AU CHE­VET DU SPOR­TIF

FORMACTIV BOU­TIQUE Créée en 2012, la so­cié­té rio­moise Formactiv Bou­tique réa­lise son ac­ti­vi­té à tra­vers un site In­ter­net spé­cia­li­sé dans les pro­duits phar­ma­ceu­tiques ven­dus sans pres­crip­tion mé­di­cale. Pré­sente dans le hand et le football, elle col­la­bore s

Sports Auvergne - - Sport Et Business - Par Jean-paul Boi­thias Pho­tos Florent Gif­fard

Si vous êtes ama­teur de rug­by no­tam­ment, mais aus­si de foot, de hand ou d’athlétisme, vous avez cer­tai­ne­ment dû re­mar­quer les bandes po­sées sur les bras, les jambes ou en­core les épaules des joueurs et ath­lètes de haut ni­veau. De­puis plu­sieurs an­nées, il n’était pas rare de voir de telles bandes (du “ki­né­sio­tape”), sou­vent de cou­leur rouge ou bleue. Mais de­puis quelques mois, cer­tains joueurs de rug­by, à l’image de Ch­ris Ma­soe au Ra­cing 92, ou en­core Ho­sea Gear à L’ASM Clermont Au­vergne, ar­borent un nou­veau type de bandes aux jo­lis mo­tifs mao­ris, le “Dy­na­mic Tape”. Ce pro­duit est com­mer­cia­li­sé en France par la so­cié­té Formactiv Bou­tique, à tra­vers son site In­ter­net épo­nyme. « Nous avons dé­cou­vert ça par ha­sard alors que nous étions à Tou­lon en com­pa­gnie du ki­né du RCT. Nous pen­sions au dé­part que c’était du ki­né­sio­tape mais la tex­ture n’était pas la même. Nous avons grat­té et l’on est tom­bé sur le site de Dy­na­mic Tape. Nous avons ap­pe­lé le res­pon­sable en Al­le­magne, avant de suivre une for­ma­tion à Londres deux mois plus tard. La marque cher­chait à s’im­plan­ter en France et notre pro­fil les a in­té­res­sés, car nous avions à la fois un or­ga­nisme de for­ma­tion, une struc­ture com­mer­ciale et en plus nous étions ki­nés », ré­sument Nor­dine La­zaar et Ben­ja­min Her­nan­dez, les créa­teurs de Formactiv Bou­tique. Sur la forme, Dy­na­mic Tape est une bande mé­lan­geant le ny­lon et le ly­cra. Elle a la par­ti­cu­la­ri­té d’être trois fois plus élas­tique que le ki­né­sio­tape. « En plus, elle est ca­pable de s’étendre dans toutes les di­rec­tions. On peut as­si­mi­ler ça à un élas­tique qui col­le­rait à la peau. Il est même pos­sible de su­per­po­ser les couches », ex­plique Ben­ja­min Her­nan­dez. En agis­sant sur les le­viers du corps, cette bande per­met soit d’ab­sor­ber la charge mé­ca­nique, soit de ré­duire les contraintes sur des tis­sus lé­sés, ou en­core d’agir comme une force de dé­cé­lé­ra­tion. Elle per­met donc de sup­pléer