DI­DIER OL­LÉ-NI­COLLE « STA­BI­LI­SER AU HAUT-NI­VEAU »

Vous ar­ri­vez à Cler­mont en 2006, le club vient de re­tom­ber en Na­tio­nal après quatre ans en Ligue 2. Quels ont été vos chan­tiers ?

Sports Auvergne - - Clermont Foot -

J’avais d’abord de­man­dé un au­dit com­plet. J’ai vite sen­ti beau­coup de dé­fai­tisme au sein du club. J’ai re­pris con­tact avec le pré­sident et lui ai fait com­prendre que le pro­jet n’al­lait peut-être pas m’in­té­res­ser. Fi­na­le­ment, j’ai vou­lu re­par­tir d’une page blanche, avec un ef­fec­tif nou­veau et très jeune avec des gar­çons qui avaient connu le haut ni­veau mais qui, à un mo­ment don­né, n’avaient pas réus­si. On a re­cru­té 20 joueurs en tra­vaillant sur des bi­nômes : Ham­da­ni et Bock­hor­ni (Nan­cy), Grou­gi et Le­soi­mier (Caen), Coué et Mar­veaux (Lo­rient). On avait beau­coup tra­vaillé là-des­sus pour que les mecs ne viennent pas tous seuls. Une po­li­tique de re­cru­te­ment post-for­ma­tion

donc, mais aus­si de for­ma­tion ?

On a re­bâ­ti une po­li­tique spor­tive glo­bale au ni­veau des jeunes. Pour l’anec­dote, ma pre­mière an­née, j’ai fait 37 réunions avec des édu­ca­teurs pour créer tous en­semble une vraie po­li­tique tech­nique. On a mis en place des clubs ama­teurs par­te­naires dans un rayon de 50 km. Je m’étais ren­du compte que l’on n’avait pas une bonne image dans la ré­gion. On vou­lait être le grand frère. On n’était pas là pour piller les clubs ama­teurs mais pour tra­vailler, dé­lo­ca­li­ser nos séances chez eux, les in­vi­ter au stade. Au bout de trois ans, on est pas­sés de zé­ro à 40 clubs par­te­naires.

Vous avez donc éga­le­ment tra­vaillé sur la for­ma­tion des édu­ca­teurs ?

Le jeu de l’équipe pre­mière était la lo­co­mo­tive. Ce­la a per­mis à tout le monde d’ins­tal­ler un tra­vail com­mun au ni­veau des séances avec des échauf­fe­ments-types, une ani­ma­tion-type sur le plan dé­fen­sif et of­fen­sif afin que dès 14 ans jus­qu’aux pros, on suive les mêmes sché­mas de jeu et d’état d’es­prit.

L’iden­ti­té du Cler­mont Foot ré­side en­core au­jourd’hui dans cette ca­pa­ci­té à faire éclore des ta­lents. On voit donc que votre tra­vail porte ses fruits…

À l’époque, j’ai vrai­ment été sui­vi par les édu­ca­teurs. Éric Ge­lard et Em­ma­nuel Gas, que j’avais nom­més ad­joints, sont tou­jours au club et ont su tra­vailler dans cette conti­nui­té. Je vois que mes suc­ces­seurs sont dans cet es­prit de for­ma­tion des jeunes joueurs. Moi, j’ai eu la chance de mon­ter en L2 avec des gar­çons qui sont al­lés jouer en L1 en­suite (Grou­gi, Le­soi­mier, Mar­veaux, Ham­da­ni, Ya­ta­ba­ré, Be­na­tia, N.D.L.R.). Je pense qu’un vrai bon che­min a été pris par le club.

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