PIERRE LEMERLE AME­RI­CAN DREAM

Après avoir pris un congé sab­ba­tique d’un an et loué son ap­par­te­ment, l’in­ter­na­tio­nal au­ver­gnat d’ul­ti­mate fris­bee a réa­li­sé son rêve : pra­ti­quer son sport là où il est roi, en Amé­rique. Il nous ra­conte tout.

Sports Auvergne - - Présentation - Par Sté­pha­nie Mer­zet Pho­tos Florent Gif­fard et ar­chives Pierre Lemerle

Pour­quoi ce choix de quit­ter la France pen­dant un an pour évo­luer en Amé­rique ?

Je vou­lais conti­nuer d’ap­prendre et de pro­gres­ser dans un mi­lieu pro­fes­sion­nel en me confron­tant aux meilleurs joueurs au monde. Mais je crois que c’est aus­si le lot de tout spor­tif de faire des choses in­no­vantes. Je sou­hai­tais ain­si ren­for­cer ma car­rière en par­ti­ci­pant au meilleur cham­pion­nat exis­tant.

Les matches of­fi­ciels ne com­mencent qu’au prin­temps. Pour­quoi être ar­ri­vé si tôt ?

Je vais sillon­ner l’amé­rique du Nord pour pas­ser des tests de sé­lec­tion afin d’in­té­grer un club (To­ron­to, Pitts­burgh, Mon­tréal…). Je pro­fite aus­si de cette pé­riode pour me consa­crer à ma pré­pa­ra­tion phy­sique et à l’en­traî­ne­ment. Les clubs de Mon­tréal (Royal de Mon­tréal) et d’ottawa (Ottawa Out­laws) ont ac­cep­té de m’ac­cueillir du­rant cette pé­riode.

Le club d’ottawa était d’ailleurs in­té­res­sé par ton pro­fil avant que tu ne passes les tests…

Oui. Ils avaient vi­si­ble­ment vu des vi­déos et connais­saient mon jeu. Ça m’a plu­tôt mis en confiance. Le pré­sident m’a donc contac­té pour pas­ser des es­sais. J’étais tout juste sor­ti de l’avion ! Comme je me suis ins­tal­lé à Mon­tréal, il m’a dit de ne pas m’em­bê­ter pour le tra­jet qu’il me rem­bour­se­rait. Ça, c’était com­plè­te­ment nou­veau pour moi. Je n’au­rais même pas osé de­man­der ! Puis l’un des coaches (fran­co­phone) est ve­nu me cher­cher di­rec­te­ment à la gare. On sent le cô­té “pro­fes­sion­nel” ! Tout s’est bien pas­sé et je vais donc faire une par­tie de ma pré­pa­ra­tion hi­ver­nale avec eux et pour­quoi pas être membre de l’équipe à la re­prise du cham­pion­nat en 2017.

fran­çais ? Est-ce qu’il y a des choses qui t’ont sur­pris ?

Ce qui m’a sur­pris, c’est l’en­ca­dre­ment. Entre le pro­prié­taire de la fran­chise, les coaches, le staff mé­di­cal, les bé­né­voles, il y a glo­ba­le­ment au­tant d’en­ca­drants que de joueurs. Et ça, c’est vrai­ment l’ex­trême op­po­sé de l’ul­ti­mate en France où l’on fait ab­so­lu­ment tout nous-mêmes, entre joueurs. Ain­si, tout est un peu mieux pré­pa­ré et an­ti­ci­pé, no­tam­ment le pro­gramme, le conte­nu des séances et le dé­brie­fing qui suit.

À quoi res­semblent tes jour­nées ? Tes week-ends ?

Je viens d’ar­ri­ver, mais pour l’ins­tant c’est sport et re­pos ! Le ma­tin, je m’en­traîne à la salle du club Royal de Mon­tréal (“spe­ci­fik per­for­mance”), en com­pa­gnie d’autres joueurs de l’équipe (es­sen­tiel­le­ment des jeunes et des étu­diants) et le pré­pa­ra­teur phy­sique. L’après-mi­di, c’est re­pos et le soir j’es­saye de jouer un peu. Il y a beau­coup de matches ici, des cen­taines et tous les jours en fait ! Ils sont “in­for­mels” mais ce sont de su­per oc­ca­sions de tra­vailler un peu la tech­nique, tout en dé­com­pres­sant. Ce­la m’offre aus­si la pos­si­bi­li­té de ren­con­trer de nom­breux joueurs. En­fin, les week-ends sont consa­crés soit aux sé­lec­tions, soit aux stages d’en­traî­ne­ment avec l’équipe ou les pre­miers tour­nois et matches de pré­pa­ra­tion.

As-tu mo­di­fié ton hy­giène de vie ?

Je m’en­traî­nais dé­jà quo­ti­dien­ne­ment de­puis 2012, donc je ne pense pas m’en­traî­ner en­core plus. En re­vanche, je fais beau­coup plus attention à mon hy­giène de vie, sur­tout en termes de som­meil. Je me couche tôt, et prends le temps de bien ré­cu­pé­rer, ce qui me fai­sait dé­faut au­pa­ra­vant. Pour l’ali­men­ta­tion, je suis toujours les conseils d’un mi­cro-nu­tri­tion­niste cler­mon­tois (Thi­baut Layat) de­puis 2014. Je suis juste un peu plus vi­gi­lant à mettre tout en ap­pli­ca­tion sys­té­ma­ti­que­ment, ce qui, avant, était plus ou moins le cas en fonc­tion des échéances...

Est-ce que tu sens que tu vas faire en­core plus de pro­grès là-bas ?

Je pense que oui, ne se­rait-ce que dans l’ap­proche un peu dif­fé­rente que j’ai de ce sport ici, et le temps que j’y consacre. J’ai la chance du­rant cette sai­son d’en faire ma prio­ri­té ab­so­lue, donc dé­jà men­ta­le­ment, c’est un vrai atout. Je n’ai que ça à pen­ser. En­suite, tout sim­ple­ment parce que c’est un peu un nou­veau dé­part. J’ai tout à prou­ver, à moi de mon­trer ce dont je suis ca­pable. Je donne tout à chaque séance, afin de mon­trer pour­quoi je suis là, et qu’il faut comp­ter sur et avec moi. Ce­la m’em­pêche ain­si de me re­po­ser sur mes ac­quis et la “fa­ci­li­té” que j’avais pu dé­ve­lop­per ces der­nières an­nées en France. Ce­la va me for­cer à pro­gres­ser.

Est-ce que le ni­veau de jeu est net­te­ment plus re­le­vé ?

Non, pa­ra­doxa­le­ment, je ne di­rai pas ça. En tout cas, je connais de nom­breux joueurs ex­cel­lents en France, en l’oc­cur­rence, la plu­part de ceux de l’équipe na­tio­nale, qui m’im­pres­sionnent au­tant que mes co­équi­piers ici. La dif­fé­rence se­rait peut-être plu­tôt dans la den­si­té. Ici, les joueurs sont bien plus phy­siques, so­lides, ra­pides et en­du­rants que chez nous.

Quand est pré­vu le re­tour en France ?

Pas avant l’été 2017 et j’es­père vers la mi-août. Ce­la vou­drait dire que j’au­rai par­ti­ci­pé aux play-offs et aux fi­nales du cham­pion­nat d’ul­ti­mate fris­bee. En tout cas, il est pré­vu que je re­prenne le tra­vail en France le 16 août !

Pour suivre Pierre :

word­press.com

Pierre Lemerle lors des sé­lec­tions à To­ron­to.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.