50 RÉ­TROS­PEC­TIVE ANS BAS­KET DE

L’his­toire du bas­ket-ball au­ver­gnat n’est pas un long fleuve tran­quille. Des “de­moi­selles de Clermont” (CUC) aux “Louves ar­vernes” (SCAB), le bas­ket fé­mi­nin du bas­sin cler­mon­tois a connu bien des heures de gloire avant de pas­ser le té­moin aux mes­sieurs de

Sports Auvergne - - Rétrospective - Textes Ni­co­las Ca­ni­zares Pho­tos Ar­chives La Mon­tagne

Le bas­ket-ball au­ver­gnat du XXE siècle fut ma­jo­ri­tai­re­ment por­té par les fé­mi­nines. Dans le bas­sin cler­mon­tois, le CUC (Clermont Uni­ver­si­té Club) a mar­qué de son em­preinte les an­nées 70 jus­qu’au dé­but des an­nées 80. C’est d’abord une vo­lon­té d’édith Ta­vert-kloech­ner de fon­der le CUC suite à une scis­sion avec L’ASM. Le club pro­fite de l’ins­tal­la­tion de l’équipe de France féminine à Clermont sur dé­ci­sion de la Fé­dé­ra­tion. Joë Jau­nay était alors le coach de l’équipe de France et ve­nait su­per­vi­ser l’équipe lors des matches de Coupe d’eu­rope. Une for­ma­tion com­po­sée no­tam­ment de Pas­se­mard, Ver­la­guet, Du­lacRou­ge­rie, Cha­za­lon ou en­core Qui­blier-ber­tal. À seule­ment 17 ans, Fran­çoise Qui­blier-ber­tal, na­tive de la ré­gion pa­ri­sienne, re­joint Clermont et pas­se­ra huit an­nées au som­met du bas­ket fé­mi­nin avec sept titres de cham­pionne de France et 134 sé­lec­tions en équipe de France à la clé. Mais sur­tout, des sou­ve­nirs im­pé­ris­sables des soi­rées de Coupe d’eu­rope face à Ri­ga ou à Prague. De leur sur­nom, “les De­moi­selles de Clermont” n’avaient au­cun mal à rem­plir la Mai­son des Sports lors des grands matches eu­ro­péens. « C’était la sor­tie cler­mon­toise, ex­plique l’ex in­té­rieure du CUC. En cham­pion­nat, on jouait à Pon­cil­lon, il y avait peut-être 100 per­sonnes mais la Coupe d’eu­rope, c’était autre chose. » Elle quitte le na­vire en 1978 pour re­tour­ner en ré­gion pa­ri­sienne, à As­nières, et vi­vra donc de loin la mort du club qui l’a ré­vé­lée. Après un trei­zième titre de cham­pion de France en 1981, le club ne sur­vit pas au re­tour au premier plan de L’ASM, alors pré­si­dé par la créa­trice du CUC, Edith Ta­vert-kloech­ner. LE RE­TOUR DU BAS­KET MAS­CU­LIN Après la mort du CUC, seul L’ASM reste en troi­sième di­vi­sion et le Stade monte. Ce der­nier de­vient le SCAB plus tard. S’ins­talle alors

une ri­va­li­té ASM-SCAB très forte dans les an­nées 90 mais aus­si très por­teuse pour le bas­ket fé­mi­nin avec deux grands clubs fran­çais au plus haut ni­veau. Le SCAB, em­me­né par son coach Jo­sé Ruiz, au­rait pu pré­tendre à ce mo­ment-là à un titre de cham­pion de France avec une équipe no­tam­ment com­po­sée de Pao­line Ekam­bi, Isabelle Fi­jal­kows­ki ou en­core Bar­ba­ra Weis­trof­fer. La sec­tion bas­ket de L’ASM meurt sur l’au­tel de la loi des fi­nances mais aus­si du fait d’une vo­lon­té de re­cul par rap­port au cercle om­ni­sports, vou­lant conser­ver un rôle so­cial et se consa­crant plei­ne­ment au rug­by. Beau­coup de sec­tions de L’ASM, no­tam­ment dans l’élite, ont souf­fert (foot­ball, ten­nis, lutte, boxe…). Après des an­nées en NF1 (se­conde di­vi­sion), les sca­bistes dé­couvrent la LFB lors de la sai­son 2002-2003. Joueuse em­blé­ma­tique du club du­rant les an­nées 2000, Pao­line Sa­la­gnac, au­jourd’hui au Tan­go Bourges Bas­ket, a gra­vi les éche­lons de­puis son ar­ri­vée en mi­nimes chez les “louves ar­vernes”. « Ce sont mes pre­mières an­nées dans le monde pro­fes­sion­nel. On avait une équipe com­po­sée qua­si­ment que de pures au­ver­gnates. » Le club est ré­tro­gra­dé aus­si­tôt après sa mon­tée dans l’élite, mais ne fait pas de vieux os dans l’an­ti­chambre en re­mon­tant aus­si­tôt avec une Pao­line Sa­la­gnac élue meilleure joueuse du cham­pion­nat de NF1. La na­tive de Tulle, qui a fait sa pré­for­ma­tion à Is­soire, ra­conte : « Il y a eu un mo­ment où l’équipe est des­cen­due et il a fal­lu re­cons­truire avec des jeunes qui vou­laient res­ter. J’avais ac­quis de l’ex­pé­rience et j’ai joué un rôle im­por­tant dans les trois an­nées qui ont sui­vi. » Le SCAB connaît sa pre­mière par­ti­ci­pa­tion en Eu­ro­coupe pour la sai­son 2005-2006 mais aus­si le dé­but des pro­blèmes, dans un premier temps spor­tifs, puis fi­nan­ciers. La sai­son 2006-2007 marque une vague de dé­parts im­por­tante dont ce­lui de Sa­la­gnac (en avril 2007). « Quand j’ar­rive à Mon­de­ville et que je me rends compte des dif­fi­cul­tés, j’ai pris ce­la avec tris­tesse car c’est un club qui a toujours comp­té pour moi. » Plus tôt, l’an­née 2006 marque l’ar­ri­vée de Lio­nel Ley­rat à la pré­si­dence du club. Un homme qui a vou­lu por­ter le bas­ket fé­mi­nin mais qui, par ex­cès d’am­bi­tion, est de­ve­nu le fos­soyeur du SCAB en construi­sant les der­nières an­nées du club à cré­dit. La mort du club, noyé sous les dettes, in­ter­vient pen­dant la sai­son 2008-2009. Bien que des pro­blèmes fi­nan­ciers et ad­mi­nis­tra­tifs aient été à l’ori­gine du dé­pôt de bi­lan, il est im­pen­sable de né­gli­ger le rôle du bas­ket mas­cu­lin dans la “mort” du fé­mi­nin sur le bas­sin cler­mon­tois. Dès les an­nées 90, le bas­ket fé­mi­nin a res­sen­ti le re­tour du bas­ket mas­cu­lin comme une agres­sion. C’est aus­si une vo­lon­té po­li­tique

