PASSE SOYEUSE

Pen­dant dix ans, Brock James au­ra ryth­mé le quo­ti­dien de Cler­mont où il est lo­gi­que­ment de­ve­nu une icône mal­gré un manque de concré­ti­sa­tion dans cer­tains mo­ments clés.

Sports Auvergne - - Dossier - Texte Va­lé­ry Le­fort Pho­tos Ar­chives La Mon­tagne

Mai 2006. Au Cap (Afrique du Sud), Vern Cot­ter, alors ad­joint aux Cru­sa­ders, nous pré­sente le fu­tur ou­vreur de L’ASM. C’est un jeune qui ré­pond au nom de Ca­me­ron Mcin­tyre que d’au­cuns com­parent dé­jà à un cer­tain Car­ter. Mais deux mois plus tard, c’est la douche froide. Alors que le Néo-zé­lan­dais est blo­qué par sa fé­dé­ra­tion, L’ASM est nue au poste d’ou­vreur au mo­ment d’at­ta­quer sa sai­son. Dans son bu­reau, Cot­ter s’use les yeux sur son or­di et fait chauf­fer son té­lé­phone. « J’ai trou­vé ! », lâche-t-il en­fin, sou­la­gé, dé­but juillet alors que l’en­traî­ne­ment a re­pris et que dé­barque un par­fait in­con­nu. En ce jour de cha­leur écra­sante, en­core étour­di par le dé­ca­lage ho­raire et tout juste ar­ri­vé de Perth (Aus­tra­lie) où il jouait les uti­li­tés, Brock James ne tarde pour­tant pas à cre­ver l’écran de­vant quelques di­zaines de cu­rieux. Sa ges­tuelle, la qua­li­té de sa passe, sa fa­çon de lé­cher le cuir au pied sautent aux yeux. « Je crois qu’il va vite s’im­po­ser », sou­rit alors Cot­ter, pro­phé­tique. Pen­dant dix ans en “jaune et bleu”, le pu­blic au­ver­gnat au­ra ef­fec­ti­ve­ment les yeux de Chi­mène pour ce joueur élé­gant qui avait dé­jà per­cé une pre­mière fois en Nou­vel­leZé­lande (Taranaki) avant de se perdre un temps dans son île-conti­nent. En contre­par­tie, et c’est sans doute pour ce­la qu’il n’a ja­mais per­cé au ni­veau in­ter­na­tio­nal chez les Wal­la­bies, James a sou­vent man­qué de nerfs lors des ren­dez-vous dé­ci­sifs. La pre­mière alerte a lieu en quart de fi­nale de coupe d’eu­rope au Leins­ter en avril 2010. Il y en au­ra d’autres, même s’il a aus­si par­fois en­fi­lé la tu­nique de Zor­ro. Il a no­tam­ment été meilleur réa­li­sa­teur trois sai­sons de suite dès son ar­ri­vée, avant d’être ré­com­pen­sé par le seul Bren­nus du club (2010). Fi­na­le­ment, à 34 ans, James a quit­té son co­con pour La Ro­chelle où il s’est vite im­po­sé. Comme à Cler­mont. Mais il est aus­si pas­sé à cô­té de sa de­mi-fi­nale de Chal­lenge Cup face à Glou­ces­ter. Comme un air de dé­jà-vu...

IL A NO­TAM­MENT ÉTÉ MEILLEUR RÉA­LI­SA­TEUR TROIS SAI­SONS DE SUITE.

Un mo­nu­ment. Dans ce club, il a mar­qué de son em­preinte les dix der­nières an­nées à tra­vers deux axes. D’une part en rai­son de ce qu’il a ap­por­té sur le ter­rain. El­vis a été un grand joueur non seule­ment avec L’ASM mais aus­si avec le XV de France. D’autre part, eu égard à l’es­prit qu’il a su in­suf­fler au sein du groupe. Ver­meu­len a ins­til­lé un peu de ron­deur dans un sys­tème qui a évo­lué vers un pro­fes­sion­na­lisme très strict. Je pense à l’ar­ri­vée de Vern Cot­ter no­tam­ment. El­vis a per­mis que l’am­biance soit bonne dans l’équipe à tra­vers son hu­meur, son état d’es­prit et son écoute. Il a fait par­tie des lea­ders du groupe sur cette dé­cen­nie. Et nous sa­vons au­jourd’hui que les lea­ders sont des élé­ments in­dis­pen­sables dans la per­for­mance d’une équipe sur la du­rée.

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