l’ac­ti­vi­té mus­cu­laire et ten­di­neuse. Sans pour au­tant amé­lio­rer la force mus­cu­laire. « Le Dy­na­mic Tape s’uti­lise sur les pro­blèmes de ten­di­nites, de lé­sions mus­cu­laires, dé­chi­rures, cla­quages. Sur des pro­blèmes cer­vi­caux. Au­de­là, elle dé­passe le cadre du sport puis­qu’il est pos­sible de l’uti­li­ser chez les per­sonnes âgées souf­frant d’hal­lux val­gus (oi­gnon du gros or­teil), les en­fants ayant les pieds plats. » Nor­dine La­zaar et Ben­ja­min Her­nan­dez rap­pellent tou­te­fois que le Dy­na­mic Tape ne rem­place pas la thé­ra­pie d’un ki­né­si­thé­ra­peute. « Ce pro­duit vient seule­ment en com­plé­ment. Ce n’est pas une bande ma­gique qui gué­rit tout », in­sis­ten­tils. Au ni­veau des clubs spor­tifs pro­fes­sion­nels, les pre­miers échanges avec les staffs mé­di­caux sont très bons. Du cô­té de L’ASM Clermont Au­vergne, on a re­cours à la nou­velle bande de­puis presque un an dé­jà. « C’est un pro­duit très in­té­res­sant et on l’uti­lise chez les 2/3 de l’ef­fec­tif. J’ai de bons re­tours de la part des joueurs. Ils en re­de­mandent », confirme Loïc Su­ber­bordes, l’un des ki­nés du club, qui, outre les qua­li­tés ex­po­sées pré­cé­dem­ment no­tam­ment, l’élas­ti­ci­té, évoque aus­si une aide à la pos­ture pour des joueurs souf­frant de lom­bal­gie. De­ve­nus tous les deux “ins­truc­teurs” pour la marque, Nor­dine La­zaar et Ben­ja­min Her­nan­dez dis­pensent de­puis un an des for­ma­tions sur ce nou­veau pro­duit. Un peu par­tout en France. Leur pu­blic ? Des ki­nés, os­téo­pathes, mé­de­cins, po­do­logues… Une corde de plus à leur arc et à celle de Formactiv Bou­tique. L’aven­ture de la so­cié­té, elle, a com­men­cé un peu plus tôt. En 2011, au mo­ment où Nor­dine La­zaar et Ben­ja­min Her­nan­dez ont créé leur ca­bi­net de ki­né­si­thé­ra­pie à Riom. « Des clubs spor­tifs de la ville sont ve­nus nous voir car ils re­cher­chaient des pro­fes­sion­nels pour ef­fec­tuer les soins aux joueurs, sur­tout le week-end lors des matches. Mal­heu­reu­se­ment, nous n’avions pas de dis­po­ni­bi­li­tés car nous étions tous deux ar­bitres, Ben­ja­min en rug­by, et moi en hand-ball. Nous avons alors es­sayé de les ai­der au­tre­ment en pro­po­sant à l’om­ni­sport de Riom un pro­jet de for­ma­tion des bé­né­voles. Avec quelques gestes de pre­miers se­cours adap­tés aux spor­tifs. » Les re­tours ont été ex­cel­lents car ce genre de for­ma­tion n’exis­tait nulle part. En 2012, le duo dé­cide