à l’époque. La mai­rie de Clermont choi­sit de ré­ha­bi­li­ter sa Mai­son des Sports à tra­vers le bas­ket mas­cu­lin, et donc, par l’in­ter­mé­diaire du Stade Cler­mon­tois. Un homme a connu l’as­cen­sion ful­gu­rante de ce club. Il s’agit de Da­vid Me­lo­dy. Alors âgé de 19 ans en 96-97, il par­ti­cipe dans un premier temps à la mon­tée en N1 puis part deux ans à Vi­chy dans une équipe coa­chée par Jean-mi­chel Sé­né­gal. Sou­cieux de fi­nir ses études et re­trou­ver sa bande de potes, il re­vient à Clermont alors en N2 par choix et pour re­trou­ver son coach de ca­dets, Da­niel Per­rin, qui re­pre­nait l’équipe. « On fait deux an­nées où on rate d’abord la mon­tée. La deuxième, on monte tan­dis que Sté­phane Lau­vergne avait re­joint nos rangs. » Claude Va­zeille de­mande à Sté­phane Lau­vergne de lui trou­ver un en­traî­neur. Ce der­nier lui conseille Jean-ai­mé Tou­pane qui ve­nait de fi­nir son aven­ture avec les Spa­cer’s de Tou­louse. Tou­pane vient à l’es­sai. Paul Bes­son su­per­vise l’en­traî­ne­ment et va­lide ce choix. Ce der­nier construit son équipe. Ils ter­minent cham­pions de France de N1 en 2001-2002, montent en Pro B, se main­tiennent et de­viennent cham­pions de France la deuxième an­née pour l’ac­ces­sion en Pro A, à l’is­sue de la sai­son 2003-2004. Da­vid Me­lo­dy se re­mé­more les an­nées Tou­pane : « C’est là où l’on s’est rap­pro­ché du bas­ket pro­fes­sion­nel avec des en­traî­ne­ments tous les jours et une quan­ti­té de tra­vail qui a per­mis , pour ceux qui ont adhé­ré, de pro­gres­ser très vite. » Le club monte ra­pi­de­ment, peut être trop et les struc­tures fi­nan­cières ont du mal à suivre. L’an­cien ar­rière du Stade Cler­mon­tois l’ex­plique : « On a payé les joueurs moins cher au dé­part mais ils ont confir­mé au haut ni­veau et Clermont a eu du mal à s’ali­gner. La gé­né­ra­tion qui avait fait toutes les mon­tées, elle, s’est dis­per­sée. » Jean-ai­mé Tou­pane et Sté­phane Lau­vergne li­cen­ciés en 2008 suite à la re­des­cente du club en Pro B, Ré­gis Ra­cine prend la suite. Le club joue sur la corde raide chaque an­née avec un bud­get trop ser­ré. L’ac­cu­mu­la­tion des pro­blèmes fi­nan­ciers et re­la­tion­nels a contri­bué à la des­cente du club (en NM1 en 2011 puis NM2 en 2012). Da­vid Me­lo­dy a vé­cu les der­nières belles an­nées en Pro A avant de par­tir pour SaintE­tienne (Pro B) en 2007. La sai­son 2007-2008 reste pour lui une anec­dote par­ti­cu­lière alors

La JAVCM est dé­sor­mais le club sur le­quel re­posent tous les es­poirs du bas­ket au­ver­gnat.

Jim­mal Ball Sté­phane Lau­vergne Jof­frey Lau­vergne Le Stade Cler­mon­tois en Pro A

Pao­line Sa­la­gnac

Dou­nia Is­sa Les “De­moi­selles du CUC” lors de la fi­nale de la Coupe d’eu­rope en 1976 face au Dau­ga­va Ri­ga.

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