ÔTEZ-MOI D’UN DOUTEOOO

UNE QUÊTE DU PÈRE EM­PREINTE DE FAN­TAI­SIE ET DE SEN­SI­BI­LI­TÉ.

Studio Ciné Live - - Critiques -

COM­MENT ÇA, il n’a au­cun gêne com­mun avec son père ? Com­ment ça, cet homme qui l’a éle­vé et qu’il ché­rit n’est pas son gé­ni­teur ? C’est par ha­sard, à l’oc­ca­sion d’un test ADN, qu’Er­wan, dé­mi­neur, ap­prend cette nou­velle pour le moins ex­plo­sive. Se­lon une dé­tec­tive pri­vée, son vrai père n’ha­bi­te­rait pas loin de chez lui. De quoi dé­bous­so­ler le qua­dra et le convaincre d’en­trer en contact avec lui. Ca­rine Tar­dieu ne livre pas une thèse in­di­geste sur la pa­ter­ni­té et l’iden­ti­té, elle en parle avec cette fan­tai­sie et cette poé­sie « mé­lan­co­mique » qui in­fu­saient dé­jà ses pré­cé­dents longs ( La tête de ma­man et Du vent dans mes mol­lets). Mal­gré un sus­pense in­ces­tueux aus­si drôle que gon­flé (la fille du gé­ni­teur en pince pour Er­wan), le ton est lé­ger. Tel­le­ment lé­ger, d’ailleurs, que le film perd un peu en pro­fon­deur, mi­sant sur les si­tua­tions au dé­tri­ment de la ré­flexion. C’est la li­mite d’une co­mé­die néan­moins re­vi­go­rante et do­tée d’un scé­na­rio en forme de ti­roir à sur­prises. La ci­néaste di­rige mer­veilleu­se­ment ses ac­teurs. Elle aime ses per­son­nages qui consti­tuent la sève d’un arbre gé­néa­lo­gique touf­fu dont elle taille avec un soin in­fi­ni cha­cune des branches, y com­pris les plus pe­tites. De la fille en cloque à l’as­sis­tant neu­neu du hé­ros, sans ou­blier la dé­tec­tive pri­vée to­ta­le­ment far­fe­lue. L.D.

De Ca­rine Tar­dieu • Avec Fran­çois Da­miens, Cé­cile de France, Guy Mar­chand… • 1 h 40

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