LE PLUS CHARISMATIQUE « SU­PER MA­RIO ! »

Fils tur­bu­lent d’une fa­mille ai­sée de la bour­geoi­sie argentine, Ma­rio Ledesma s’est re­mis dans le bon che­min en fai­sant le choix de ve­nir jouer au rug­by en France, à Nar­bonne, puis à Castres et sur­tout à Cler­mont, où il a rayon­né par son au­ra.

Sports Auvergne - - Dossier - Texte Ch­ris­tophe Bu­ron Pho­tos Ar­chives La Mon­tagne

Voi­là un joueur qui en im­po­sait. Phy­si­que­ment, avec ses al­lures de Li­no Ven­tu­ra, Ma­rio Ledesma dé­ga­geait une sorte d’au­to­ri­té na­tu­relle. Le mec sur le­quel on évite de mon­ter sur les pompes. Pour­tant, sur le ter­rain, ce ta­lon­neur tout en ron­deur n’avait rien d’une brute épaisse. Pas le type de joueur à mettre des grands coups de casque ou dé­fon­cer les ad­ver­saires à l’an­cienne. Au contraire, “Su­per Ma­rio” avait un cô­té aty­pique puis­qu’il pos­sé­dait plus le sens de l’es­quive que ce­lui du dé­mé­na­geur qui vous rentre dans le buf­fet. Joueur d’évi­te­ment plus que d’af­fron­te­ment, l’an­cien ta­lon­neur cler­mon­tois a pu ain­si se pré­ser­ver phy­si­que­ment et évi­ter les gros pé­pins. Ce qui lui a per­mis de jouer, et de faire même une Coupe du monde (sa qua­trième) en 2011, à l’âge ca­no­nique de 38 ans. S’il sa­vait écou­ter son corps et se mé­na­ger, en res­tant par­fois loin des zones brû­lantes du com­bat, Ma­rio Ledesma avait cou­tume de se faire ou­blier pour mieux sur­gir là où ne l’at­ten­dait pas for­cé­ment. Com­bien de fois est-il in­ter­ve­nu, sou­vent avec à pro­pos, en bout de ligne, en bord de touche pour mar­quer en coin ? Outre le joueur, l’ar­gen­tin s’est tou­jours im­po­sé comme un re­lais pour ses coachs. L’homme sur le­quel on s’ap­puie pour faire pas­ser les mes­sages, pour ca­na­li­ser un pack et mon­trer la voie à suivre. Ce cha­risme, Ledesma ne l’avait peu­têtre pas na­tu­rel­le­ment. Jeune adulte, il fré­quen­tait plus les bars de nuit à Buenos Aires que les salles de sport ou ter­rains d’en­traî­ne­ment. D’ailleurs, il se dé­cri­vait lui-même comme « un joueur ath­lé­ti­que­ment très moyen, sans réelles qua­li­tés phy­siques. » Du coup, ce ta­lon­neur re­con­ver­ti au­jourd’hui en tech­ni­cien de haut ni­veau, a com­pen­sé par une di­men­sion men­tale su­pé­rieure et un vé­ri­table sens des res­pon­sa­bi­li­tés. Dans le lea­der­ship, il n’a ja­mais été contes­té, ce qui lui a per­mis de du­rer, plus que pour ses qua­li­tés de sprin­teur ou de joueur en­du­rant.

L’AR­GEN­TIN S’EST TOU­JOURS IM­PO­SÉ COMME UN RE­LAIS POUR SES COACHS.

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