“J’ai l’im­pres­sion d’être une strate en plus pour rien”

Society (France) - - COUVERTURE - JU­LIA, 34 ANS CONSULTANTE DANS UNE GRANDE EN­TRE­PRISE DE DI­VER­TIS­SE­MENT

“Mon bou­lot, c’est de co­or­don­ner dif­fé­rents ac­teurs in­ternes d’une grosse boîte dans la­quelle j’ai été af­fec­tée. Je mets les gens en re­la­tion, et eux font le job, puis je rends compte de l’avan­cée à la hié­rar­chie. Si tout fonc­tion­nait cor­rec­te­ment dans cette en­tre­prise, ils com­mu­ni­que­raient entre eux et tout irait bien, on n’au­rait pas be­soin de moi. Par­fois, je re­çois des de­mandes folles, où un type me sol­li­cite afin de contac­ter quel­qu’un alors qu’il est à une di­zaine de mètres de lui dans nos bu­reaux si­tués dans le Sud de la France, alors que je suis à Pa­ris. J’ai un peu l’im­pres­sion d’être une strate en plus pour rien. Toutes les se­maines, j’en­voie un do­cu­ment qui ré­sume l’avan­cée du pro­jet, puis le n+1 le trans­met à son n+1. Je dois ad­mettre qu’il ne se passe pas grand­chose, à part si je dis que ça ne va pas du tout. L’ob­jec­tif de tout ça, c’est à chaque fois de jus­ti­fier les coûts et les dé­penses. Moi, je dois jus­ti­fier ma pré­sence, quitte à en ra­jou­ter, donc il faut que je pro­duise un do­cu­ment qui montre ce sur quoi j’ai avan­cé. Et eux peuvent en­suite jus­ti­fier une de­mande de bud­get quant à ce qui a été four­ni. Je dois rem­plir ça toutes les se­maines, et s’il ne s’est rien passé, je culpa­bi­lise un peu, donc j’ajoute des trucs, j’es­saie de faire comme si ça avait un peu avan­cé. Ça fait des an­nées que c’est comme ça. Je me suis tou­jours de­man­dé à quoi ça ser­vait.”

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