DES RÊVES SANS ÉTOILES

UN INSTANTANÉ CAPTIVANT SUR DE JEUNES DÉ­TE­NUES IRANIENNES.

Studio Ciné Live - - Critiques -

APRÈS UNE LUTTE DE SEPT ANS, les au­to­ri­tés iraniennes ont fi­na­le­ment au­to­ri­sé Mehr­dad Os­kouei à fil­mer pen­dant vingt jours les jeunes dé­te­nues du centre cor­rec­tion­nel et de ré­ha­bi­li­ta­tion de Té­hé­ran. Le ré­sul­tat est éton­nant, entre pu­deur et émo­tion, sans mi­sé­ra­bi­lisme. Le réa­li­sa­teur a su ga­gner la confiance de ces mi­neures – qui sont sou­vent là à cause de la vio­lence des hommes – afin qu’elles té­moignent, face ca­mé­ra, de leurs vies et de ce qui les a me­nées à leur em­pri­son­ne­ment, de la simple fugue au par­ri­cide. Leurs his­toires sont dif­fé­rentes et pour­tant se res­semblent : des foyers bri­sés par le crime et la drogue, les sé­vices phy­siques et psy­cho­lo­giques, les ma­riages for­cés, la pros­ti- tu­tion, la pau­vre­té… Au­cune ne se vante de ses ac­tions ni ne joue d’un quel­conque sta­tut de vic­time. Elles savent qu’elles ne sont pas non plus des anges. Elles racontent juste un état de fait qui re­flète la condi­tion fé­mi­nine en Iran et l’hos­ti­li­té de la so­cié­té ira­nienne à l’égard des femmes. Leurs té­moi­gnages trans­pirent la rage et la souf­france mais res­pirent aus­si la ré­si­lience et l’es­poir, aus­si in­fime soit-il. Et quand on les re­garde im­pro­vi­ser une fête ou une ba­taille de boules de neige, c’est comme si cette pri­son était de­ve­nue leur seul re­fuge face au monde ex­té­rieur. V.T.

De Mehr­dad Os­kouei • 1h16

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