LE STADE AU­RILLA­COIS LA JEU­NESSE PREND LE POU­VOIR

Avec un groupe qui n’a même pas 25 ans de moyenne d’âge, le Stade Au­rilla­cois réus­sit en­core une fois des prouesses cette sai­son. De bons ré­sul­tats no­tam­ment dus à une co­horte de jeunes joueurs mo­ti­vés comme ja­mais et qui ont jus­qu’ici toujours ré­pon­du pr

Sports Auvergne - - Enquête - Textes Nour­re­dine Re­gaieg Pho­tos Ar­chives La Mon­tagne

Apart Agen qui a dû se sé­pa­rer d’un bon nombre de ses cadres au mo­ment de re­des­cendre de Top 14 en Pro D2 l’été der­nier, per­sonne ne peut se tar­guer d’avoir un groupe aus­si jeune que ce­lui du Stade Au­rilla­cois cette sai­son. Avec un ef­fec­tif qui n’a même pas 25 ans de moyenne d’âge (voir par ailleurs), le der­nier fi­na­liste de Pro D2 a clai­re­ment mi­sé sur la jeu­nesse. Et peut-être en­core un peu plus cette an­née que les sai­sons pré­cé­dentes. Si au­jourd’hui les grosses écu­ries du rug­by fran­çais font la chasse pour en­rô­ler un maxi­mum de Joueurs Is­sus de la For­ma­tion Fran­çaise (JIFF) aux quatre coins de l’hexa­gone afin de se mettre en règle avec les normes toujours plus dras­tiques fixées par la Ligue Na­tio­nale de Rug­by (LNR), le club du pré­sident Millette a clai­re­ment une lon­gueur d’avance sur tout son monde. Au­tant par choix que par obli­ga­tion, la faute à des fi­nances li­mi­tées, le Stade Au­rilla­cois a choi­si « de faire confiance aux jeunes et de sur­croît aux jeunes fran­çais », comme le sou­lignent sou­vent Je­re­my Da­vid­son et Ch­ris­tian Millette. Une po­li­tique me­née de­puis quelques sai­sons dé­jà et qui portent chaque an­née un peu plus ses fruits. Si par le pas­sé Au­rillac avait pu être taxé de ne faire ap­pel qu’à des joueurs étran­gers, au­jourd’hui le porte-dra­peau du Can­tal est connu et re­con­nu pour la qua­li­té de ses jeunes joueurs dans un rug­by pro­fes­sion­nel où les mi­nots ont par­fois du mal à se faire une place. PAS MAL D’ES­POIRS DÉ­JÀ CONVIÉS À LA FÊTE CETTE SAI­SON Fi­na­le­ment, la for­ma­tion est peut-être l’une des spé­cia­li­tés au­ver­gnates. Un peu à l’image de ce que fait L’ASM Clermont avec des moyens bien plus consé­quents, le Stade Au­rilla­cois n’hé­site pas à don­ner leur chance à ses jeunes pousses. De Ké­vin Sa­vea, ar­ri­vé de L’ASM jus­te­ment l’été der­nier, au poste de ta­lon­neur à Louis Fa­j­frows­ki, dé­bar­qué de Mont­pel­lier en 2015, au poste d’ai­lier, ils sont dé­jà dix Es­poirs à avoir eu droit à du temps de jeu lors des huit pre­mières jour­nées de Pro D2 cette sai­son (voir en­ca­dré). Et c’est sans comp­ter Yo­rhann Ra­mon­jia­ri­vo­ny, Lu­cas Sey­rolles, Gior­gi Sha­ra­shidze, Ké­vin Le­bre­ton, Pierre Ga­veau et Thomas Salles qui ont tous par­ti­ci­pé à la pré­pa­ra­tion es­ti­vale ponc­tuée pour cha­cun par quelques mi­nutes de jeu lors des dif­fé­rents matches ami­caux. Vu la cas­cade de bles­sés à la­quelle Je­re­my Da­vid­son et Thier­ry Peu­chles­trade doivent faire face, les tech­ni­ciens au­rilla­cois n’ont donc pas hé­si­té à faire ap­pel à tous ces jeunes joueurs en cham­pion­nat. Et avec une re­la­tive réus­site. Si la sai­son der­nière le Stade a vé­cu une an­née ex­tra­or­di­naire qui s’est mal­heu­reu­se­ment conclue par une dé­faite en fi­nale d’ac­ces­sion à Tou­louse contre Bayonne (21-16), il semble re­par­ti sur les mêmes bases. Ins­tal­lée aux avant­postes de­puis le dé­but du cham­pion­nat, la bande à Maxime Pe­tit­jean joue crâ­ne­ment sa chance face à des ad­ver­saires sou­vent bien plus

