­mi­liales dans les crimes na­zis était aus­si né­ces­saire pour “gar­der de l’em­pa­thie en­vers ces proches et pou­voir conti­nuer à être en re­la­tion avec eux, ne pas les chas­ser com­plè­te­ment. L’idée n’est pas de mi­ni­mi­ser leur crime ni de le jus­ti­fier, mais de com­prendre ce qu’est ce crime. Et par­fois, le crime c’est par exemple la honte de ne pas avoir ré­agi cor­rec­te­ment au bon mo­ment. Une fois que ce mo­ment est pas­sé, la si­tua­tion de­vient tou­jours pire. Si tout de suite dans l’après-guerre tu ne re­con­nais pas ce que tu as à te re­pro­cher, parce que tu as honte, que tu veux pro­té­ger ta fa­mille, alors c’est fi­ni: la honte aug­mente, jus­qu’à la fin de ta vie”. Il est évident pour lui que nos des­cen­dants nous de­man­de­ront eux aus­si de rendre des comptes sur cette mer Mé­di­ter­ra­née de­ve­nue ci­me­tière. Et la jus­tice peut-être aus­si, dit-il. “L’an der­nier, un garde du camp d’au­sch­witz de 92 ans a été condam­né à cinq ans de pri­son. Au­pa­ra­vant, il n’au­rait pas été in­quié­té, seuls les grands res­pon­sables l’étaient, lui n’avait qu’obéi aux ordres... Ce­la montre que sur le long terme, on de­vient de plus en plus strict sur la res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun dans ces crimes.” Alors, quid de la res­pon­sa­bi­li­té des États pris en fla­grant dé­lit de non-as­sis­tance à per­sonne en dan­ger dans le drame qui se joue ac­tuel­le­ment en Mé­di­ter­ra­née? L’exemple le plus édi­fiant est ce­lui d’un ba­teau pneu­ma­tique fu­nes­te­ment connu sous le nom de left-to-die-boat. En mars 2011, 72 per­sonnes ve­nues du Gha­na, du Sou­dan, d’éthio­pie et du Ni­ger quittent les côtes li­byennes à son bord. Il tombe en panne. Pho­to­gra­phié par un avion mi­li­taire fran­çais, ra­vi­taillé par un hé­li­co­ptère, ap­pro­ché par un ba­teau, il ne se­ra ja­mais se­cou­ru. Par­tout dans la Mé­di­ter­ra­née, pour­tant, des na­vires mi­li­taires de l’union eu­ro­péenne veillent alors à faire res­pec­ter l’em­bar­go sur les armes en Li­bye. Quand le cou­rant le ra­mène fi­na­le­ment sur les côtes li­byennes, quinze jours plus tard, les neuf per­sonnes en­core en vie sont en­voyées crou­pir dans les pri­sons de l’ar­mée du ré­gime qu’elles fuyaient. Cette his­toire, Klaus la dé­couvre avec ef­froi en fai­sant des re­cherches sur In­ter­net. Pour­quoi n’a-t-elle pas fait la une des jour­naux? Comment est-il pas­sé à cô­té?

Cau­che­mar et mau­vaise conscience

De­puis 1982, Klaus Vo­gel fait ré­gu­liè­re­ment le même cau­che­mar: un homme à la mer, à qui il tend la main. Son re­gard est plein d’ef­froi, mais im­pos­sible de l’agrip­per. Sa main glisse, et il n’est que le pre­mier d’une longue fa­ran­dole de nau­fra­gés qui tentent de flot­ter, mais les plus éloi­gnés dis­pa­raissent pro­gres­si­ve­ment à l’ho­ri­zon. “Je me ré­veille en sur­saut, mon coeur bat à 100 à l’heure. Je n’ai pas pu at­tra­per le pre­mier. Ils sont tous morts. Je n’ai rien pu faire.” La pre­mière fois qu’il fait ce cau­che­mar, il a 25 ans, il est lieu­te­nant-pont sur un car­go. La veille, son ca­pi­taine a re­fu­sé sè­che­ment de prendre la route qu’il avait tra­cée, la plus ra­pide, la plus lo­gique, parce qu’elle pas­sait à une dou­zaine de miles des côtes du Viet­nam et qu’ils ris­quaient de croi­ser des boat people en dé­tresse. Klaus a obéi, et tra­cé un autre iti­né­raire. “C’est le cau­che­mar de la mau­vaise conscience, dit-il aujourd’hui. J’étais prêt à par­ti­ci­per à des sau­ve­tages, l’équi­page aus­si je crois, et c’est seule­ment une idée éco­no­mique de courte du­rée qui nous a en­traî­nés à faire un dé­tour: au moins, on était sûrs de ne pas perdre de temps à croi­ser un boat people en dif­fi­cul­té qui nous au­rait re­tar­dés. Cette idée de perdre du temps donc de l’ar­gent parce qu’on sauve des hommes, du

