MA­RION LORBLANCHET ATH­LÈTE L’HYPERACTIVE

« L’IM­POR­TANT EST DE SA­VOIR GÉ­RER LES ALÉAS DE LA VIE. »

Sports Auvergne - - Dans La Ligne De Mire -

Peux-tu nous re­tra­cer ta car­rière de spor­tive de haut ni­veau ?

J’ai fait mes armes dans la ré­gion en tant que tri­ath­lète puis j’ai in­té­gré le pôle France à 18 ans. En 2002, je suis de­ve­nue cham­pionne du monde ju­nior. J’ai in­té­gré l’équipe de France pour les JO de 2004 et de 2008. J’ai ob­te­nu des places de fi­na­liste aux cham­pion­nats d’eu­rope et dans le top 10 en Coupe du monde. En 2008, j’ai eu en­vie d’al­ler sur un autre ter­rain et je me suis tes­tée sur le Xter­ra. Après une pé­riode d’adap­ta­tion, j’ai réus­si à être au meilleur ni­veau mon­dial.

Et puis, en 2013, ta car­rière s’est sou­dai­ne­ment in­ter­rom­pue…

Oui, on m’a diag­nos­ti­qué une tu­meur cé­ré­brale. J’ai alors pen­sé avant tout à me soi­gner et je m’en suis sor­tie avec des trai­te­ments car il était im­pos­sible de m’opé­rer. À l’is­sue de ma gué­ri­son, il s’est alors po­sé la ques­tion de sa­voir si je re­pre­nais ou pas le sport tout en sa­chant que si je pous­sais trop mon corps, il pou­vait avoir un risque de re­chute. Comme pour moi il était dif­fi­cile de conce­voir une pra­tique sans les exi­gences du haut ni­veau, il a fal­lu faire un choix…

Un choix sû­re­ment dou­lou­reux…

Oui car il a fal­lu mettre un terme à ma car­rière, mais ce n’est pas vrai­ment moi qui, fi­na­le­ment, ai pris cette dé­ci­sion. De toutes fa­çons, j’ar­ri­vais à la tren­taine, il y avait des jeunes qui pous­saient aus­si… Re­pendre la com­pé­ti­tion au­rait été sû­re­ment com­pli­qué. Au moins, je suis sor­tie par la grande porte avec de bons ré­sul­tats.

Comment se re­cons­truit-on après un ar­rêt aus­si bru­tal et une telle ma­la­die ?

Tous les spor­tifs de haut ni­veau qui ar­rêtent leur ac­ti­vi­té phy­sique tiennent le même dis­cours, ils res­sentent un énorme vide. Il a donc fal­lu trou­ver une autre ac­ti­vi­té phy­sique mais qui ne fasse pas trop ré­fé­rence au pas­sé… Je me suis mis à la course à pied, mais j’avais beau chan­ger la play-list de mon ipod en per­ma­nence, je m’en­nuyais ter­ri­ble­ment ! Et puis j’ai dé­cou­vert la course d’obs­tacles et ce­la m’a énor­mé­ment plu. Au­jourd’hui, il y a plein de fran­chises. Je me suis ins­crite no­tam­ment à cer­taines manches de la Spar­tan Race et j’ai dé­cro­ché une 3e place aux cham­pion­nats d’eu­rope élite en 2015. Je me suis ain­si qua­li­fiée pour les cham­pion­nats du monde, mais l’en­vie d’être maman était dé­jà un pro­jet bien an­cré de­puis quelques temps et je suis tom­bée en­ceinte, je n’ai donc pas pu y par­ti­ci­per (rires).

Ton chal­lenge main­te­nant est de re­prendre les courses d’obs­tacle après la nais­sance de ta pe­tite fille...

Tout à fait. J’ai pris mon premier dos­sard après mon ac­cou­che­ment à l’oc­ca­sion de l’une des étapes de la “Ruée des Fa­das” en sep­tembre der­nier. Ces courses d’obs­tacles as­sez dé­jan­tées de 8 ou 12 km, dont l’or­ga­ni­sa­tion est ba­sée à Mont­pel­lier, se font un peu par­tout en France et j’en suis la mar­raine. J’ai en­suite en­chaî­né avec la X’trem Vol­ca­nique à Cha­rade et j’ai éga­le­ment été mar­raine de cet évé­ne­ment. Ce­la m’a te­nu à coeur car c’est un ren­dez­vous qui a lieu do­ré­na­vant chaque an­née, chez moi en Au­vergne. Mon but est dé­sor­mais de conti­nuer mais en gé­rant mon emploi du temps de jeune maman et d’en­tre­pre­neur.

Ef­fec­ti­ve­ment, tu as mon­té ta propre so­cié­té…

Oui et ce­la fait moins mal aux jambes mais c’est plus dou­lou­reux à la tête (rires) ! Quand on est ath­lète de haut ni­veau, et sans no­tion d’égoïsme, on doit se fo­ca­li­ser sur soi-même alors qu’au­jourd’hui, je veux par­ta­ger. Du coup, j’ai eu en­vie de créer une so­cié­té, O2B Life (www.o2b.life), pour ai­der les gens dans leur dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel. Mon but est de pous­ser les per­sonnes à ac­ti­ver leur po­ten­tiel dans leur vie en gé­né­ral. Je peux ac­com­pa­gner quel­qu’un qui sou­haite chan­ger de car­rière pro­fes­sion­nelle, un spor­tif à se pré­pa­rer à de grandes échéances ou à se re­con­ver­tir. Je dis­pose d’une for­ma­tion en nu­tri­tion et en tant que coach men­tal. Avec ces com­pé­tences, mon prin­cipe est d’évo­luer en man­geant mieux, en bou­geant mieux… et sur­tout quand il y a des aléas dans la vie, l’im­por­tant est de sa­voir ce qu’on en fait. Je par­tage éga­le­ment mes conseils grâce à des vi­déos sur ma chaîne You­tube qui s’ap­pelle Ma­rion Lorblanchet.

Ma­rion a été l’une des grandes fi­gures mon­diales du tri­ath­lon et du Xter­ra. Après une tu­meur cé­ré­brale, elle a dû se re­cons­truire. Un autre dé­fi qu’elle a su re­le­ver avec brio.

QUELQUES IN­FOS MA­RION LORBLANCHET NÉE LE 10 MAI 1983 À CLERMONT-FER­RAND PAL­MA­RÈS 2013 : CHAM­PIONNE DE FRANCE DE TRI­ATH­LON CROSS 2012 : VICE-CHAM­PIONNE D’EU­ROPE DE XTER­RA 2011 : VICE-CHAM­PIONNE DU MONDE DE XTER­RA, VICE-CHAM­PIONNE D’EU­ROPE DE TRI­ATH­LON CROS

Entre sa so­cié­té, les courses d’obs­tacles et son nou­veau mé­tier de maman, Ma­rion a des jour­nées char­gées !

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