pas en­core la tren­taine. Sur­tout qu’en ce dé­but de sai­son, les “cadres” sont en­core plus jeunes. Vu les nom­breuses ab­sences dues aux bles­sures, c’est plu­tôt Ro­main Briatte (23 ans), Théo Na­nette (23 ans), Maxime Gra­nouillet (24 ans), An­toine Re­naud (26 ans) ou en­core Ma­rius Vialle (25 ans) qui ont dû prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés. Un nou­veau rôle que ces jeunes joueurs n’ont pas hé­si­té à as­su­mer et qui leur va plu­tôt bien. Quand Maxime Pe­tit­jean, ca­pi­taine de son état, n’est pas là, c’est à Ro­main Briatte que Je­re­my Da­vid­son et Thier­ry Peu­chles­trade donnent le bras­sard tan­dis que Théo Na­nette se charge de la cau­se­rie d’avant-match sur la pe­louse au mo­ment de dé­bu­ter l’échauf­fe­ment. Une évo­lu­tion qui ne fait que confir­mer la prise de pou­voir de cette jeu­nesse pro­met­teuse. UN SAUT DANS LE GRAND BAIN SANS PRES­SION « On est de plus en plus à l’aise, sou­riait Théo Na­nette en dé­but de sai­son. Puisque plu­sieurs cadres ne sont pas là, c’est à nous de prendre les choses en main, de prendre la pa­role. Parce que même si on reste de jeunes joueurs, on se doit de prendre nos res­pon­sa­bi­li­tés vu la confiance que le club nous fait. Et puis au fi­nal, la plu­part des autres joueurs sont aus­si jeunes que nous voire même plus jeunes. Il est im­por­tant que des lea­ders émergent. »

UN QUART DES ES­POIRS A DÉ­JÀ JOUÉ EN PRO

Cette sai­son, le centre de for­ma­tion du Stade Au­rilla­cois compte 41 pen­sion­naires et au­tant de jeunes joueurs sur les­quels le club a fait des pro­jets d’ave­nir. Si Sa­vea (ta­lon­neur), Cor­bex (deuxième ligne), Ost­berg (deuxième ligne), Al­li­son (deuxième ligne), Vac­ca­ril (troi­sième ligne), Bouys­sou (de­mi de mê­lée), Se­gonds (de­mi d’ou­ver­ture), Col­liat (centre), Du­bour­deau (centre/de­mi d’ou­ver­ture) ou en­core Fa­j­frows­ki (centre/ai­lier), soit un quart du groupe Es­poirs, ont dé­jà goû­té à la Pro D2 cette an­née, nul doute qu’ils se­ront imi­tés dans les se­maines, voire les mois à ve­nir par quelques-uns de leurs ca­ma­rades. Sey­rolles (pi­lier) et Brown (troi­sième ligne) ont aus­si été du voyage à plu­sieurs re­prises sans n’avoir, pour l’ins­tant, joué la moindre mi­nute. Ra­mon­jia­ri­vo­ny (pi­lier), Le­bre­ton (troi­sième ligne), Ga­veau (ai­lier) et Salles (ar­rière), qui s’en­traînent quo­ti­dien­ne­ment avec le groupe di­ri­gé par Je­re­my Da­vid­son et Thier­ry Peu­chles­trade, ne de­vraient pas tar­der à être lan­cés dans le grand bain.

Louis Fa­j­frows­ki Maxime Gra­nouillet est de­ve­nu l’un des cadres du Stade Au­rilla­cois en deuxième ligne. Théo Na­nette

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