PHI­LIPPE D’ENCAUSSE “RE­NAUD N’EST PAS LE SEUL”

Per­chiste in­ter­na­tio­nal dans les an­nées 80-90, Phi­lippe d’encausse est res­pon­sable du Centre National d’ex­per­tise et de Per­for­mance Clermont-ferrand/au­vergne. Il est éga­le­ment l’en­traî­neur de Re­naud Lavillenie et de Stan­ley Jo­seph (aus­si sé­lec­tion­né au co

Sports Auvergne - - Entretien - Propos re­cueillis par Sté­pha­nie Mer­zet Pho­tos AFP et archives Sports Au­vergne/lu­do­vic Combe

Vous avez par­ti­ci­pé en tant qu’ath­lète aux JO de Séoul et de Bar­ce­lone, est-ce que l’am­biance a beau­coup chan­gé de­puis ?

Non, je ne pense pas. Les temps changent, les jeunes de 88 sont peut-être dif­fé­rents de ceux d’au­jourd’hui, mais par rap­port à l’évé­ne­ment, je ne vois pas trop d’évo­lu­tions. Les jeux res­tent une grande fête. C’est le seul ren­dez-vous où tous les sports sont réunis, où cha­cun peut ra­con­ter à l’autre son ex­pé­rience, où cer­tains sont mis en lu­mière alors qu’ils passent plus in­aper­çus d’ha­bi­tude.

Est-ce qu’en tant que coach, on aborde des jeux Olym­piques comme n’im­porte quelle com­pé­ti­tion ?

Oui. Chaque an­née en athlétisme, il y a une grande échéance, que ce soit des championnats d’eu­rope ou du monde. Ce sont des com­pé­ti­tions qui se dé­roulent tou­jours à la même date et qui se passent gé­né­ra­le­ment au mois d’août. En termes de pré­pa­ra­tion, c’est le même sché­ma. Après, il est vrai que lors des jeux, il y a quelque chose de dif­fé­rent… Il y a une am­biance qui est loin d’être la même, un en­goue­ment mé­dia­tique plus im­por­tant, ce­la in­té­resse plus de monde.

Et votre rôle est d’ai­der l’ath­lète à se pré­pa­rer à ça…

Il n’y a pas vrai­ment de règle de pré­pa­ra­tion. On se rend compte que c’est les jeux. Après, c’est à eux d’in­té­grer le fait que c’est dif­fé­rent. Nous, en termes d’en­traî­ne­ment et de mise en condi­tion, c’est la même chose. Ce se­rait même une er­reur de sa­cra­li­ser le truc. Les jeux, ça se vit dif­fé­rem­ment, mais ça se pré­pare comme le reste.

Stan­ley (Jo­seph) a par­ti­ci­pé à ses pre­miers jeux. Il a ter­mi­né à la 16e place du concours. Dans quel état d’es­prit était-il ?

Dé­jà, il a fal­lu qu’il gagne sa qua­li­fi­ca­tion pour ces JO car il y avait plus d’ath­lètes po­ten­tiels que de places dis­po­nibles… Ce­la a été un com­bat toute l’an­née jus­qu’au mois de juillet pour sa­voir s’il par­tait ou non à Rio. De plus, il est sor­ti des championnats d’eu­rope avec un pe­tit pé­pin phy­sique. La sai­son a ain­si été longue et fa­ti­gante. L’idéal au­rait été qu’il ait une se­maine de plus de pré­pa­ra­tion pour être bien. Main­te­nant, il faut re­le­ver les points po­si­tifs et comprendre ce qui n’a pas mar­ché.

C’était for­ma­teur en tout cas…

Oui, mais dans l’ab­so­lu, les jeux, ça sert à quelque chose quand ça marche. Quand tu es ath­lète et que tu pars de cet évé­ne­ment avec des ré­sul­tats cor­rects, tu en tires un vrai en­sei­gne­ment. Quand ça ne marche pas, c’est dif­fé­rent… Sou­vent la pre­mière

La dé­cep­tion est lourde lors de cette nuit d’août. Mais Phi­lippe d’encausse sait que son pou­lain est prêt à re­le­ver d’autres dé­fis.

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