DEUX AR­BITRES DE HAUT NI­VEAU

Au-de­là de leur mé­tier de ki­né, Nor­dine La­zaar et Ben­ja­min Her­nan­dez ont éga­le­ment un autre point com­mun : l’ar­bi­trage. Le pre­mier of­fi­ciait en hand­ball. Il a sui­vi la fi­lière jeune ar­bitre avant de gra­vir les éche­lons. Il compte plu­sieurs cen­taines de matches de pre­mière di­vi­sion à son ac­tif, mais aus­si des matches de championnats d’eu­rope, d’asie et du monde avec son com­père Laurent Re­ve­ret. Nor­dine La­zaar a mis un terme à sa car­rière lors des JO de Londres. À 28 ans, Ben­ja­min Her­nan­dez trace son sillon dans le rug­by de­puis huit ans. Fé­dé­rale 3, Fé­dé­rale 2, il va s’at­ta­quer cette an­née à la Fé­dé­rale 1, alors qu’il peut dé­jà faire la touche en Pro D2. Il vient tout juste d’in­té­grer le groupe es­poir national. « Je veux al­ler plus haut mais j’ai en­core le temps », es­time ce pas­sion­né de bal­lon ovale.

alors de lan­cer son propre or­ga­nisme de for­ma­tion des­ti­né aux ligues et aux clubs. « Au cours des pre­mières for­ma­tions, ce qui re­ve­nait sou­vent chez les sta­giaires, c’était le coût im­por­tant des pro­duits de soins phar­ma­ceu­tiques. Nous avons donc ap­pe­lé un four­nis­seur et nous sommes tom­bés de haut. Par exemple, une cou­ver­ture de sur­vie ache­tée 11,50 €, le four­nis­seur nous la sor­tait à 1,20 € seule­ment ! » Très vite, le duo crée éga­le­ment Formactiv Bou­tique, un site In­ter­net spé­cia­li­sé dans les pro­duits phar­ma­ceu­tiques ven­dus sans pres­crip­tion mé­di­cale à des­ti­na­tion des clubs spor­tifs. Crèmes, straps, bombes de froid, ma­té­riel de pre­miers se­cours, trousses de soins, pinces et ci­seaux spé­cia­li­sés, pan­se­ments et com­presses, at­telles, bé­quilles, gels, baumes, ma­té­riel d’en­traî­ne­ment… Au­jourd’hui, Formactiv Bou­tique pro­pose une cen­taine de pro­duits au to­tal dans son ca­ta­logue. Dernière ar­ri­vée ? Une crème de mas­sage bio créée en par­te­na­riat avec un la­bo­ra­toire vi­chys­sois. « Au dé­part, nous pen­sions que les choses étaient très struc­tu­rées dans le monde des clubs pros. En fait, pas tant que ce­la. Beau­coup d’entre eux avaient de mul­tiples four­nis­seurs. Nous leur avons donc sim­pli­fié les choses. Et puis en étant ki­nés, ce­la a fa­ci­li­té les con­tacts. Les pro­duits mis à la vente, nous les avons d’abord tes­tés nous-mêmes. » L’ASM Clermont Au­vergne a été le pre­mier club pro à tra­vailler avec Formactiv, lors de la sai­son 2013-2014. Le ré­seau et le bouche-à-oreille ont fait le reste. Trois ans plus tard, l’en­seigne col­la­bore avec de nom­breux clubs de rug­by du Top 14 et de Pro D2, gros pour­voyeurs de ce type de pro­duits. Le RC Tou­lon, Ra­cing 92, Stade Fran­çais, LOU Rug­by, Bor­deaux, Mont­pel­lier, La Ro­chelle, Biar­ritz, Mont-de-mar­san, Mas­sy, Oyon­nax… font par­tie des clients de la so­cié­té. En D1 de hand-ball, les clubs de Cré­teil, Nantes, Cham­bé­ry, Ivry, Di­jon… En football, ce­lui du Clermont Foot, mais l’ac­ti­vi­té est plus com­pli­quée avec le bal­lon rond. « Ils veulent sou­vent tout gra­tui­te­ment. Fran­che­ment, on ne court pas après, » af­firme en sou­riant Nor­dine La­zaar, même si L’OGC Nice vient d’ho­no­rer une com­mande et que les ki­nés du PSG vont suivre une for­ma­tion Dy­na­mic Tape dis­pen­sée par le duo au mois de no­vembre. Et ce­la tombe plu­tôt bien, car de­puis quelques se­maines, Formactiv com­mer­cia­lise une nou­velle évo­lu­tion de sa bande, le “Dy­na­mic Tape Eco”. Comme son nom l’in­dique, celle-ci est éco­lo­gique et pré­sente une ri­gi­di­té ac­crue. De nou­velles ap­pli­ca­tions en pers­pec­tive… Alors que l’ac­ti­vi­té monte en puis­sance, au fil des for­ma­tions dis­pen­sées à tra­vers la France (plus de 100 ki­nés l’ont dé­jà sui­vie), les deux spé­cia­listes af­fichent clai­re­ment leur am­bi­tion pour la so­cié­té. « C’est de faire de gros vo­lumes et avec des marges faibles », af­firment-ils, en n’ex­cluant pas d’em­bau­cher ra­pi­de­ment un sa­la­rié.

Lan­cé­com­mer­cia­le­ment en2010, le­pro­dui­test au­jourd’hui­dis­po­ni­ble­dans une­tren­tai­ne­de­pays dans­le­monde. C’es­tàun­phy­sio­thé­ra­peute aus­tra­lien, Ryan­ken­drick, quel’on­doit­le­dy­na­mic Tape. Ce­lui-cia­dé­ve­lop­pé cet­te­nou­vel­le­ban­deau­près de­spor­tif­sde­haut­ni­veau, dont­le­ten

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