« IL EST IM­POR­TANT DE SEN­SI­BI­LI­SER LE RUG­BY AUX COMMOTIONS CÉRÉBRALES. »

Sports Auvergne - - Interview -

clubs. Pour qu’un joueur soit plus per­for­mant sous le maillot tri­co­lore, il doit moins jouer en club et avoir plus de temps pour s’en­traî­ner avec l’équipe na­tio­nale. Les in­ter­na­tio­naux jouent qua­si­ment onze mois sur l’an­née, c’est trop pour l’or­ga­nisme ! Il faut aus­si que les in­ter­na­tio­naux soient mé­na­gés.

Peux-tu nous ex­pli­quer en quoi consiste l’as­so­cia­tion “Rug­by Sa­fe­ty Net­work” ?

Ma femme et moi avions dé­jà com­men­cé il y a un an à sen­si­bi­li­ser le monde du rug­by aux commotions cérébrales. Un seul im­pact peut être mor­tel et per­sonne ne doit mou­rir sur un ter­rain de rug­by. Il y a un vrai manque d’édu­ca­tion au­tour de ce su­jet. On voit tou­jours ce pro­blème à l’heure ac­tuelle en Top 14 puis­qu’il y a des joueurs qui sont vic­times ou sus­pec­tés d’être at­teints d’une com­mo­tion et qui rentrent de nou­veau en jeu après leur choc alors que le rè­gle­ment du World Rug­by in­ter­dit leur re­tour sur le ter­rain. Et ce phé­no­mène touche tous les ni­veaux de cham­pion­nat, pro­fes­sion­nel ou ama­teur. Je ne veux pas chan­ger le jeu, le rug­by reste un sport de com­bat et de con­tact, mais sur le mo­ment, quand quel­qu’un a re­çu un coup sur la tête, il faut qu’il soit im­mé­dia­te­ment mis à l’écart du ter­rain et que dans la se­maine il aille voir un doc­teur. Cette as­so­cia­tion que j’ai créée avec ma femme Jen­ni­fer agit via deux axes, le sou­tien aux joueurs vic­times de commotions cérébrales et leur fa­mille et l’édu­ca­tion à tous les ni­veaux de ce sport afin de trou­ver des moyens plus ef­fi­caces de pro­té­ger les joueurs. Il existe un site In­ter­net : www.rug­by­sa­fe­ty­net­work.org

En 2015, tu as été toi-même vic­time d’une com­mo­tion cé­ré­brale. Tu as eu peur pour ta san­té ?

Oui, j’ai eu trois mois du­rant les­quels j’ai eu des sé­quelles as­sez graves. Il y a eu une pé­riode où je ne pou­vais plus dor­mir, une autre où je ne sup­por­tais plus la lu­mière, le bruit, du coup je me fâ­chais avec ma femme et mes en­fants… Tout ça ne me res­sem­blait pas… Mon com­por­te­ment avait vrai­ment chan­gé. Il faut donc être vi­gi­lant à ce type de symp­tômes.

Com­ment vois-tu ton ave­nir ? Dans le coa­ching ? Tou­jours en France ?

Dé­jà, je suis très ex­ci­té par ce nou­veau chal­lenge en tant qu’en­traî­neur à Oyon­nax. J’aime par­ta­ger mon ex­pé­rience et ai­der les joueurs à avan­cer, à pro­gres­ser dans leur jeu. J’es­père que nous réus­si­rons à être dans les 10 pre­miers du Top 14 et il va y avoir du bou­lot ! Je compte bien res­ter en France en­core quelque temps et ren­con­trer au­tant de suc­cès en tant que coach que j’ai pu en avoir en tant que joueur.

Le Ca­na­dien a tou­jours vou­lu do­mi­ner l’ad­ver­saire.

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