UN GOÛT D’IN­ACHE­VÉ

Il était an­non­cé comme l’un des plus gros es­poirs du rug­by fran­çais. Mais si “Ra­do” est sur­tout res­té dans l’ombre de Parra du­rant toutes ces an­nées, il a néan­moins joué un rôle ma­jeur dans le groupe.

Sports Auvergne - - Dossier - Texte Va­lé­ry Le­fort Pho­tos Ar­chives La Mon­tagne

Au prin­temps 2008, la ru­meur court dans tous les clubs de France et de Na­varre. Qui au­ra le pri­vi­lège de ré­cu­pé­rer Lu­do­vic Radosavljevic, alors âgé de 18 ans ? Tous les clubs du haut du pa­nier chassent ce dia­mant brut qui, phy­si­que­ment, fait dé­jà un peu pen­ser à By­ron Kel­le­her. Il est vrai que le de­mi de mê­lée ori­gi­naire d’avi­gnon, alors à Aix-en-pro­vence, est an­non­cé comme un fu­tur crack. Dans les ca­té­go­ries jeunes, il fait la loi, do­mine son su­jet, im­pose sa puis­sance. Il choi­sit fi­na­le­ment Cler­mont qui s’est re­fait une image dans le sillage de l’ar­ri­vée de Cot­ter mais – dé­jà – par­ti­san d’une po­li­tique de for­ma­tion poin­tue. À son ar­ri­vée, le jeune homme est bles­sé. Un peu im­ma­ture aus­si. Mais n’est-ce pas le lot com­mun de nombre de ces jeunes qui bas­culent tout de go vers un monde pro qui, avant de leur of­frir, leur de­mande tant ? « Oui, je n’étais pas for­cé­ment pré­pa­ré à af­fron­ter cette exi­gence au dé­but », confiait-il dé­but mai. Mais “Ra­do” a du ca­rac­tère. Il s’ac­croche et ap­prend. Comme avec les Bleus -20 ans avec qui il rem­por­te­ra le Tour­noi des VI Na­tions en 2009. Mais en club, il va se heur­ter à un autre phé­no­mène, plus pré­coce que lui en­core. L’an­née sui­vante, L’ASM re­crute en ef­fet Mor­gan Parra qui de­vient cham­pion de France dès sa pre­mière sai­son. La place est prise, il ne la re­pren­dra ja­mais, si­non pour n’être que « la dou­blure » quand l’exBer­jal­lien est en sé­lec­tion ou bles­sé. Un des­tin pas fa­cile... Mais si le pu­blic ne l’a ja­mais trop su, “Ra­do” te­nait un rôle fort dans le groupe. Sa bonne hu­meur, son sou­rire, sa grande bouche aus­si, ont sou­vent mis de l’huile dans les rouages. Une “conne­rie” à faire, à dire ? Il est là. « Je suis comme ça, je ne me suis ja­mais for­cé ». Ses co­équi­piers l’adoubent comme un Em­pe­reur dans ce rô­le­là. Reste mal­gré tout un sen­ti­ment d’in­ache­vé. Comme un ren­dez-vous si­non man­qué, du moins en poin­tillé alors qu’il a sou­vent aga­cé une par­tie du pu­blic. Pa­ra­doxa­le­ment, il n’a ja­mais été aus­si bon que de­puis qu’il va par­tir. Cer­tains éclosent et donnent toute leur me­sure sur le tard. À Castres, qui sait ?

SA BONNE HU­MEUR, SON SOU­RIRE, ONT SOU­VENT MIS DE L’HUILE DANS LES ROUAGES.

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