MO­TO RA­CER

Fils de Jean-luc Nigon et frère de Er­wan Nigon, Jo­han n’a qu’une seule en­vie : se faire un pré­nom dans le monde de la mo­to. Avec sa belle vic­toire au Bol d’or, il est sur la bonne piste pour y par­ve­nir.

Sports Auvergne - - Dans La Ligne De Mire - Texte Sté­pha­nie Mer­zet / Pho­tos Ben­ja­min Che­rasse

Tes deux belles per­for­mances au Bol d’or en 2014 et 2016 ont dé­jà dû te faire re­mar­quer dans le mi­lieu de la mo­to ?

Oui, mais pour se faire vrai­ment re­pé­rer dans ce mi­lieu-là, il faut tout le temps être de­vant. Il n’est pas simple en en­du­rance de trou­ver un team qui peut vous faire confiance et mon ob­jec­tif est jus­te­ment d’in­té­grer un team pro­fes­sion­nel. Mais je ne lâ­che­rai rien pour y par­ve­nir !

Jus­qu’à pré­sent, tu évo­luais avec le team mou­li­nois, Vil­taïs, qui est com­po­sé de jeunes en ré­in­ser­tion…

Oui. En 2014, Yan­nick Lu­cot, le team ma­na­ger de Vil­taïs, m’a pro­po­sé d’être pi­lote pour le Bol d’or. Je me suis alors pré­pa­ré de fa­çon très ri­gou­reuse pour cette échéance, d’au­tant que par faute de bud­get, j’avais ar­rê­té la mo­to pen­dant deux an­nées. Je n’ai pas re­chi­gné à la tâche en m’as­trei­gnant à plu­sieurs séances par se­maine de VTT, de course, de mo­to­cross, de ski de fond… Tout était bon pour tra­vailler l’en­du­rance ! Ça a payé, car cette par­ti­ci­pa­tion au Bol d’or était ma pre­mière et j’ai fi­ni à la se­conde place dans ma ca­té­go­rie. En 2016, ma pré­pa­ra­tion a été tout aus­si pous­sée et j’ai même cher­ché à en­core amé­lio­rer mes temps sur un par­cours si­mi­laire en VTT, par exemple.

Tu peux aus­si comp­ter sur le sou­tien d’un grand cham­pion de chez nous, Ch­ris­tian Sar­ron…

Tout à fait. Je lui dois beau­coup. Ce qui m’aide le plus, c’est son men­tal ! Il ne lâche rien, il va jus­qu’au bout, c’est un très bon exemple à suivre. Il me donne de la force. Mais, ce qui est im­por­tant de sou­li­gner, c’est que nous sommes peut-être seul sur la mo­to, mais s’il n’y avait pas tout le team au­tour, le ré­sul­tat ne se­rait pas là. Tout le monde a un rôle es­sen­tiel dans une vic­toire, du mé­ca­no au cui­si­nier. Mon en­tou­rage fa­mi­lial est aus­si in­dis­pen­sable à ma réus­site et je ne se­rais rien sans Ro­mane, ma co­pine. C’est d’ailleurs la fille de Ch­ris­tian. Je par­ti­cipe éga­le­ment au cham­pion­nat de France Por­mo­sport 1000. C’est de la vi­tesse. Je n’ai donc pas de team comme en en­du­rance. Ro­mane as­sure quand je pars sur une étape de ce cham­pion­nat. Elle gère la lo­gis­tique, me chro­no­mètre… 25 mi­nutes avant une course, j’ai vrai­ment be­soin d’être dans ma bulle, d’être concen­tré, de ne plus me pré­oc­cu­per de rien. Tout ce­la est pos­sible grâce à elle. Je lui en suis vrai­ment re­con­nais­sant. Et puis, évi­dem­ment, le sou­tien de mes spon­sors est es­sen­tiel. Sans eux, je ne pour­rais rien faire car, comme dans tous les sports mé­ca­niques, les fi­nances sont le nerf de la guerre… Et puis je re­mer­cie en­core mon pa­pa qui m’a mis le pied à l’étrier dans le monde de la mo­to.

Pré­fères-tu l’en­du­rance ou la vi­tesse ?

Je di­rai l’en­du­rance, car comme je l’ai si­gni­fié pré­cé­dem­ment, il s’agit d’un vé­ri­table tra­vail d’équipe. C’est plus fa­mi­lial. Et puis, on va vrai­ment au-des­sus de nos li­mites. Il y a des mo­ments très ten­dus sur une course d’en­du­rance. Au dé­but, on est en pleine forme et vers 5 heures du ma­tin, la fa­tigue com­mence vrai­ment à se faire sen­tir, la piste est hu­mide, il faut être très vi­gi­lant, car quand on double no­tam­ment, ce­la peut être très dan­ge­reux. Tous les pi­lotes ac­cusent le coup à ce mo­ment-là.

Est-ce que la course de vi­tesse et l’en­du­rance sont com­plé­men­taires ?

Oui. Quand je par­ti­cipe à une course d’en­du­rance comme le Bol d’or ou les 24 Heures du Mans, je suis confron­té à des pi­lotes in­ter­na­tio­naux. Ils vont vite et je veux être à leur hau­teur ! Ils m’obligent donc à rou­ler et du coup, je gagne en vi­tesse.

Tu es donc ins­crit au cham­pion­nat de France Pro­mo­sport 1000 cm3. À l’heure où nous im­pri­mons le ma­ga­zine (fin mai), tu as dé­jà par­ti­ci­pé à trois étapes…

Oui, et il y en a 8 en tout. Lors de la pre­mière étape à Lé­de­non, j’ai fi­ni vain­queur. Lors de la deuxième étape au cir­cuit Ca­role, j’étais en dif­fi­cul­té. En ef­fet, quelques jours avant, aux 24 Heures du Mans, je me suis cas­sé la cla­vi­cule. Je n’au­rais peut-être pas dû cou­rir ce jour-là, mais ce n’est pas dans mon ca­rac­tère de ne pas me lan­cer sur la piste même si je suis bles­sé. Du coup, j’ai fi­ni 15e et ce­la m’a tout de même per­mis de ga­gner un point au cham­pion­nat. Lors de la 3e étape, à Croix en Ter­nois, j’ai pris la 6e place. Au­jourd’hui (fin mai 2017), je suis à la 4e place. Il reste en­core 5 étapes d’ici la fin août, il y a donc un coup à jouer pour vi­ser le po­dium et pour­quoi pas la pre­mière place. En plus, je suis l’un des plus jeunes qui est aux avant-postes sur ce cham­pion­nat et c’est ma pre­mière an­née de par­ti­ci­pa­tion, alors oui, pour­quoi pas…

MON OB­JEC­TIF EST D’IN­TÉ­GRER UN TEAM PRO­FES­SION­NEL EN EN­DU­RANCE.

QUELQUES IN­FOS

JO­HAN NIGON NÉ LE 05/07/1994 À RIOM TEAM : VIL­TAÏS JUS­QU’EN 2016 (À LA RE­CHERCHE AC­TUEL­LE­MENT D’UN NOU­VEAU TEAM) PAL­MA­RÈS : 2E EN CA­TÉ­GO­RIE SU­PER STOCK ET 8E AU CLAS­SE­MENT GÉ­NÉ­RAL AU BOL D’OR EN 2014 1ER EN CA­TÉ­GO­RIE SU­PER STOCK ET 6E AU CLAS­SE­MENT GÉ­NÉ­RAL AU BOL D’OR 2016

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