“Le sau­ve­tage c’est l’ex­cep­tion, la mort c’est la règle. C’est cho­quant que ce soit l’ex­cep­tion” Klaus Vo­gel

point de vue mo­ral, c’est in­com­pré­hen­sible. On ne perd pas du temps, on gagne des vies.” Klaus rap­pelle qu’en Al­le­magne, l’as­so­cia­tion na­tio­nale de sau­ve­tage en mer est née sur l’île de Spie­ke­roog, en 1865, après que la po­pu­la­tion a as­sis­té, im­puis­sante, au nau­frage de la Jo­hanne. Soixante-dix-sept per­sonnes sur les quelque 200 mi­grants es­sen­tiel­le­ment al­le­mands et po­lo­nais en route pour l’el­do­ra­do amé­ri­cain y per­dirent la vie. Quelques siècles en ar­rière, pour­tant, les ha­bi­tants de l’île avaient la ré­pu­ta­tion de pro­vo­quer des nau­frages pour dé­pouiller les na­vires. De quoi être op­ti­miste? “À court terme, très sou­vent, c’est la peur qui do­mine les ar­gu­ments. Mais à long terme, l’em­pa­thie conti­nue­ra d’aug­men­ter dans nos so­cié­tés, c’est le sens de l’his­toire”, dit-il. Quand il a re­pris l’aqua­rius avec son équi­page, Klaus s’est vu po­ser par Alex, un Ukrai­nien qui de­vien­dra son se­cond, la même ques­tion qui avait été po­sée à Hein­rich Böll, le prix No­bel de lit­té­ra­ture, quand il sou­te­nait le Cap Ana­mur, qui ve­nait au se­cours des boat people: et si, par­mi les gens sau­vés, il y avait des sa­lauds, des as­sas­sins, des ter­ro­ristes? “Je lui ai fait la même ré­ponse que Böll: ‘Et alors? Il faut sau­ver tout le monde!’” Pour Klaus, cette peur de l’opi­nion pu­blique, celle d’alex, est fan­tas­mée. Au mo­ment du con­tact, du sau­ve­tage, de l’aide, elle dis­pa­raît com­plè­te­ment. Parce qu’elle se heurte à une peur bien réelle, elle, celle qui se lit sur le vi­sage des res­ca­pés. Celle qui “pue la mort”. De­puis qu’il a par­ti­ci­pé à des mis­sions de sau­ve­tage, Klaus Vo­gel ne fait plus ce cau­che­mar qui le han­tait de­puis plus de 30 ans. Mais ce sont les té­moi­gnages des res­ca­pés qui l’em­pêchent dé­sor­mais de dor­mir. À 60 ans, le ca­pi­taine a sen­ti lors de l’écri­ture éprou­vante de ce livre “qu’al­ler plus loin se­rait al­ler trop loin”. Il a donc dé­ci­dé de pas­ser le re­lais et de trans­mettre à d’autres les res­pon­sa­bi­li­tés opé­ra­tion­nelles qu’il oc­cu­pait de­puis le dé­but du pro­jet Aqua­rius. Il se ré­jouit que des cen­taines de per­sonnes, en fai­sant un don ou en don­nant de leur temps bé­né­vo­le­ment pour l’aqua­rius, puissent, comme lui, “court-cir­cui­ter ce blo­cage qui nous em­pêche de ré­agir”. Le 8 juin, lors d’une soi­rée de sou­tien à l’as­so­cia­tion, il y avait 800 per­sonnes dans la grande salle du théâtre de la Criée, à Mar­seille. De­vant l’en­trée, un jeune mu­si­cien afri­cain de 25 ans est ve­nu par­ler à Klaus. Il a été sau­vé par l’aqua­rius et vit dé­sor­mais dans la clan­des­ti­ni­té à Bor­deaux. “Il avait pris le risque de se faire prendre par la po­lice pour ve­nir jusque-là, pour ve­nir té­moi­gner et dire mer­ci”, ra­conte le ca­pi­taine, les yeux em­bués.

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